View full screen - View 1 of Lot 118. Thomas l’imposteur.  Paris, NRF, 1923.  Exemplaire de Pierre Mac Orlan. Fine reliure doublée de Georges Leroux.

IV. De la bibliothèque Hubert Heilbronn (lots 101-155)

Cocteau, Jean

Thomas l’imposteur. Paris, NRF, 1923. Exemplaire de Pierre Mac Orlan. Fine reliure doublée de Georges Leroux

Lot Closed

July 4, 01:58 PM GMT

Estimate

4,000 - 6,000 EUR

Lot Details

Description

Cocteau, Jean

Thomas l’imposteur.

Paris, Nouvelle Revue Française, 1923.

 

Petit in-8 (184 x 115 mm). Veau noir, encadrement composé d’une fine baguette noire en relief et entourée, de part et d’autre, de rectangles mosaïqués de veau blanc, dos lisse avec titre en blanc, doublure bord à bord de veau ivoire, gardes de peau velours ivoire, tranches dorées sur témoins, couverture et dos, étui doublé et emboîtage (Leroux, 1993).

 

Exemplaire de Pierre Mac Orlan, dans une fine reliure doublée de Georges Leroux.

 

Enrichi d’une lettre de Cocteau et de manuscrits.

 

Édition originale.

Un des 30 exemplaires d’auteur hors commerce sur vélin pur fil (n° 752), d'un tirage à 780 exemplaires.

 

Envoi autographe signé, à l’encre noire, au faux-titre :

"Mon cher Mac Orlan,

voici un aventurier pur. Qu’il aille vous dire ma grande joie de vous connaître et mon admiration affectueuse.

Jean Cocteau, 1923".

 

L’amitié sincère qui exista entre Cocteau et Mac Orlan n’était pas exempte de taquineries, telles que celles évoquées dans la lettre reliée en tête de l’exemplaire (voir infra). Au moment de la parution de Thomas l’imposteur, Mac Orlan affirma dans un entretien donné aux Nouvelles Littéraires qu’il manquait à Cocteau les années de service militaire et qu’il ne s’adressait pas aux âmes sans mystère. Évoquant rapidement son expérience du front, Cocteau répliqua dans le même journal, le 24 mars 1923 : "Mac Orlan plaçait Rimbaud en tête de ses admirations ; qu’il me nomme donc l’adjudant qui lui a prêté Une saison en enfer ; qu’il me dise aussi si Suzanne et le Pacifique est la lecture favorite des troupiers".

 

[Exemplaire enrichi de :]

COCTEAU, Jean. Lettre autographe signée à Mac Orlan. [Londres] vendredi 13 avril 1923. (Une p. in-4 sur papier pelure, montée en tête, repliée).

Il lui propose de déjeuner ensemble à son retour d’Angleterre. "Après nos taquineries dans les journaux, finirons-nous par mettre la main l’un sur l’autre ? Je suis de l’autre côté de la Manche. Je rentre chez moi dans 8 jours".


COCTEAU, Jean. Manuscrit autographe signé pour Thomas l’imposteur, 1954. (Une p. in-4, avec ratures et corrections).

Brouillon d’une préface pour la première édition allemande de Thomas l’imposteur.

"S’il existe des romans noirs, Thomas l’imposteur serait un roman blanc". Cocteau décrit son personnage comme un jeune homme rêveur et amoureux du danger, exalté par le drame, bien éloigné des terribles épreuves que d’autres écrivains ont salué et des exploits dans les tranchées boueuses dont parle Apollinaire comme d’un feu d’artifice.


DUHAMEL, Georges. Manuscrit autographe signé. (2 p. sur 2 feuillets in-4, repliés). Jules Supervielle et les liqueurs fortes. Article sur l’auteur de L’Homme de la Pampa, écrivain très prometteur mais que Cocteau devance de plusieurs longueurs.

"Thomas, c’est très bien. Toujours de l’esprit, mais ferme, clair, sobre. […] M. Cocteau a, pendant la grande tempête, pris la mer sur un radeau. Chansons, rhum, atrocités. Un beau jour, M. Cocteau s’est jeté tout seul à la nage. Il tire sa coupe. Il va bien. Il abordera bientôt. Malheur à ceux qui ne l’imitent pas. Ils mourront de soif, demain, accrochés à une planche pourrie".

Pierre Mac Orlan (envoi).


Hubert Heilbronn (ex-libris).