
Rampe d'escalier, pièce unique, commande spéciale
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May 20, 06:11 PM GMT
估价
250,000 - 350,000 EUR
拍品信息
描述
Diego Giacometti
Rampe d'escalier, pièce unique, commande spéciale
1981
Bronze patiné et acier patiné
Composée de 41 barreaux, dont 6 formant balustrade
Longueur totale approximative : 629 cm ; 247 ⅝ in.
Hauteur des barreaux coupe droite (6) : 106,5 cm ; 41 ⅞ in.
Hauteur des barreaux coupe biais (35): 111 cm ; 43 ¾ in.
Profondeur approximative : 12 cm ; 4 ¾ in.
Commandé directement auprès de l'artiste par l'actuel propriétaire en 1981
Collection privée, Paris
Pour des modèles comparables :
Daniel Marchesseau, Diego Giacometti, Paris, 1986, p. 76-78 et 114-115
Daniel Marchesseau, Diego Giacometti, Paris, 2005, p. 76-79 et 114-115
Daniel Marchesseau, Diego Giacometti, sculpteur de meubles, Paris, 2018, p. 210-213
Avec Diego Giacometti l'escalier dépasse largement sa fonction de simple dispositif de circulation. En effet, c'est lui qui structure l'espace et inscrit son mouvement dans l’architecture. De plus quand il est créé par un artiste, il s'impose alors comme une œuvre à part entière. Rampe, main courante, barreaux : chaque ligne peut alors dessiner un rythme, incarner un geste, suggérer un récit. L'artiste a exploré cette dimension lors de plusieurs commandes, donnant ainsi à l’escalier une charge poétique et sculpturale. Dès les années 1960, il conçoit des rampes dépouillées et chargées d’une sensibilité profonde. Avec lui, le mobilier — et la rampe en particulier deviennent un prolongement naturel de la sculpture.
Diego Giacometti réalise pour Marguerite et Aimé Maeght sa première rampe pour leur mas de Saint-Paul-de-Vence. Quelques autres suivront, installées pour des duplex parisiens notamment au Palais-Royal, quai des Célestins, quai de Béthune et quelques maisons en Suisse. Mais c’est celle conçue pour Michel et son épouse Hélène Bokanowski qui marque notre commanditaire. Toutefois il lui faudra attendre plus de cinq ans pour que Diego accepte enfin de réaliser la sienne.
Au fil du temps, l'homme tend vers un dépouillement progressif ou les figures animales disparaissent. Cette rampe conçue en 1981, incarne cette phase ultime de l'expression de son art soit une ligne pure, sobre, surtout animée par la force du geste. Ce minimalisme est une quête de justesse, où chaque irrégularité, chaque variation de matière, porte la trace du façonnage manuel de ce sculpteur qui répétait volontiers "qu'il était d'abord un artisan." Pour lui la rampe est pensée pour la main, elle doit être sensuelle et sa forme dicte d'épouser le corps et d'accompagner le mouvement. Ainsi tout repose sur cet équilibre subtil comme l'expliquait le grand artiste qui lâchait au détour d'une phrase " l'important est d'avoir le sens des proportions". Ni trop haut, trop bas, trop fin ou trop massif. Or c’est véritablement dans cette alchimie fragile que réside notamment la beauté silencieuse de l'œuvre de Diego Giacometti.
Loin de toute ostentation, notre rampe incarne une vision intime de l’art : celle d’un objet du quotidien élevé au rang de sculpture, où l’usage, l’élégance et la poésie trouvent leur point de rencontre.
© ADAGP, Paris, 2025
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