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Property from a Spanish Private Collection

An eight panel painted folding screen, Mexico, late 17th-early 18th century | Paravent à huit feuilles, Mexique, deuxième moitié du XVIIIe siècle

Auction Closed

November 15, 04:59 PM GMT

Estimate

50,000 - 80,000 EUR

Lot Details

Description

Property from a Spanish Private Collection

An eight panel painted folding screen, Mexico, late 17th-early 18th century


paper laid on canvas, depicting Ovid’s Metamorphosis


Each panel: height. 84 in, width. 23 3/4 in


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Provenant d'une Collection Privée Espagnole

Paravent à huit feuilles, Mexique, fin XVIIe-début XVIIIe siècle


papier marouflé sur toile, décoré de scènes des Métamorphoses d'Ovide


Chaque feuille : Haut. 213 cm, larg. 60,5 cm

A. Baena Zapatero; Jesus Angél Jiménez García, ‘Un Biombo de Ovidio: Estudio Material, Iconografico y Cultural, Quiroga, octobre 2022, nr. 21, pp. 158-170 et p.166

This extraordinary screen is a remarkable example of the cross-cultural pollination present in the artistic endeavours of New Spain, specifically of Mexico. The use and shape of this screen have their origins from the Japanese byōbu, and serves as an expansive pictorial surface for a hybrid classical narrative painting in European style based on Flemish prints, imbued with the local character.

Among the most sought-after and expensive luxury items in colonial Mexico, biombos, as they were called in Spanish, derive from Japanese painted screens that arrived in Mexico City by or before 1598 with the Manila Galleon – a trade ship that travelled annually between the coastal markets of the Philippines, China and Japan, and the port of Acapulco in New Spain. The vessel transported screens, porcelain, ivory, silk, spices, pearls and lacquer furniture to be sold in Mexico City to the growing elite class of criollos. While biombos were lavish and decorative works of art, they also served a range of practical purposes in colonial homes, which often were not divided into separate rooms.

 

The present is notable as it encapsulates several scenes and episodes from Ovid’s oeuvre, in its majority from Metamorphosis, on an expansive multi-layered pictorial scenery. The iconography of this screen was studied in detail by Alberto Baena Zapatero and Jesus Angél Jiménez García in 2022, upon its discovery in a Spanish private collection[i]. They have identified as the source for these scenes the engravings by Pieter Philippe for Ovid’s Opera Omnia published by Petrum Leiden in 1662. The engravings might have reached New Spain through loose plates, a fact which is revealed by the haphazard nature of the episode’s sequence, where there is an un-hierarchical display of themes, in a complex and engaging narrative. The incredibly rich multi-layered composition reminds the iconic biombos depicting the Conquest of Mexico such as the one offered Sotheby’s New York, 1st November 2019. The richness of content and its sophisticated nature might imply a specific commission, and the owner of such could present himself as part of a highly cultivated elite.

 

Zapatero and Garcia underline the fact that the flora depicted in this screen doesn’t mimic accurately what is represented in the engravings but adopts local trees and bushes (such as (such as ahuejote – a type of willow tree – Mexican marigold and agave), reflecting the local surroundings, in another episode of cultural amalgamation[ii].

 

The painting is framed by a golden border, with ornamental geometrically floral-patterned bands to top and bottom, mimicking the structure of many Japanese screens. The pattern resembles stylised floral motif of ‘hana-bishi’.

 

The first locally painted New Spain screens are documented from 1630, decades before this type appears in Europe, and screens did were also produced in painted wood, sharing craftsmen with the furniture trade. In the case of screens on canvas, it is very likely that this craft would allow for an expansion of opportunities to “traditional” painters and that there would be really no boundaries between the metiers. As an example, the famous Miguel Cabrera is thought to have painted screens such as the one at the Museo Soumaya in Mexico City depicting Meleager and Atalanta offering Diana the head of a Calydonian boar.

 

Intended for domestic use, the screen’s innovative format allowed artists to break from the conformity of religious iconography and devotional painting and became a preferred choice for the representation of mythological and historical scenes.


[i] Alberto Baena Zapatero; Jesus Angél Jiménez García, ‘Un Biombo de Ovidio: Estudio Material, Iconografico y Cultural, in Quiroga, October 2022, nr. 21, pp. 158-170.

[ii] Idem, p. 166.



Cet extraordinaire paravent est un exemple remarquable de les échanges interculturels artistiques de la Nouvelle Espagne, en particulier du Mexique. L'utilisation et la forme de ce paravent trouvent leur origine dans le byōbu japonais et servent de support pour une peinture narrative de style européen, d'après des estampes flamandes, imprégnée du caractère local. 

Parmi les objets de luxe les plus recherchés et les plus chers du Mexique colonial, les biombos, comme on les appelait en espagnol, proviennent de paravents peints japonais arrivés à Mexico avant 1598 avec le galion de Manille - navire de commerce qui voyageait chaque année entre les marchés côtiers des Philippines, de la Chine et du Japon, et le port d'Acapulco, en Nouvelle-Espagne. Le navire transportait des paravents, de la porcelaine, de l'ivoire, de la soie, des épices, des perles et des meubles en laque destinés à être vendus à Mexico à l'élite grandissante des criollos. Si les biombos étaient des œuvres d'art somptueuses et décoratives, ils avaient également toute une série de fonctions pratiques dans les maisons coloniales, qui n'étaient souvent pas divisées en pièces distinctes.


Notre paravent est remarquable car il représente plusieurs scènes et épisodes de l'œuvre d'Ovide, en majorité des Métamorphoses, dans un vaste décor pictural. L'iconographie de cet écran a été étudié en détail par Alberto Baena Zapatero et Jesus Angél Jiménez García en 2022, lors de sa découverte dans une collection privée espagnole[i]. Ils ont identifié comme source de ces scènes les gravures de Pieter Philippe pour l'Opera Omnia d'Ovide publié par Petrum Leiden en 1662. Il est possible que les gravures soient parvenues en Nouvelle-Espagne par le biais de planches détachées, ce que révèle la nature désordonnée de l'épisode, où l'on assiste à une présentation non hiérarchique des thèmes, dans une narration complexe et captivante. La composition incroyablement riche rappelle les biombos emblématiques représentant la conquête du Mexique, tels que celui proposé par Sotheby's New York, le 1er novembre 2019. La richesse du contenu et sa nature sophistiquée pourraient suggérer une commande spécifique, et son propriétaireferait partie d'une élite très cultivée.


Zapatero et Garcia soulignent le fait que la flore représentée sur cet écran n'imite pas exactement celle représentée dans les gravures, mais reprend des arbres et des buissons locaux (tels que l'ahuejote - un type de saule -, le souci mexicain et l'agave), reflétant l'environnement local, dans une autre volonté d'amalgame culturel[ii].


Les panneaux sont encadrés par une bordure dorée, à décoré de motifs floraux stylisés et de bandes stylisées, rappelant les écrans japonais et leur décor comme le motif floral "hana-bishi".


Les premiers paravents peints en Nouvelle-Espagne sont attestés à partir de 1630, des décennies avant que ce type de paravent n'apparaisse en Europe. Des paravents ont également été produits en bois peint. Dans le cas des paravents sur toile, il est très probable que cet artisanat ait permis d'élargir les possibilités offertes aux peintres "traditionnels" et qu'il n'y ait plus vraiment de frontières entre les métiers. À titre d'exemple, le célèbre Miguel Cabrera aurait peint des paravents tels que celui du Museo Soumaya de Mexico, représentant Méléagre et Atalante offrant à Diane la tête d'un sanglier calydonien. 


Destiné à un usage domestique, le format innovant du paravent a permis aux artistes de rompre avec le conformisme de l'iconographie religieuse et de la peinture de dévotion. Il est devenu un choix privilégié pour la représentation de scènes mythologiques et historiques.