
The matchmaker | L'entremetteuse
Lot Closed
March 22, 02:17 PM GMT
Estimate
30,000 - 50,000 EUR
Lot Details
Description
José María Sert
Barcelona 1874 - 1945
The matchmaker
Oil on panel
243,4 x 178 cm; 95⅞ by 70⅛ in.
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José María Sert
Barcelone 1874 - 1945
L'entremetteuse
Huile sur panneau
243,4 x 178 cm ; 95⅞ by 70⅛ in.
A. del Castillo, José María Sert. Su vida y su obra, Barcelone-Buenos Aires 1949, p. 210, pl. 156;
El conde de Sert, El mundo de José María Sert, Barcelone 1987 (repr.).
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A. del Castillo, José María Sert. Su vida y su obra, Barcelone-Buenos Aires, 1949, p. 210, pl. 156 ;
El conde de Sert, El mundo de José María Sert, Barcelone, 1987 (repr.).
Born in 1874 in Barcelona, José María Sert was sent to La Llotja, Barcelona’s school of fine arts, in the expectation that he would join the family workshop in the textiles sector.
Sert studied under Alexandre Riquer (1856–1920), who introduced him to the modern aesthetic. He became a member of the Cercle Artistic de St Lluc, a group of Catholic and conservative artists, which led to a commission for the decoration of Vic Cathedral, one of his most important masterpieces, unfortunately destroyed by fire in the Spanish Civil War in 1936.
In 1899, Sert settled in Paris and frequented Symbolist circles. At the 1907 Autumn Salon, his sketches for Vic were admired by the public and brought him numerous commissions from wealthy Parisian families – Gabrielle (Coco) Chanel asked him to decorate part of her salon in Rue Cambon. In 1924, he started exhibiting at the Wildenstein Gallery in New York; this brought him fame and new commissions in the USA – Nelson Rockefeller was one of his clients.
Private and public commissions flooded in and Sert was flexible in his approach to the different requirements of the supports and sites with which he had to work. In just one year, 1932, he completed the frescoes in the chapel of the Liria Palace in Madrid, ceilings for the Celedonio Pereda residence in Buenos Aires, and a series of cartoons for tapestries commissioned by the Gobelins manufactory in Paris, only two of which were actually made.
The matchmaker was one of this group, which comprised projects for overdoors or door hangings. The subjects of the series were all drawn from picaresque novels and featured figures regularly found in the artist’s work.
The scene takes place in an interior lined with wallpaper. In front of a heavy hanging, a massive vase full of flowers stands on a piece of furniture. The protagonists’ unambiguous gestures make the scene clear: a smiling old man holds his hand out to the frightened young girl, while the matchmaker holds on to her, attempting to push her towards the man. Two young women watching the scene react in very different ways: one looks at the man with contempt, the other is amused by her companion’s vain resistance.
The figures and the body language are recurrent features in the artist’s work: the woman with her hands on her hips conveys indifference, while the young woman at the centre of the drama is violently pushing the matchmaker away, her face contorted with fear and disgust. Frontally lit, the scene takes place on a small dais, further accentuating the theatrical impression created in this work.
The Matchmaker is a wonderful combination of elements that inspired the painter: he reclaims the dramatic gestures of the Baroque, but seen with a modern eye, and does not abandon the Spanish tradition, especially Goya, evident in the poses and costumes of the figures as well as in the choice of subject, which reflects the artist’s Spanish origins.
Sert was an artist whose work looked back to the great masters of the Renaissance but was anchored in his own modern era. In its colours and in its free and spontaneous brushstroke, The Matchmaker is profoundly modern: without entirely breaking away from the lessons of an earlier art, Sert has reformulated them in his own way. Unlike the avant-gardists of his time, he follows the pictorial tradition of the old masters, deliberately reclaiming their legacy, but with a resolutely modern eye.
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Né en 1974 à Barcelone, José María Sert est envoyé à la Llotja, l’école des Beaux-Arts de Barcelone, dans l’idée de rejoindre ensuite l’atelier familial, dans le secteur textile.
Sert étudie dans d’Alexandre Riquer (1856-1920), qui lui fait découvrir l’esthétique moderne. Il devient membre de l’Artistic de St Lluc, un groupe d’artistes catholiques et conservateurs grâce à qui il rencontre notamment le futur commanditaire de la décoration de la cathédrale de Vic, comptant parmi ses chefs-d’œuvre les plus importants, malheureusement détruite par un incendie durant la guerre civile espagnole en 1936.
En 1899, Sert s’installe à Paris et fréquente les cercles symbolistes ; lors du Salon d’Automne de 1907, ses esquisses pour Vic sont admirées par le public, et lui valent de nombreuses commandes de la part de riches familles parisiennes – il sera notamment chargé par Gabrielle Chanel d’une partie de la décoration de ses salons rue Cambon. Dès 1924, il expose chez Wildenstein à New York, et bénéficie dès lors d’une notoriété outre-Atlantique, et de nouvelles commandes – Nelson Rockefeller fera partie de ses clients.
Les commandes – tant privées que publiques – affluent, et Sert se plie volontiers aux exigences des supports et des lieux dans lesquels il travaille. En 1932, il réalise la même année les fresques de la chapelle du palais Liria à Madrid, des plafonds destinés à la résidence de Celedonio Pereda à Buenos Aires, et une série de cartons pour tapisserie commandée par la manufacture des Gobelins à Paris, dont seulement deux seront finalement réalisées.
L’entremetteuse fait justement partie de cet ensemble proposant des projets de dessus-de-portes ou de tentures de portes. Les sujets de cette série sont tous issus des romans picaresques, et mettent en scène des figures que l’on retrouve régulièrement dans l’œuvre de l’artiste.
La scène se déroule dans un intérieur tapissé de papier peint. Devant une lourde tenture, un meuble porte un lourd vase rempli de fleurs. Les gestes des protagonistes expliquent la scène sans ambiguïté : le vieil homme sourit et tend la main vers la jeune fille, effrayée. L’entremetteuse la retient et tente de la pousser vers l’homme. Spectatrices de cette scène, deux jeunes femmes réagissent très différemment : l’une en jetant un regard méprisant à l’homme, l’autre en s’amusant de la vaine résistance de sa congénère…
Les figures et la gestuelle sont récurrentes dans l’œuvre de l’artiste : l’une avec les mains sur les hanches traduit une attitude désinvolte, tandis que la jeune femme au centre de l’intrigue repousse avec violence l’entremetteuse, le visage défiguré par l’effroi et le dégoût. Eclairée de manière frontale, la scène se déroule sur une petite marche, accentuant encore l’impression de théâtralité qui se dégage de cette œuvre.
L’entremetteuse conjugue à merveille les inspirations du peintre : il reprend à son compte la gestuelle dramatique du Baroque en y apportant un regard moderne, laissant place à la tradition espagnole issue notamment de Goya, dans l’attitude et les costumes des personnages, mais aussi dans le choix du sujet affirmant les origines espagnoles de l’artiste.
Sert compte parmi ces artistes s’appuyant sur les grands maîtres de la Renaissance pour produire une œuvre ancrée dans la modernité de leur temps. Par ses couleurs, par sa touche libre et spontanée, L’entremetteuse est profondément moderne : sans toutefois s’affranchir complètement des leçons de l’art ancien, Sert les reformule à sa manière. A rebours des avant-gardistes de son temps, il poursuit la tradition picturale des grands maîtres anciens, se réclamant volontairement de leur héritage, posant simplement un regard résolument moderne sur les maîtres anciens…
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