View full screen - View 1 of Lot 10. A painted enamel plaque with Deianira | Plaque en émail peint avec Déjarine.

Property from a European private collection | Provenant d'une collection particulière européenne

Circle of Léonard Limosin, French, second half of the 16th century | Entourage de Léonard Limosin, France, seconde moitié du XVIe siècle

A painted enamel plaque with Deianira | Plaque en émail peint avec Déjarine

Auction Closed

November 15, 06:03 PM GMT

Estimate

10,000 - 15,000 EUR

Lot Details

Description

Circle of Léonard Limosin

French, second half of the 16th century

Deianira


polychrome and gilt painted enamel on copper; in a ebonised wood frame

inscribed DIANIRA


19.5 by 17.1cm.; 7⅝ by 6¾in.

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Entourage de Léonard Limosin

France, seconde moitié du XVIe siècle

Déjanire


émail peint polychrome sur cuivre à rehauts d'or ; dans un cadre en bois noirci

inscrit DIANIRA


19,5 x 17,1 cm ; 7 ⅝ x 6 ¾ in.

Me Prunier, Louviers, 18 May 2018, lot 72;

private European collection

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Vente Me Prunier, Louviers, 18 mai 2018, lot 72 ;

Collection privée européenne.

Profile portraits of the heroes and gods of classical mythology, as well as Roman emperors, became extremely popular in French art of the sixteenth century. This interest was nurtured by the publication of classical works, in particular Suetonius’s Twelve Caesars, and by the dissemination of engraved cycles such as the series of Twelve Caesars by Marcantonio Raimondi (in the early sixteenth century) and another by Hubert Goltzius (in about 1557), which provided European artists with iconographic models.

 

Portraits inspired by antiquity were particularly common in Limoges painted enamels and were used for tableware or single plaques intended for domestic decoration, especially on panelling. The iconographic and stylistic characteristics of the present Deianira suggest a date in the mid-sixteenth century: it is a perfect example of this trend and can be attributed to an artist in the circle of the famous Léonard Limosin. Hercules’s first wife is here shown in profile against a black ground, dressed in a blue chiton and a white undershirt. She wears a laurel wreath and a velvet cap attached under the chin by a brooch with a lion mask which covers her ear. 

 

This lozenge-shaped plaque belongs to a series of portraits of classical couples, made by the same hand though the artist is unknown. These plaques, which are slightly taller than they are wide, each show a profile on a black ground with the base of the bust overlapping the border of double gold bands, in a play on the portrayal’s perspective. The group consists of four plaques, with similar dimensions and stylistic characteristics; two are in the Louvre (Helen and Penthesilea, inv. nos OA 3091 and OA 3090[1]), while a profile of Paris is in the Musée de l’Evêché in Limoges (inv. no. 6). Additionally, a plaque depicting Penthesilea, offered on the market in 20162, may be associated with this group, although its quality is inferior to that of the other profiles mentioned here.

 

The strong formal similarity between our Deianira and the Helen in the Louvre is distinctive: the women both wear an identical velvet cap and have strong noses, heavily defined eyelids and fleshy lips. Their cold and determined expressions are emphasized by the shadows under their eyes. 

 

The exchange of influences between Limoges artists and workshops sometimes makes it difficult to attribute works to a specific hand. However, this group was attributed to the school of Léonard Limosin by Louis Courajod and Emile Molinier as early as the nineteenth century,[3] as well as by Marquet de Vasselot in the early twentieth century.[4] The inspiration for this series can certainly be found in works made by Limosin for Jean de Langeac, bishop of Limoges, which include several lozenge-shaped plaques bearing the bishop’s arms. Of particular note are the Helen and Samson painted in about 1536, in the Musée de l’Evêché in Limoges (inv. nos 11 and 320). The influence of these works on the present Deianira is clearly visible, confirming that the artist was close to the renowned Léonard Limosin, although here the form is simplified and the facial features are treated differently.


[1] From the collection of Jean-Charles Davillier, see L. Courajod, E. Molinier, Donation du baron Charles Davillier. Catalogue des objets exposés au musée du Louvre, Paris, 1885, pp. 202-203, nos 403-404.

[2] Ader sale, Paris, 16 December 2016, lot 146.

[3] L. Courajod and E. Molinier, Donation du baron Charles Davillier. Catalogue des objets exposés au musée du Louvre, Paris, Imprimeries réunies, 1885, pp. 202-203, nos 403 – 404.

[4] Jean-Joseph Marquet de Vasselot, Musée du Louvre. Catalogue sommaire de l'orfèvrerie, de l'émaillerie et des gemmes du Moyen Age au XVIIème siècle, Paris, 1914, p. 97, nos 549-550.


RELATED LITERATURE

S. Baratte, Les Emaux peints de Limoges, Paris, Musée du Louvre, 2000, p. 82;

V. Notin (dir.), La Rencontre des héros, exh. cat. Musée municipal de l’Evêché, 2002, p. 197;

S. Baratte, Léonard Limosin au musée du Louvre, cat. Musée du Louvre, Paris, 2003, p. 98-99, cat. 40-41.


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Les portraits en profil des héros et dieux de la mythologie antique, ainsi que des empereurs romains connaissent une grande vogue dans l’art français du XVIe siècle. Cet intérêt est alimenté par la publication d’ouvrages antiques comme les Douze Césars de Suétone, ainsi que par la diffusion de cycles gravés comme la série des Douze Césars de Marcantonio Raimondi (au début du XVIe siècle) ou celle d’Hubert Goltzius vers 1557, qui offrent aux artistes européens des modèles iconographiques.

 

Ainsi, les portraits inspirés de l’Antiquité sont particulièrement présents dans les émaux peints de Limoges où ils ornent des pièces de forme, ou des plaques indépendantes destinées à l’ornementation intérieure, notamment les décors de lambris. Par ses caractéristiques iconographiques et stylistiques, notre Déjanire probablement datée du milieu du XVIe siècle s’inscrit parfaitement dans cette tendance, et peut être attribuée à un artiste de l’entourage du célèbre Léonard Limosin. La première épouse d’Hercule est ici représentée de profil sur fond noir, habillée d’un chiton bleu et d’une chemise blanche. Elle porte une couronne de laurier et un bonnet de velours attaché sous la gorge, via un médaillon à décor léonin qui lui recouvre l’oreille.

 

Notre plaque losangée appartient à une série de portraits de couples antiques, réalisée par la même main, mais dont l’auteur reste inconnu. Ces plaques dont les proportions légèrement plus hautes que larges, représentent chacune un profil sur fond noir, où le bas du buste déborde de la double bordure de filet dorés, jouant ainsi avec les perspectives de représentation. De ce corpus constitué de quatre plaques, aux dimensions et aux caractéristiques stylistiques similaires, deux plaques sont au Louvre (Hélène et Penthésilée, inv. no. OA 3091 et OA 3090[1]), alors qu’un profil de Pâris est conservé au musée de l’Evêché de Limoges (inv. no. 6). En outre, une plaque avec Penthésilée proposée sur le marché en 2016[2] peut être associée à cet ensemble, bien que sa qualité soit inférieure aux profils précédemment évoqués.

La forte similitude formelle entre notre Déjanire et la Hélène du Louvre est à souligner : le bonnet de velours y est identique, et chaque femme au nez volontaire, aux paupières marquées et aux lèvres charnues, aborde une expression froide et déterminée, accentuée par l’ombrage des paupières inférieures.

 

Le jeu des influences entre les artistes et les ateliers limougeauds rend parfois complexe l’attribution des œuvres à un main. Toutefois, dès le XIXe siècle, cet ensemble est attribué à l’école Léonard Limosin par Louis Courajod et Emile Molinier[3], ainsi que par Marquet de Vasselot au début du XXe siècle[4]. En effet, l’inspiration de cette série est à trouver dans des œuvres réalisées par Limosin pour Jean de Langeac, Evêque de Limoges, dont les plusieurs plaques losangées arborent les armes. Evoquons notamment une Hélène et un Samson peints vers 1536 , conservés au musée de l’Evêché de Limoges (inv. no. 11 et 320). L’influence de ces œuvres sur notre Déjanire est hautement perceptible et confirme la proximité de notre artiste avec le célèbre Léonard Limosin, optant toutefois pour une simplification formelle, ainsi qu’un traitement différent des physionomies.

 

[1] Provenant de la collection de Jean-Charles Davillier, voir L. Courajod, E. Molinier, Donation du baron Charles Davillier. Catalogue des objets exposés au musée du Louvre, Paris, 1885, p. 202-203, n° 403-404.

[2] Vente Ader, Paris, 16 décembre 2016, lot 216.

[3] L. Courajod et E. Molinier, Donation du baron Charles Davillier. Catalogue des objets exposés au musée du Louvre, Paris, Imprimeries réunies, 1885, p. 202-203, n° 403 – 404.

[4] Jean-Joseph Marquet de Vasselot, Musée du Louvre. Catalogue sommaire de l'orfèvrerie, de l'émaillerie et des gemmes du Moyen Age au XVIIème siècle, Paris, 1914, p.97, n° 549-550.