Voir en plein écran - Voir 1 du lot 76. Epi de faîtage en terre vernissée, Pré d’Auge ou Manerbe, début XVIIe siècle.

Epi de faîtage en terre vernissée, Pré d’Auge ou Manerbe, début XVIIe siècle

Les enchères pour ce lot sont terminées

September 23, 01:16 PM GMT

Estimation

6,000 - 8,000 EUR

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Description du lot

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Description

à décor de têtes d’angelots dans des coquilles, masques de faunes, croissants de lune et fleurs 


Haut. 169 cm ; Height 66 1/2 in

Ces épis de faîtage élaborés sont supposés avoir été réalisés au Pré d’Auge ou peut-être à Manerbe, près de Lisieux, dans le département du Calvados, en Normandie. Ils sont un mélange d’inspirations italienne et française, de techniques médiévale et de la Renaissance, agrémentées de touches locales, qui ensemble confèrent une signature particulière à la silhouette des toits normands.


La composition générale s’inspire en partie de la Renaissance italienne, comme on peut le voir dans les panneaux décoratifs allongés de grotteschi gravés par Giovanni Pietro da Birago et Giovanni Antonio da Brescia, puis dans les dessins d’Étienne Delaune. Leur fabrication témoigne d’une évolution des techniques d’émaillage des faïenciers locaux — des fabricants de carreaux — vers une faïence plus raffinée, influencée sans aucun doute par Bernard Palissy, le « grottier et architecte des rustiques figulines du roy et de la royne », ainsi que par ses disciples.

Un épi de faitage similaire, avec des mascarons est conservé au musée du Petit Palais à Paris (ODUT1164).

Les premiers épis de faîtage prennent souvent la forme d’oiseaux ou de figures simples, recouverts d’émaux sommaires. Ils deviennent peu à peu plus ambitieux, constitués de plusieurs éléments conçus pour s’assembler sur une tige métallique, avec un décor de plus en plus complexe. L’exemplaire présenté ici comporte des fleurs, des têtes de chérubins, des coquilles et des masques de faunes, le tout encadré par un fronton architectural à section carrée en partie supérieure et inférieure.


Le Pré d’Auge et Manerbe sont des centres majeurs de production de céramique en Normandie. Avec les carreaux de pavement, la fabrication des épis de faîtage est une spécialité régionale particulièrement importante du XVe siècle à la fin du XVIIe siècle. Ornés et vivement colorés, ces éléments décorent les grandes demeures et manoirs de la région, et sont également prisés aux cours de Henri IV et de Louis XIII. Bien qu’ils soient tombés en désuétude à la fin du XVIIe siècle, leur production se poursuivit au XVIIIe siècle avant de cesser définitivement à la fin de ce dernier.


Plusieurs publications du XIXe siècle ont ravivé l’intérêt des collectionneurs pour ces premiers joyaux architecturaux, entraînant un renouveau de leur production. Au début du XXe siècle, l’ouvrage de référence est publié par Étienne Deville, qui recense de nombreux exemples dans les musées français, les collections privées, ainsi que des exemplaires encore en place à l’époque. Voir : E. Deville, La céramique du pays d’Auge : l’art de terre à Manerbe et au Pré-d’Auge, Paris, 1927, pl. VIII, n° 1, pour un autre épi présentant des projections en croissant similaires à celui-ci. Un épi de faîtage en forme de sirène tenant un peigne et un miroir fait partie des collections du Victoria & Albert Museum, Londres (inv. 655:1-1906). Un épi de ce type a été vendu lors de la vente de la collection de Danny Katz, chez Sotheby’s à Londres, le 27 mai 2020, lot 83.