Voir en plein écran - Voir 1 du lot 57. Herminie revêt l'armure de Clorinde.

Jean-Antoine Julien, dit Julien de Parme

Herminie revêt l'armure de Clorinde

Vente aux enchères clôturée

November 26, 04:58 PM GMT

Estimation

200,000 - 300,000 EUR

Description du lot

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Description

Jean-Antoine Julien, dit Julien de Parme

Cavigliano 1736 - 1799 Paris

Herminie revêt l'armure de Clorinde


Huile sur toile

Signé et daté en bas à droite JULIEN DE PARME / Faciebat 1775.

255 x 196 cm; 100⅜ by 77⅛ in.

Peint pour Louis-Jules Barbon Mancini Mazarini, Duc de Nevers, dit de Nivernais, peut-être pour le Palazzo Concini (1716-1798) ;

Par descendance à Adélaïde-Diane-Hortense Mancini-Mazarini, Duchesse de Cossé-Brissac (1742-1808) (selon le catalogue de Londres, 1979) ;

Vente anonyme, Galeries de l'Universelle (Cité du Retiro), Paris, 13 mars 1893, lot 84 ;

Vente anonyme, Paris, Hôtel Drouot, 21 décembre 1977, lot 79 ;

Galerie Heim, Londres, en 1979 ;

Galerie Alberto di Castro, Rome ;

Où acquis par l'actuel propriétaire, en 2008.

L. Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris et aux environs de Paris, Paris, 1787, II, p. 426-427 ;

P. Rosenberg, 'Il se rendit en Italie', dans Études offertes à André Chastel, Rome-Paris, 1987, p. 575, 576, 579, note 41, fig. 11 ;

M. Fornari, 'Julien de Parme', dans La pittura in Italia. Il Settecento, Milan, 2e éd. 1990, p. 753 ;

P. Rosenberg, 'Una corrispondenza di Julien de Parme', dans Julien de Parme 1736-1799 (Quaderni di Parma per l'Arte, fasc. 3), Parme, 1997, p. 130-134, lettres XXIX et XXX ;

Julien de Parme 1736-1799, cat. exp., Pinacoteca Cantonale Giovanni Züst, Rancate, Milan, 1999, p. 116-117, n° 46 (non exposé) ;

Dessins français : collections du Cabinet des dessins du Musée d'art et d'histoire de Genève, cat. exp., Musée d'art et d'histoire de Genève, 2004, p. 76, fig. 1.

Herminie revêtant l'armure de Clorinde est un spectaculaire tableau commandé par Louis-Jules Mancini Mazarin, duc de Nevers, dit de Nivernais (1716-1798) à Jean-Antoine Julien, dit Julien de Parme. Le tableau trônait très probablement dans la « salle de billard » de son Palais Concini (aujourd’hui Caserne de la Garde républicaine au 10 rue de Tournon), aux côtés de trois tableaux de ruines d'Hubert Robert. Il y faisait face à un autre tableau de l’artiste Achille à qui on enlève Briséis. Signé et daté 1775, il s’agit d’un des chefs-d’œuvre de l’artiste.

Julien de Parme est élevé par sa mère à Cavigliano près de Locarno, dans le Tessin. Il apprend les bases du métier de peintre à Craveggia auprès de Giuseppe Maria Borgnis. En 1747, il quitte le Tessin pour la France, où il rencontre Carle Van Loo et Michel-Ange Slodtz. Il rentre en Italie et après avoir séjourné à Gênes, Livourne, Pise et Florence, il s'installe en 1760 à Rome où il étudie l'art de l’Antiquité. Il devient par la suite le protégé de Guillaume du Tillot, Premier ministre de la cour de Parme qui lui vaut son surnom et se consacre alors à la peinture d'histoire. Il suit Du Tillot à Paris en 1773 et y devient le protégé du duc de Nivernais pour qui il peint une quinzaine de tableaux.


Julien de Parme était par ailleurs collectionneur de dessins anciens ce qui lui donne l'occasion d’apprendre et d’observer les grands maîtres. Sa collection fait d’ailleurs l’objet d'une vente importante à Paris les 21 et 22 février 1794.


Julien de Parme puise ses sujets surtout dans la mythologie grecque et romaine : avec ce tableau il met en scène le Chant VI de La Jérusalem délivrée du Tasse et réalise une composition toute en élégance. L’on connaît un dessin préparatoire pour ce tableau, conservé au Musée d'art et d'histoire de Genève (voir Dominique Radrizzani (dir.), Dessins français : collections du Cabinet des dessins du Musée d'art et d'histoire de Genève, catalogue d’exposition, Paris, 2004, p. 75-76). Le dessin représente également le moment où Herminie se couvre des armes de Clorinde pour sortir de Jérusalem ainsi déguisée et aller soigner Tancrède blessé. Contrairement à son dessin, Julien de Parme préfère dans son tableau une Herminie plus couverte et une pose plus hiératique pour accentuer le caractère noble de la figure et l’aspect antiquisant de la composition. Ce sujet a été beaucoup peint avec l’épisode d'Herminie chez les bergers notamment au siècle précédent, et l’artiste semble vouloir rivaliser avec ses illustres prédécesseurs.


Directement inspiré des compositions antiques et influencé par l’art de Raphaël qu’il admire, ce magnifique tableau est représentatif de l’ambition que l’artiste avait pour sa peinture, en avance sur son temps et qui ne s’affirmera que plus tard avec des artistes comme David ou Ingres. Le tableau plaît beaucoup, comme le signale l’artiste lui-même dans une lettre de 1775 citée par Pierre Rosenberg dans sa notice sur ce tableau dans le catalogue de l’exposition consacré à l’artiste en 1999 (voir Bibliographie).