View full screen - View 1 of Lot 17. Intérieur de la cathédrale Notre-Dame d'Anvers.

Provenant d'une collection particulière française (lots 3, 7, 14, 17, 21, 22, 24, 25, 27, 31, 33, 34, 37)

Peter Neefs le Jeune

Intérieur de la cathédrale Notre-Dame d'Anvers

Auction Closed

June 11, 01:34 PM GMT

Estimate

30,000 - 50,000 EUR

Lot Details

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Description

Peter Neefs le Jeune

Anvers 1620 - 1675

Intérieur de la cathédrale Notre-Dame d'Anvers


Huile sur panneau

Signé en bas à gauche sur un pilastre PEETER.NEEffS. et daté à droite sur un pilastre 1643 ; porte au dos la marque du pannelier anversois François I de Bout (FDB liés)

36,5 x 55 cm ; 14⅜ by 21⅝ in.

Vente anonyme, Artcurial, Paris, 14 décembre 2009, lot 5 (comme Peter Neefs l'Ancien).

Peter Neefs le Jeune (vers 1620 – après 1675) s’est illustré durant le « Siècle d’or » flamand, à la suite de son père Pieter Neefs l’Ancien, comme peintre d’intérieurs d’églises gothiques. Il est réputé pour ses représentations minutieuses richement ornées, parfois inspirés d’édifices réels, comme la cathédrale Notre-Dame d’Anvers, ou totalement imaginaires. Père et fils, dont les productions sont parfois difficilement distinguables, ont contribué à faire de la peinture d’architecture religieuse un genre à part entière dans la peinture flamande du XVIIe siècle.


Peter Neefs le Jeune se distingue par ses représentations d’espaces monumentaux, jouant avec les effets de lumière, que ce soit par son travail des clairs-obscurs ou des reflets de ses vitraux. Il anime ses compositions de nombreuses figures, souvent peintes avec des collaborateurs, donnant à voir la vie quotidienne de ses contemporains au sein de ces édifices. Ces scènes représentent des messes, des prières, des processions, des conversations ou de simples déambulations. Les tableaux de Neefs le Jeune s’inscrivent dans le contexte de la Contre-Réforme catholique, soulignant la grandeur et la spiritualité de l’Eglise à travers la beauté de son architecture et une lumière évoquant celle du divin.


Dans ce tableau signé sur un des piliers et daté de 1643 sur un autre, Peter Neefs le Jeune propose une de ses représentations de l’intérieur de la cathédrale Notre-Dame d’Anvers. Elevée au rang de cathédrale au XVIe siècle, l’ancienne église est également marquée au même moment par un incendie et les mouvements iconoclastes. Elle est progressivement reconstruite depuis 1585, sur un chantier qui s’étend sur cent-cinquante ans. Ces évènements impactent ainsi durablement la conception de l’espace religieux dans les lieux de culte en Flandre.


Au XVIIe siècle, plus de quarante autels s’élèvent dans l’édifice, construits par et pour les guildes, corporations et confréries du nouveau siège épiscopal. Ils leur permettaient de se distinguer et d’affirmer leur importance. Ces espaces réservés aux membres jouaient alors un rôle religieux mais également politique et économique. Placés à chaque pilier de la nef centrale, ces autels sont constitués d’une table d’autel, surmontée par des triptyques peints, des chandeliers et sculptures, le tout entouré d’un enclos. Les tableaux étaient ouverts lors de grands événements ainsi que pendant trois jours, au moment des fêtes les plus importantes du rite catholique : Noël, Pâques, Ascension et Pentecôte. Dans notre présent exemple, seul l’un d’entre eux est ouvert, le deuxième sur la rangée gauche des piliers de la nef.


L’espace architectural est baigné de lumière, diffusée par les grandes baies des premier et second registres de l’édifice. La ligne de perspective et la porte du jubé – aujourd’hui disparu – laissent apparaître le chœur et son autel, lieu le plus sacré de la cathédrale. La partie publique, constituée de la nef et de ses collatéraux, est peuplée de figures de fidèles qui circulent, ainsi que de deux chiens, peut-être des allégories de la fidélité due par les croyants à l’Eglise, dans le contexte de la Contre-Réforme. Issus de toutes les couches de la société, certains prient, d’autres discutent entre laïcs ou avec des membres du clergé, donnent l’aumône à des mendiants – illustrant le principe chrétien de la charité – ou déambulent simplement entre les autels et les piliers. Si Neefs le Jeune faisait souvent appel à des collaborateurs pour représenter ses personnages – tels David Teniers le Jeune ou encore Sébastien Vrancx –, il est difficile, ici, d’attribuer avec certitude leur exécution à l’un ou l’autre de ces artistes.