View full screen - View 1 of Lot 27. Ensemble de 21 lettres autographes signées, dont une lettre de Clemenceau à Claude Monet. .

Du XVe au XIXe siècle ─ Lots 1 à 49

[Divers] ─ Georges Clemenceau ─ Maurice Denis ─ Benjamin Godard

Ensemble de 21 lettres autographes signées, dont une lettre de Clemenceau à Claude Monet.

Lot Closed

December 18, 01:27 PM GMT

Estimate

1,000 - 1,500 EUR

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Lot Details

Description

[Divers] ─ Georges Clemenceau ─ Maurice Denis ─ Benjamin Godard

Ensemble 21 lettres autographes signées.


CLEMENCEAU, Georges. Deux lettres autographes signées, l'une à Claude Monet.

- [À Claude Monet]. Paris, le 14 juin 1891. 3 pages in-8, en-tête de la Chambre des Députés.

Lettre datant des débuts de leur indéfectible amitié. Clemenceau a tenté, en vain, des démarches en faveur du fils de Monet, qui effectue son service militaire. "Si l’on pouvait convaincre le capitaine ou le colonel d’un abus de pouvoir, ce serait autre chose [...] le ministre lui-même est impuissant dans cette circonstance. Il faut donc que votre fils se fasse porter malade s’il n’est pas en état de continuer son service, ou qu’il patiente encore pendant les quelques semaines qu’il a devant lui".

- À un ami américain. Féaule 19 septembre 1868. 3 pages et demie in-8.

Rédigée en anglais lors d’un bref retour en Vendée pendant les quatre ans que Clemenceau passa en Amérique, entre 1865 et 1869. Il commence par s’accuser lui-même de paresse et de lenteur pour ne pas lui avoir écrit plus tôt : "Pity me for not having the luck of being born in a fast Anglo-Saxon milieu, you will I hope excuse me, and spread the veil of charity over the countless defects of a race of which I am too faithful a representative". Il se décrit comme ne faisant rien et ne pensant à rien : "I go to church as I ever did, I swear (by God) as little as I can, I make love to no girl, and I forgive Seymour and every Democrat in the United States for making asses of themselves" [Horatio Seymour était alors le candidat démocrate à l’élection présidentielle remportée deux mois plus tard par le républicain Ulysses Grant, héros de la Guerre de Sécession]. Il a transmis à Baillière la lettre de son correspondant et les explications qui allaient avec. L’éditeur, qui trouve le public américain "rather fastidious", lui a d’ailleurs déjà sûrement écrit. "I hope you are enjoying yourself in that blessed country of yours. Pray ; dont’make love to all the girls, I know last one should be left by the time I will come back. I am to leave Féaule by the middle of next month. [...] When do you mean to come and pay a visit to this wretched and agonizing France ?". Enfin, il le charge de saluer la famille de son ami Eugen Busch.

C’est lors de ces années américaines que Clemenceau, qui s’était embarqué pour les États-Unis à la fin de ses études de médecine, fit ses débuts de journaliste, devenant correspondant de presse pour le compte du Temps. Les articles qu’il envoya à ce journal entre 1865 et 1870 ont été recensés sous le titre Lettres d’Amérique (éd. Passés Composés, 2021).


 DENIS, Maurice. 6 lettres autographes signées :

- 3 lettres à Jean Guiffrey [conservateur des peintures du musée des Beaux-arts de Boston, en 1911]. 10 mai et [28 septembre] 1911 et sans date. 5 pages in-8 ou in-12, petits cachets de collection.

À propos d’une exposition d’art chrétien que doit organiser la Société de Saint-Jean. Maurice Denis demande si les progrès du catholicisme en Amérique ont eu de l’influence sur la décoration religieuse, l’architecture ou la peinture. Il envoie des tableaux pour le Salon d’Automne.

- 2 lettres à l’écrivain et critique d’art italien Vittoria Pica. 16 avril 1922 et 5 novembre 1922. 2 pages in-12 et 1 page in-4, avec enveloppes.

Où il est question d’une exposition rétrospective à Venise dont l’inauguration aurait lieu le 22 avril, jour du mariage de sa fille "dans ma chapelle de St Germain enfin terminée". Denis souhaiterait y présenter les cartons de ses vitraux ainsi que les planches du Vita Nova de Dante, gravées par son ami Beltrand. En retour, il sollicite l’aide de Pica pour une exposition d’artistes italiens qu’il souhaite organiser au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, désireux de faire connaître notamment Ettore Tito ou Felice Carena au public français.

- Lettre à Armand Dayot. 12 février 1923. 1 page in-12, avec adresse.

À propos de fresques qu’il doit réaliser dans une église de Vincennes [Béatitudes pour l’église Saint-Louis de Vincennes], et d’un rendez-vous où il se rendra "en sortant de la réception de mon ami Goyau sous la Coupole".

 

GODARD, Benjamin. 16 lettres autographes signées à une amie, chanteuse lyrique. Décembre 1878-novembre 1887. 70 pages in-8, quelques feuillets à en-tête dont un nom des Société des Concerts Godard. Une lettre incomplète, deux avec une ligne de musique.

En 1878, Godard obtient le Prix de la Ville de Paris pour sa symphonie dramatique Le Tasse. Il évoque les répétitions enthousiasmantes de cette œuvre par l’orchestre Colonne. Au-delà des compliments galants et d’échanges de portraits ─ Godard comptant se rendre chez Carjat et avouant à plusieurs reprise le plaisir qu’il prend à regarder ceux de son amie et qui sont admirés de tous ("vous êtes si ravissante") ─ il est principalement question de musique évidemment : tournées de sa correspondante à Venise, à Saint-Pétersbourg, en Espagne avant qu’elle ne reparte en Amérique, et des succès qu’elle remporte. Il lui envoie un volume de mélodies, espérant qu’elle pourra y prêter son talent, désireux de lui dédicacer sa prochaine composition qui serait d’un genre à son choix : "je voudrais bien faire quelque chose qui vous plaise". Le 15 mai 1884, il indique que Gounod sera à Paris jusqu’au 5 juin et Ambroise Thomas, jusqu’à la fin de juillet. Il donne des nouvelles musicales de la capitale, des concerts donnés par Rubinstein, un génie qui provoque des enthousiasmes indescriptibles ; "Liszt est aussi ici ; on lui a fait beaucoup d’honneurs mais il est si vieux et si peu intéressant maintenant que tous les vrais artistes regrettent qu’il soit venu à Paris" (3 mai 1886). Il déplore d'être souvent "en cage" à Paris : "au lieu de faire de l’art, je suis forcé de faire du métier". En septembre 1886, Godard est à Bruxelles, espérant y faire jouer son opéra Les Guelfes et quelques mois plus tard à Genève pour un festival de ses œuvres. Durant l’été 1888, il termine son opéra Jocelyn dont le rôle féminin irait parfaitement à son amie, espérant son retour en Europe. Souhait qui se réalise, puisque la dernière lettre, datée du 3 novembre 1887, évoque la présence de la chanteuse à Paris et une proposition de rendez-vous, alors que Godard vient d’être nommé professeur au Conservatoire.