
From the toilet set given by Madrid City Council to Queen Isabel de Braganza | Provenant du nécessaire de toilette offert par la mairie de Madrid à la reine Isabel de Braganza
Lot Closed
November 17, 01:55 PM GMT
Estimate
30,000 - 50,000 EUR
Lot Details
Description
A royal silver and silver-gilt writing set, unmarked, attributed to Celestino Espinosa for the Real Fábrica de Platería Martínez, Madrid, circa 1816
the rectangular top resting on four spinning top feet, the rim openworked with water leaves and moulded with pearls, the gilt centre with two elongated basins, the centre set with two reclining lions carrying a large openwork cup with acanthus leaves, probably to receive a seal, each of the lions facing a coat of arms set with the Royal arms of Spain
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Ecritoire royal en argent et vermeil, non poinçonné, attribué à Celestino Espinosa pour la Real Fábrica de Platería Martínez , Madrid, vers 1816
le plateau rectangulaire reposant sur quatre pieds toupie, le bord ajouré de feuilles d'eau et mouluré de perles, le centre doré à deux bassins oblongues, le centre serti de deux lions couchés portant une large coupelle ajourée de feuilles d'acanthe, probablement pour recueillir un sceau, chacun des lions faisant face à un blason serti aux armes royales d'Espagne
Long. 23,6 cm ; 1036 g
Length 9 5/16in. ; weight 3635⁄64oz.
Commandé par l'hotel de ville de Madrid pour la Reine Maria Isabel de Braganza;
Puis par descendance Roi Alfonso XIII;
Collection particulière;
Acquis par le propriétaire actuel
Cette bandeja para servidumbre de la escribanía appartient à l'un des ensembles d'orfèvrerie les plus importants de l'histoire de l'Espagne. Elle fait partie du nécessaire de toilette offert par la mairie de Madrid à la reine Isabel de Braganza à l'occasion de son mariage avec le roi Fernando VII le 16 décembre 1816.
Le "juego de tocador" de María Isabel de Braganza est le reflet du goût exquis et de l'opulence des cours royales du XIXe siècle. En tant que reine d'Espagne après son mariage avec Ferdinand VII, María Isabel était connue pour son élégance et son raffinement, et sa coiffeuse témoignait de son mode de vie luxueux. Le "juego de tocador" était plus qu'une simple collection d'accessoires de toilette ; il témoignait du statut de Maria Isabel et reflétait la grandeur de la cour espagnole de l'époque. Il s'agissait à la fois d'un ensemble fonctionnel destiné à répondre à ses besoins personnels en matière de toilette et d'une démonstration de son appréciation de l'artisanat et de l'esthétique les plus raffinés.
Cet ensemble élaboré comprenait généralement une variété d'objets, tous méticuleusement fabriqués avec les matériaux les plus fins et ornés de détails complexes. Plusieurs pièces sont aujourd’hui dans la collection de plata del Palacio Real de Madrid.
Cette pièce est un plateau utilisé dans le service d'écriture. Sa fonction était certainement de contenir le sceau d'or de la reine avec les armoiries de l'Espagne et du Portugal pour cacheter les courriers avec de la cire. Le manque de poinçons et de signatures n’est pas très rare. Les plateaux du service n’ont pas de poinçon ou de marques, néanmoins toutes les autres pièces, portent une marque chronologique de 1815 (marques : écu couronné d'un ours et d'un arbousier, certaines sur le 15 et d'autres sur le 16 et le M).
La qualité et la documentation nous permettent d' attribuer cette pièce à La Plateria Martínez de Madrid. Cet atelier d'orfèvrerie et de joaillerie espagnol réputé, l'équivalent d'Odiot à Paris, a été fondé par le maître orfèvre Manuel Martínez en 1777. À la Plateria Martínez de Madrid, l'art du passé répond aux exigences du présent. L'atelier associe des techniques traditionnelles à des influences contemporaines, créant ainsi des pièces d'argenterie qui ne sont pas seulement d'exquis objets de famille, mais aussi des déclarations d'élégance moderne.
Le maître d'œuvre derrière cette pièce était Celestino Espinosa, alors directeur de la Real Fábrica de Platería Martínez. Celestino Espinosa était un éminent orfèvre espagnol dont le savoir-faire a laissé une marque indélébile sur le monde de l'orfèvrerie. Espinosa était célèbre pour son souci du détail et la qualité exquise de ses créations. Ses pièces allaient des candélabres complexes et des plats de service ornés aux bijoux délicats et aux objets décoratifs. Celestino Espinosa se distinguait non seulement par ses prouesses techniques, mais aussi par sa capacité à insuffler à chaque pièce une touche artistique unique, en s'inspirant souvent de l'héritage culturel et historique de l'Espagne. Tout au long de sa carrière, le travail de Celestino Espinosa a été reconnu et acclamé, tant en Espagne qu'à l'étranger. Ses pièces d'argent ornent les demeures de la noblesse, les collections privées et publiques. Il ne s'agissait pas de simples objets fonctionnels, mais de véritables œuvres d'art, mettant en valeur le mariage de l'artisanat et de la créativité. L'héritage d'Espinosa perdure à travers ses créations exceptionnelles, qui continuent d'être appréciées pour leur beauté et leur importance historique. Sa contribution au monde de l'orfèvrerie témoigne de la pérennité de l'art et du savoir-faire des artisans espagnols, et son œuvre reste une source d'inspiration pour les orfèvres contemporains et les collectionneurs.
Après la défaite de Napoléon I et au retour de Ferdinand VII à Madrid en 1814, la vie de cour se rétablit, adoptant en partie les idées de renouveau que les Français avaient apportés avec eux. La manufacture doit regagner les faveurs royales, ce qui n'est pas très difficile, bien qu'elle ait fabriqué des pièces pour le gouvernement des envahisseurs. La meilleure occasion se présenta à la fin de l'année 1815, pour redorer l’image de la Manufacture. Celestino Espinosa, qui était depuis peu à la tête de l'atelier d'orfèvrerie, fut chargé par la mairie de Madrid de fabriquer les pièces destinées à une fabuleuse toilette. La mairie de Madrid lui confie la réalisation des pièces de la coiffeuse de la future reine Maria Isabel de Braganza, pour une coiffeuse. L'ensemble en argent doré était complété par plusieurs meubles, dont la réalisation était dirigée par l'ébéniste Mariano Pejón, avec des bronzes travaillés par Espinosa : une coiffeuse, deux fauteuils, une paire de canapés et une paire de pieds de lavabo qui servaient de support à l'ensemble de lavabos et à la cuvette de rinçage avec son gobelet. L'ébéniste Manuel Riobó a réalisé un miroir de coiffeuse.
La reine Maria Isabel de Braganza n'a que très peu utilisé ce nécessaire de toilette, puisqu'elle est décédée le 26 décembre 1818. El juego restera dans la famille royale et subira quelques transformations au gré des différentes reines, d’autres pièces seront dispersées comme celle çi.
La première fois que la pièce a été montrée au public c’est lors de l'exposition d'argenterie : Exposiciôn de orfevreria civil, 1925, au Palais royal de Madrid. Le plateau présenté ici est décrit comme ayant appartenu à S.M. le Roi (Alfonso XIII). Elle est illustrée dans le catalogue avec d’autres pièces de la toilette (au premier rang, devant, au centre).
La toilette fut aussi exposée dans l’exposition Madrid Antiguo, de 1926, à l’occasion du Musée Municipal.
Elle est également mentionnée dans le catalogue d’exposition El aragonés Antonio Martínez y su Fábrica de Platería en Madrid (pages 89 et 90), dans el Museo de Historia, en 2011 où elle est mentionnée comme "perdue" :
“Una bandeja para servidumbre de la escribanía”.
La cual no se conserva y en ella estaban el sello de oro con las Armas de España y Portugal, también cortaplumas, regla para rayar, lapicero, un abrepuntas y lacre.
Ce plateau présenté a été donné par Alfonso XIII à la famille Bourbon-Dampierre, qui l'a offert au propriétaire actuel.
Bibliographie :
Pedro Miguel de Artiñano y Galdácano,Catálogo de la Exposición de orfebrería civil española, Madrid, Mateu, 1925.
Fernando A. Martin, « Un regalo del Ayuntamiento de Madrid a la reina Isabel de Braganza», Ayuntamiento de Madrid, n° 86, 1985, pp. 25-32.
Catalogue, La colección de plata del Palacio Real de Madrid, Madrid, 1991.