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Jean-Jacques Feuchère 1807-1852

Satan

Jean-Jacques Feuchère 1807-1852

Jean-Jacques Feuchère 1807-1852

Satan

Satan

Jean-Jacques Feuchère

1807 - 1852

Satan


bronze, dark brown patina

signed and dated FEUCHERE 1834

H. 80 cm; 31½ in.

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Jean-Jacques Feuchère

1807 - 1852

Satan


bronze à patine brun foncé

signé et daté FEUCHERE 1834

H. 80 cm ; 31½ in.

For further information on the condition of this lot please contact ulrike.goetz@sothebys.com

European private collection since the 1970s

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Collection privée européenne, depuis les années 1970

Related Literature / Références bibliographiques


A. Decamps, ‘Révue du Salon de 1834’, Le Musée 1834, p. 74.

J. Janin, Notice sur J. Feuchère, Paris 1853.

Catalogue du cabinet du feu de M. Feuchère, statuaire. Objets d’Art et de curiosité de M Feuchère, Paris, mars 8-10, 1853.

S. Lami, Dictionnaire des Sculpteurs de l’Ecole Française au Dix-Neuvième siècle, Paris, 1916 (réed. 1970), p. 364-369.

M. Beaulieu, ‘Deux bronzes romantiques d’inspiration classique’, La Révue du Louvre et des musées de France, 1975, XXV, no 4, pp. 269-274.

P. Fusco, H.W. Janson, The Romantics to Rodin. French Nineteenth-Century Sculpture from North Americain collections, exh. cat. Los Angeles County Museum, 1980, pp. 266-267.

Le Cortège des Passions, Sculptures du XIXe et XXe siècles,

Galerie Univers du Bronze, Paris, 1984, p. 24-25.

L'Invention du Sentiment aux sources du Romantisme, exh. cat., Paris, musée de la Musique, 2002.

W. Joseph, 'Images de Satan entre ange déchu et créature fantastique', in Visages de l'effroi. Violence et fantastique de David à Delacroix, exh. cat. Musée de la Vie Romantique, Paris, 2016, pp.184 -193.

Satan by Jean-Jacques Feuchère is an iconic work of French Romanticism at its height. The bronze features on the front cover of the catalogue of one of the great landmark exhibitions of nineteenth century sculpture, ‘The Romantics to Rodin’, as a pendant to Rodin’s Thinker on the back cover: Feuchère’s bronze occupies an important place in Romantic sculpture, and this highlights his influence on Rodin’s œuvre.


Jean-Jacques Feuchère epitomised Romanticism. Son of the bronze maker and finisher Jacques-François Feuchère, and trained by the sculptors Cortot and Ramey, Jean-Jacques earned his living as a craftsman, especially a goldsmith and bronze finisher, before experimenting with other techniques such as enamelling, metalwork and bronze casting. These he applied to the decorative arts, while taking his inspiration from Renaissance models.


The piece was initially intended as a mantelpiece decoration, with Satan at the centre flanked by two vases in the shape of bats. Feuchère showed the plaster model at the 1834 Salon (no. 2243), and the small bronze version at the Salon the following year (no. 2037). The small model (the example now in the Musée de Douai) also appeared in the exhibition ‘Centenaire de l’Art Français’ in 1900.


In his account of the 1834 Salon, which was illustrated with a drawing of Feuchère’s Satan, the painter and art critic Alexandre-Gabriel Decamps applauded the work (cf. Le Musée, 1934): ‘among all the angels and demons, there is one figure that incontestably merits particular attention because of the original character it has been imprinted with, because of the novelty of its composition and the conscientious craftsmanship with which it is rendered, it is the Satan of M. Feuchère, a personification, with plenty of verve and ardour, of the evil genius at odds with being powerless.


Satanic subjects were very popular with the Romantic artists of the 1830s, who found their sources in works of literature such as Dante’s Inferno (1303-1321), Milton’s Paradise Lost (1667) and Goethe’s Faust (1808). These provided inspiration for works by the artists of the period, such as Delacroix’s Mephistopheles (1827) and the sculptures of Jean-Jacques Flatters (1827), Marochetti (1831) and Duseigneur (1831).

 

Emotions, imagination and the power of nature were at the heart of the Romantic movement. Feuchère portrays Satan as a fallen angel, expelled from heaven. Inspired by Dürer’s Melancholy (circa 1514) – Feuchère owned an engraving of it – the artist shows Satan after his fall, seated with his wings wrapping around him. Defeated and powerless, holding a broken sword, he rests his elbow on his knee and his chin in his hand, while he broods on human destiny.

 

Large bronze version of Satan are rare. To date, only three examples of this size are known, including the bronze cast by Vittoz in 1850 (Los Angeles County Museum); a bronze which came onto the market at Maastricht in 2007; and another offered for sale at Sotheby’s London in 2008 (11 November, 2008, lot 3).


Feuchère has adopted the Romantic poet’s pose, which was revisited by Carpeaux for his Ugolino and by Rodin for his Thinker. The present bronze is notable for the quality of the cast and its finishing, especially in the elaborate chasing of the wings, the facial details and the demon’s claws, which create a sharp contrast with the smooth modelling of the body. 

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Le Satan de Jean-Jacques Feuchère est un sujet emblématique de l'apogée du Romantisme français. Figurant sur la couverture d’une des grandes expositions de référence de la sculpture du XIXe siècle, ‘The Romantics to Rodin’, auquel le Penseur de Rodin fait pendant au dos du catalogue, le bronze de Feuchère occupe une place importante dans la sculpture romantique et illustre ainsi son influence sur l’œuvre de Rodin.


Jean-Jacques Feuchère était une personnalité par excellence du Romantisme. Fils du ciseleur et bronzier Jacques-François Feuchère, et formé par les sculpteurs Cortot et Ramey, Jean-Jacques gagnait son pain en tant qu’artisan, notamment orfèvre et ciseleur, avant d’expérimenter d’autres techniques comme l’émaillerie, le travail du métal, et la fonte du bronze pour les appliquer aux arts décoratifs, tout en s’inspirant de modèles de la Renaissance.


Initialement conçu comme une garniture de cheminée, où Satan est placé au centre, entre deux vases en forme de chauve-souris, Feuchère présente le modèle en plâtre au Salon de 1834 (n° 2243), et la petite version en bronze au Salon l’année suivante (n° 2037). Le petit modèle figure également à l’exposition Centenaire de l’Art Français en 1900 (l’exemplaire du musée de Douai).


Dans son compte rendu du Salon de 1834, illustré par le dessin de Satan par Feuchère, le peintre et critique d’art Alexandre-Gabriel Decamps en fait l’éloge (cf. art. cit. Le Musée, 1934, p. 74) : ‘(...) parmi tous les anges et démons, il y a une figure qui mérite incontestablement une attention particulière à cause de son caractère original dont elle a été empreinte, à cause de la nouveauté de sa composition et du travail consciencieux avec lequel elle est rendue. C'est Satan de M Feuchère, une personnification, pleine de vigueur et de passion, du mauvais génie aux prises avec son impuissance’.


Les sujets sataniques étaient très prisés par les artistes du Romantisme des années 1830, puisant leurs sources dans les écrits littéraires comme L’Inferno de Dante (1303-1321), le Paradis perdue de Milton (1667), ainsi que le Faust de Goethe (1808), inspirant les artistes de l’époque pour leurs compositions comme Delacroix pour son Méphistophélès (1827), Jean-Jacques Flatters (1827), Marochetti (1831) et Duseigneur (1831) pour leurs sculptures.

 

Les émotions, l'imagination et le pouvoir de la nature étaient au cœur du mouvement romantique. Ainsi, Feuchère représente Satan en tant que l’ange déchu, expulsé du ciel. S’inspirant de La Mélancholie de Dürer (vers 1514), dont Feuchère possédait une gravure, Satan est représenté assis, après sa chute, enveloppé dans ses ailes. Vaincu et impuissant, le coude sur son genou, le menton dans la main, muni d’une épée brisée, il réfléchit au sort humain.

 

Les grandes versions de Satan en bronze sont rares. Seuls trois exemplaires de cette taille sont connus aujourd'hui, dont le bronze fondu par Vittoz en 1850 (Los Angeles County museum), un bronze ayant apparu sur le marché à Maastricht en 2007, et un autre présenté en vente chez Sotheby’s Londres en 2008 (11 nov, 2008, lot 3).


Feuchère adopte la pose du poète romantique, qui sera ensuite repris par Carpeaux dans son Ugolin et Rodin pour son Penseur. On remarque la qualité de fonte et de la finition de notre bronze, qui se manifeste notamment dans la ciselure élaborée des ailes, les détails du visage et les griffes du démon, créant un net contraste au modelé lisse du corps.