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XXe siècle ─ Lots 72 à 108

Céline, Louis-Ferdinand Destouches

9 lettres autographes signées à divers correspondants, [1935]-1951.

Lot Closed

December 18, 02:20 PM GMT

Estimate

5,500 - 7,000 EUR

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Lot Details

Description

Céline, Louis-Ferdinand Destouches dit

9 lettres autographes signées à divers correspondants.

[1935]-1951.

 

Ensemble 23 pages in-folio ou in-4 (de 340 x 210 à 217 x 210 mm).


Dont une importante lettre relatant un rêve.


Où il est question de la danseuse Karen Jensen, des années passées au Danemark, d'articles consacrés à Céline, celui-ci se livrant à de violentes invectives antisémites.

 

  • À un cher ami [1935 ?]. 1 page à son adresse imprimée rue Lepic. "Mlle Karen Marie Jensen vous exposera son cas. Je vous recommande tout particulièrement cette jeune fille. Varna me semble bien dans son tort. Mais la justice n’est rien sans le talent du défenseur".


  • [À Léon Daudet ?]. Le 28 [février 1938 ?] . 2 pages in-4. Il exprime toute sa gratitude pour un article paru dans les Nouvelles Littéraires et pour la protection que son correspondant lui manifeste ainsi, espérant que les réactions ne seront pas trop douloureuses. "Enfin tout ça n’est pas aussi grave qu’une guerre, ni même qu’une révolution. Bien que les grandes tragédies soient toujours précédées (d’après les augures) de quelques petits drames". Le 19 février 1938, Daudet avait rendu compte dans les Nouvelles Littéraires de Bagatelles pour un massacre.


  • À un très cher maître [Lucien Descaves]. Le 20 [1938]. 2 pages in-4. Il recommande Les Amazones de la Chouannerie, roman historique de son ami et compatriote breton Théophile Briant [en lice pour le prix Goncourt 1938].


  • À un cher maître et ami. [Mars 1941 ?]. 1 page in-4. Il le remercie pour le traitement magnifique qui lui a été fait dans un article de L’Œuvre. "Je peux mourir à présent. Je suis tranquille. La postérité me verra sous mon vrai jour entre Totor et Simenon. Sans compter que c’est exactement vrai".


  • 4 lettres [à Pierre Costantini, directeur du journal collaborationniste L’Appel]. ─ Le 28. 3 [1942]. 5 pages in-4. Longue lettre violemment antisémite dans laquelle Céline se dit dégoûté d’une France entièrement juive et revendique le titre d'aryen d’honneur. "L’on me signifie assez bien, en tous lieux que le national-socialisme n’est pas ‘d’exportation’, que les Lois de Nuremberg pour races nordiques n’ont aucune raison d’être en France ? La France demeure donc juive. [...] Je refuse d’être le pitre d’une nouvelle aventure. J’ai suffisamment amusé le tapis. J’ai tout dit je pense. Action ? Quelle action ? Le maréchal Pétain, notre chef, est-il raciste aryen ? Tout est là. Je me fous des employés, je ne parle qu’au patron". Lettre publiée dans L'Appel, le 9 avril. Le 28 [mars 1942]. 1 page in-4. "Si vous ne publiez pas ma lettre je vous serais très obligé de me la renvoyer. Je la passerai ailleurs. J’y tiens beaucoup". Le 17.4.42. 4 pages in-4. Après la publication de sa lettre du 28 mars dans L’Appel. Il se défend d’être un collaborateur de ce journal, justement parce que se refusant à toute collaboration par "simple souci d’indépendance, irrévocable, hargneuse, absolue". Et il revient sur le commentaire qu’il a fait d’un article louangeur de Maurice Donnay paru dans Aujourd’hui, sur Charles Cros. "Nous sommes devenus figurez-vous aussi ficelles que les juifs (ni Aujourd’hui ni Maurice Donnay ne sont juifs bien entendu). Je voudrais cependant, pendant que nous y sommes, savoir si Aujourd’hui et Maurice Donnay prennent part formellement pour les Lois de Nuremberg"... ─ Voir aussi infra pour des copies d'autres lettres au même.


  • [Récit de rêve, à un correspondant d'exil]. Copenhague, 2 novembre 1947. 5 pages in-folio. Importante lettre, probablement inédite : plus qu'une lettre, c'est un récit de rêve dont le thème fait penser à une écriture primitive d'une scène de Féerie. Il raconte son rêve de la veille : "J’avais tué, assassiné, à la mitraillette en série, Aragon, Mauriac, Cassou, Triolet, Morgan, Mauriac, Duhamel, Colette, et au moins une douzaine d’autres. [...] ils ne m’excommuniaient plus, ils ne signaient plus de liste noires". Mais la suite du rêve s’est transformé en cauchemar lorsqu’il se retrouve en cellule, insulté par des gardiens en danois, qu’il comprend qu’il n’a tué personne et qu’Aragon, Mauriac, Triolet, Cassou, Duhamel sont vivants et libres, qu’ils l’envoient au poteau et qu'ils étranglent sa famille, Lucette, Bébert...


  • Au directeur de France-dimanche. 18 mai 1951. 2 pages in-folio. Peu de temps avant son retour en France, Céline veut corriger ce qui a été écrit dans le journal et qui laisse penser à tort qu’il a "coupé" à une année de prison. "J’ai fait ici au Danemark 18 mois de cellule [...] 18 mois de réclusion et pour le reste du temps (trois ans et demi) prisonnier sur parole. Je ne demeure as non plus dans la ville de Korsov ! Mais à 15 kilomètres (à pied) de Korsov dans une vieille chaumière au bord de la Baltique". Et il précise après avoir signé qu’il est mutilé de guerre à 75 %, engagé volontaire des 2 guerres, et a été médaillé militaire en octobre 1914.

 

[On joint :]

  • Copie de 2 lettres de Céline à Pierre Costantini (voir supra), de la main de Lucette Destouches, au recto et verso d’un même feuillet. Le 27 et 28 mai [1942] : attaques antisémites notamment contre Charles Trenet "le juif Netter Trenet [...] le pitre de ralliement de toute la Gaulerie-judéo-swing". Mais cette lettre à propos de Trenet ne doit pas être publiée. "Bien entendu ce jocrisse possède mille papiers d’alibi. Nous serions ridicules et bafoués tous les deux".


  • Lettre dactylographiée d’une lettre à Albert Paraz. 21 décembre 1952. Céline félicite son ami pour un article admirable. "Notre pain quotidien mon cher JJ, c’est la haine, quasi unanime, un régime ou un autre n’y changera rien".


  • 3 photographies : ─ Céline en compagnie de Jean Ajalbert et Elizabeth Craig [février ou mars 1933], format carte postale. ─ Céline, Arletty et le chat Bébert (retirage d’une photographie prise en 1947, à Copenhague, avec reproduction de la signature de Céline). ─ Albert Paraz (retirage).