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Edmond Delescluze

Double portrait of Edmond Delescluze and Suzanne Fabry | Double portrait d'Edmond Delescluze et Suzanne Fabry

Lot Closed

March 22, 02:55 PM GMT

Estimate

15,000 - 26,000 EUR

Lot Details

Description

Edmond Delescluze

1905 - 1993

Double portrait of Edmond Delescluze and Suzanne Fabry


Oil on canvas

Signed lower left Ed. Delescluze

116 x 150 cm; 45⅝ by 59 in.

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Edmond Delescluze

1905 - 1993

Double portrait d'Edmond Delescluze et Suzanne Fabry


Huile sur toile

Signé en bas à gauche Ed. Delescluze

116 x 150 cm ; 45⅝ by 59 in.

J. Guisset, Une vie à l’Opéra : Suzanne Fabry et Edmond Delescluze, Tournai 2000, on cover and p. 28 (repr.).

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J. Guisset, Une vie à l’Opéra : Suzanne Fabry et Edmond Delescluze, Tournai, 2000, en couverture et p. 28 (repr.).

Edmond Delescluze grandit à l’ombre du théâtre de la Monnaie à Bruxelles, où son père Jean Delescluze (1871-1947) travaille à l’atelier des décors depuis 1905, et qu’il dirige de 1909 à son décès. Après avoir effectué des études à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, où il rencontre Suzanne Fabry vers 1923, Edmond Delescluze rejoindra naturellement son père à la Monnaie en 1934. Il travaille plusieurs années dans l’ombre, en préparant les maquettes, décors et costumes. De 1947 à la fin de la saison 1958-59 il assume la responsabilité de l’atelier des décors du théâtre. C’est en 1948 que Suzanne Fabry, qu’il avait épousée en 1945, prit en charge l’atelier de costumes.

 

Emblématique du couple Suzanne Fabry-Edmond Delescluze, le double portrait situe les créateurs et leur nouvel univers peint vers 1948. Edmond Delescluze, malgré ses quarante ans, se présente comme un jeune homme. Suzanne Fabry vient de rejoindre l’équipe du théâtre. Elle s’appuie à la table sur laquelle est posé le buste de Marie-Antoinette qui se trouvait dans leur atelier. Sur la table également une maquette d’un décor en trois dimensions. On distingue un grand escalier, une pyramide et un rouleau de papier évoquant le travail en cours. Au mur derrière Suzanne Fabry, un plan de scène, comme il en subsiste un certain nombre dans les archives du Théâtre de la Monnaie, élément essentiel pour la compréhension de la mise en scène et de la structure du décor. Deux projets de décor de salons aux murs verts et bleus complètent l’allusion au spectacle. Il s’agit de deux moments de La mort de Danton de Gottfried von Einem, créé en français, à la Monnaie, le 13 décembre 1948. Fidèlement reproduits, à l’exception de la couleur des murs, noirs pour ce spectacle intense et dramatique, les deux décors permettent de comprendre la présence du buste de la reine de France. Discret hommage également vu que La mort de Danton se situe en 1794, quelques mois après la décapitation de Marie-Antoinette au plus fort de la Terreur. La toile, lumineuse par le choix des couleurs et la sûreté du métier – ce gilet aux ombres rouges et vertes – consacre le décor et les préoccupations des deux artistes, ainsi que la rencontre entre l’univers du réel et celui de la fiction historique et théâtrale.