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Tsonga Neckrest, Zimbabwe | Appuie-nuque, Tsonga, Zimbabwe

Tsonga Neckrest, Zimbabwe | Appuie-nuque, Tsonga, Zimbabwe

Tsonga Neckrest, Zimbabwe | Appuie-nuque, Tsonga, Zimbabwe

Tsonga Neckrest, Zimbabwe


Haut. Height 15 cm ; 6 in, larg. Length 18,5 cm ; 7 1/5 in

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Appuie-nuque, Tsonga, Zimbabwe

To request a Condition Report, please contact simon.meynen@sothebys.com

English private collection 

Christine Valluet, Paris

Edric van Vredenburh Collection, acquired from the above in September 2009

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Collection privée anglaise

Christine Valluet, Paris

Collection Edric van Vredenburgh, acquis au précédent en septembre 2009

Loos P., Bayet T., et Caltaux S., La tête dans les étoiles. Appuis-nuque d'Afrique et d'ailleurs, BRUNEAF, 2012 : p. 142.
Pirat C.-H., Sur la Piste de l'Elephant ... et celle d'Abou Ballas. De l'usage es repose-tête en Afrique, de la préhistoire à nos jours, 2021 : p. 279.

BRUNEAF, Bruxelles, La tête dans les étoiles. Appuis-nuque d'Afrique et d'ailleurs, 6-10 June 2012

Les appuie-nuques du Sud et de l’Est de l’Afrique étaient des objets strictement personnels, spécialement commandités au sculpteur à l’intention ou par son futur propriétaire. Au fil du temps, ils se liaient étroitement avec l’identité de cette personne, par association et par l’utilisation qu’il en faisait tout au long de sa vie.[1] Il est possible que cet appuie-nuque fût offert par une jeune fille à son époux, à l’occasion de leurs noces, et que ce dernier l’utilisa ensuite jusqu’à la fin de ses jours. A sa mort, l’objet aurait pu être enterré à ses côtés, ou cédé à sa fille, qui, à son tour, l’aurait remis à son époux. L’appuie-nuque était en effet considéré comme le lien entre l’esprit du père et l’amadlozi, l’esprit des ancêtres.[2] En plus de sa fonction utilitaire bien connue, celle de protéger la coiffe élaborée du dormeur, il symbolise aussi l’état de rêve, pendant lequel l’individu accède au royaume des ancêtres qui lui prodiguent alors des conseils.


L’appuie-nuque répond tout autant à des considérations symboliques, stylistiques et esthétiques, qu’à des nécessités fonctionnelles. Objet du quotidien, sa création implique des contraintes pratiques qui répondent à une fonction précise : c’est pourquoi celui-ci présente un plateau de petite hauteur, lisse et creusé pour accueillir le cou, ainsi que des dimensions réduites, le rendant aisément transportable dans des sociétés au mode de vie semi-nomade et habituées à sillonner les régions du Sud de l’Afrique. Remarquable témoin de son corpus, cet appuie-nuque présente de belles décorations gravées sur les rabats des extrémités de son plateau, et adopte une forme zoomorphe caractéristique, sublimée par les riches nuances brunes de la patine. L’animal est très certainement un bovidé. En effet, des objets ornés de représentations de bétail étaient traditionnellement échangés entre deux familles, pour sceller leur alliance. Mais on pourrait également y voir un cheval, comme on en retrouve un exemplaire similaire dans la collection de Terence Pethica.[3] Mal connu de certaines populations africaines, car non autochtone, le cheval donnait ainsi lieu à des représentations parfois peu réalistes, de l’ordre de l’évocation suggestive, plutôt que de la figuration. Dès leur introduction en Afrique cependant, les chevaux furent érigés en symbole de prestige et de pouvoir, en raison de leur association avec les étrangers. S’il s’agit effectivement d’un cheval, ce serait le signe que le possesseur originel de cet appuie-nuque ait été d’un rang social élevé.[4]


[1] Conru K., et alii, L’Art d’Afrique du Sud-Est, 2002, p 17.

[2] Ibid, p 18.

[3] Ibid, p 19.

[4] Ibid, p 23.