
Auction Closed
April 6, 02:57 PM GMT
Estimate
5,000 - 8,000 EUR
Lot Details
Description
A silver decagonal dish attributed to Nicolas Besnier, Paris, probably 1723-1724
_______________________________________________________________
Plat décagonal en argent attribué à Nicolas Besnier, Paris, probablement 1723-1724
les bords moulurés d'oves, le marli gravé d'armoiries timbrées d'une couronne comtale
Long. 30,5 cm ; 1202,6 g ; 12in long; 42 27⁄64oz.
Les armes appartiennent à la famille Thellusson pour Isaac de Thellusson (1690-1755), ministre de la République de Genève dès 1730. Il épouse Sarah Le Boullenger (1700-1770).
Cette famille a connu un succès phénoménal comparable à celui des Rothschild un siècle plus tard, développant notamment ses attaches et son réseau en Angleterre, en France et en Suisse.
Grâce à la parution récente de l’ouvrage de Bertrand du Vignaud, les Thellusson, une dynastie de grands amateurs d’art, In Fine, 2021, les faits et gestes de cette grande famille nous sont maintenant beaucoup mieux connus.
Originaire du village de Saint-Symphorien sur Coise, aux confins du Jarez et du Lyonnais, l’ancêtre à qui la famille doit son renom est Symphorien Thellusson, l'un des premiers marchands de soieries de la ville de Lyon. Il choisit en 1550 de se convertir à la religion dite réformée mais, vingt-deux ans plus tard, doit quitter subrepticement la ville pour échapper aux conséquences du massacre de la Saint-Barthélemy. Il atteint Genève, caché dans un charriot, et il va déployer à nouveau son sens des affaires. Ses descendants sauront suivre son instinct pendant trois siècles, accédant à la bourgeoisie à Genève et à Bâle dès le XVIIe siècle.
Isaac de Thellusson (1690-1755) arrive à Paris au début du XVIIIe siècle comme simple commis des banquiers Guiguer. Très vite, son sens des affaires inné lui permet de prendre en charge cette maison et lui donner son nom, tout en développant de nouvelles entreprises. Cependant, à l’instar de sa famille, il saura aussi profiter de cette fortune exceptionnelle levée principalement dans le négoce et la banque pour assembler une collection d’art enviée. Il commence par suivre les préceptes de ses parents Guiguer qui avaient commandé leurs portraits à Nicolas de Largillière. Thellusson, pour sa part, s’adresse à Hyacinthe Rigaud. Il est alors représentant de la république de Genève auprès du roi de France et se doit de tenir son rang. Il s'associe à François Tronchin, à la fois collectionneur et avocat, frère du fameux docteur Tronchin qui laissera son nom à une table à mécanisme. Tronchin était très lié avec Liotard, qui fera son portrait, ainsi qu’avec Voltaire qu’il présentera à Thellusson. Quelques décennies plus tard, sera intégré dans l’affaire familiale un jeune commis dont l’histoire retiendra le nom, Jacques Necker. D’ailleurs, en 1784, Jacques Necker acquerra auprès de la veuve de Georges-Tobie de Thellusson le château de Coppet, encore dans la descendance du ministre aujourd'hui. Une des filles d’Isaac épousa Jacques Pictet qui, grâce en grande partie à l’héritage de son épouse, fera construire en 1755 le château de Prégny aux portes de Genève.
Isaac fut anobli en 1737 par le roi de Prusse et ses descendants furent reconnus nobles en France en 1782. Paul-Louis recevra même du monarque le titre de marquis de Thellusson suite à l’acquisition du marquisat de Franconville la même année (Franconville est à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Paris).
Néanmoins, à la fin du XVIIIe siècle, les différents membres de la famille s’installent en France et en Angleterre, délaissant la terre de leurs aïeux helvètes. Un autre fils d’Isaac, Peter, s’installe en Angleterre et est à l’origine de la seule branche qui porte encore le nom de Thellusson. Sa grande réussite fut confirmée par le poste de régent de la Banque d’Angleterre. Ayant acquis la terre de Rendlesham dans le Suffolk, il devint Lord Rendlesham et son fils premier baron Rendlesham.
Ce type de plat est un modèle classique pour l'époque. M. Bimbenet-Privat, dans son ouvrage, Orfèvrerie de la Renaissance et des Temps modernes, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, La collection du musée du Louvre, Paris, 2022, vol. II, n°92, cite notre plat pour le comparer à un autre aux armes Bateman-Spencer, conservé au musée du Louvre. Ces plats faisaient souvent partie de services très importants comprenant quantité de plats, assiettes et pièces de forme.
You May Also Like