
XIXe siècle ─ lots 47 à 144
2 ouvrages avec envois à Flaubert. "Devoirs du suffrage universel", 1863, d'Eugène Delattre et "Des changements de coloration sous l’influence des nerfs", 1876, de Georges Pouchet.
No reserve
Lot Closed
October 28, 02:14 PM GMT
Estimate
700 - 1,000 EUR
Lot Details
Description
[Flaubert, Gustave]
2 ouvrages de sa bibliothèque, avec envois des auteurs, dont un corrigé par lui.
Deux proches de Flaubert lui adressent leur ouvrage.
DELATTRE, Eugène. Devoirs du suffrage universel, suivi du texte de la loi électorale. Paris, Pagnerre, 1863.
In-12 (185 x 115 mm). Bradel demi-percaline bleu foncé, pièce de titre de maroquin brun, couverture et dos (Reliure postérieure).
Édition originale, publiée l'année où parut Salammbô.
Envoi autographe signé, sur le faux titre :
"A Gustave Flaubert,
le plus dévoué des Salambistes
hommage de ton
ami
E. Delattre".
Delattre a également noté dans la marge supérieure de la couverture le nom de Flaubert et son adresse à Croisset ("M. Gustave Flaubert à Croisset près Rouen (Seine-infr).”
À son tour, Flaubert a ajouté quelques mots pour modifier l’envoi de son ami : "le plus dévoué des Salambistes hommage de ton ami" devient : "le plus dévoué des Salambistes, des Bovarystes, des Montarcyste [?] et son ami." (écriture peu lisible).
Ces néologismes amusants sont ceux qu'emploie Delattre dans la lettre admirative qu'il adresse à son ami après avoir lu Salammbô, signée "E. Delattre, Montarcyste et Bovaryste ou Salammbyste" (édition en ligne).
Avocat et futur député radical, Eugène Delattre (1830-1898) signe ici un manifeste politique en faveur du droit de réunion, qui seul peut donner du sens au suffrage universel. Cet appel républicain fut publié quelques semaines après la sortie de Salammbô qui avait enthousiasmé Delattre. In fine, catalogues de l'éditeur Pagnerre et de Lacroix-Verboeckhoven de mars 1863 annonçant notamment la prochaine parution, à Paris et à Bruxelles, des Misérables "œuvre capitale de Victor Hugo".
Auteur d’ouvrages juridiques ou techniques, Delattre entretint une relation des plus amicales avec Flaubert, lui rendant parfois visite à Croisset. Il avait publié dans L’Audience, journal dont il était fondateur, la pièce de leur ami commun Louis Bouilhet ─ qui avait été son professeur à Rouen ─ Le Cœur à droite, en feuilletons en janvier-février 1859. Dans le même journal, il écrivit des Tribulations des voyageurs et des expéditeurs en chemin de fer, récit humoristique dans lequel un des personnages emporte dans ses bagages un exemplaire de Madame Bovary. En réponse, Flaubert lui avait écrit une longue lettre, quelque peu polissonne, le 1er août 1858, et lui avait demander de lui procurer le Code civil des Carthaginois : "c’est là ce qui me manque ; et puis bien d’autres choses, encore !" (Correspondance, Pléiade, II, p. 825).
POUCHET, Georges. Des changements de coloration sous l’influence des nerfs... Paris, Germer Baillière, 1876.
Grand in-8 (243 x 150 mm). Demi-basane brune, dos lisse, titre estampé (Reliure de l’époque).
Édition originale.
7 planches lithographiées in fine dont une dépliante et 5 rehaussées en couleurs.
Envoi autographe signé, sur le titre :
"à Gustave Flaubert
son vieil ami
G. Pouchet".
Ami de Maupassant et de Flaubert, le naturaliste et anatomiste rouennais Georges Pouchet (1833-1894) fut un ichtyologiste réputé. Dans cette étude, il s’intéresse aux pigments et à la fonction chromatique chez les poissons et les crustacés.
Informateur scientifique de Flaubert, il fut sollicité à plusieurs reprises, que ce soit pour Salammbô par sa connaissance de l’Égypte, Un cœur simple en raison de ses travaux sur les oiseaux et les perroquets en particulier, ou pour diverses questions de physiologie ou de botanique lorsque Flaubert rédigeait Bouvard et Pécuchet. La correspondance de Flaubert est émaillée de compliments sur Pouchet, sur son érudition, sa simplicité et sa compagnie : "La société de G. Pouchet est très saine : tu n’imagines pas quel bon garçon ça fait ! S’il restait ici tout l’hiver, j’y resterais" (lettre à sa nièce Caroline, 21 octobre 1875).
Gustave Flaubert (envoi).
Pierre Bergé (ex-libris ; II, n° 358 et 366).
Autre provenance pour Delattre : Lucien-Graux (ex-libris ; I, 1956, n° 119).