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Gugu Club, Fiji Islands | Massue gugu, Îles Fidji

Gugu Club, Fiji Islands | Massue gugu, Îles Fidji

Gugu Club, Fiji Islands | Massue gugu, Îles Fidji

Massue gugu, Îles Fidji


Haut. Height 108 cm ; 42 ½in

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Gugu Club, Fiji Islands

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Irish private collection

Sotheby's, New York, 14 May 2018, n° 102

Edric van Vredenburgh Collection, acquired in this auction

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Collection privée irlandaise

Sotheby's, New York, 14 Mai 2018, n° 102

Edric van Vredenburgh Collection, acquis lors de cette vente

Plus qu’un simple instrument de guerre, cette élégante massue gugu était l’apanage des chefs et des prêtres, seuls dignes de la brandir lors de cérémonies et de danses rituelles. Sa qualité exceptionnelle – par la monumentalité de ses proportions et par la qualité de son ornementation – auréolait son puissant possesseur d’un grand prestige, qui l’arborait comme un symbole de pouvoir. En effet, selon Steven Hooper, le petit-fils de l’éminent collectionneur britannique James Hooper, les massues Fidji ne peuvent être réduites à leur nature d’arme, comme en témoigne l’extrême soin appliqué à les sculpter.[1] Objets sacrés et instruments de représentation de la continuité ancestrale, elles incarnaient les ancêtres divins tout comme le corps du chef. Celle-ci en particulier, bien que maniée par des danseurs plutôt que par des guerriers, n’en demeurait pas moins une arme redoutable, capable d’asséner des coups imprévisibles grâce à l’asymétrie caractéristique de sa partie supérieure. En effet, la culture belliqueuse des Iles Fidji ne nous est pas inconnue, caractérisée par des luttes de pouvoir et de territoire et des rituels sacrificiels. 


Très rare, ce type de massue courbé se distingue parmi la myriade de massues Fidji qui existent aujourd’hui. Les collectionneurs occidentaux, attirés par l’élégance de sa forme, aimaient à le qualifier de « lotus » ou de « papillon », interprétant sa tête déployée en éventail comme la représentation stylisée d’une aile ou d’un pétale. Selon Clunie, sa forme s’inspire en réalité du poisson gugu, ou siriti.[2] Le manche lisse de l’objet tranche avec les remarquables décorations gravées qui ornent ses extrémités, ponctuées par des motifs émergeant en haut-relief. La prise de l’arme est ornée de gravures caractéristiques du style tavatava. La couleur sombre de la patine ancienne suggère que la massue a été exposée à des fumées dans un bure (maison), ou bure kalou (temple). Un indice supplémentaire attestant de la fonction rituelle de l’objet, peut-être utilisé lors de l’investiture d’un jeune chef, pendant laquelle il brandissait dans les airs « une massue immense », pour prouver sa force tandis que les prêtres invoquaient les dieux, plaçant ainsi le jeune homme sous leur protection.[3]


Un exemple comparable est conservé au Metropolitan Museum of Arts à New York (n° 1979.206.1399), ayant anciennement appartenu à Nelson A. Rockefeller dans les années 1950. Une autre massue de ce type fait partie des collections du Fiji Museum, Suva (FM.55.58), collectée par le Révérend James H.S. Royce entre 1857 et 1861.


[1] Hopper S. (ed), Power and Prestige: The Art of Clubs in Oceania, 2022 : p. 30.

[2] Clunie F., Fijian Weapons & Warfare, 2003 : p. 110.

[3] Seemann, B., Viti: an account of a government mission to the Vitian or Fijian Islands in the years 1860-61, 1862 : p. 103-104.