View full screen - View 1 of Lot 55. Landscape with a nymph and a river God | Paysage à la nymphe et au dieu fleuve.
55

Nicolas Poussin

Landscape with a nymph and a river God | Paysage à la nymphe et au dieu fleuve

Nicolas Poussin

Nicolas Poussin

Landscape with a nymph and a river God | Paysage à la nymphe et au dieu fleuve

Landscape with a nymph and a river God | Paysage à la nymphe et au dieu fleuve

Nicolas Poussin

Landscape with a nymph and a river God


Oil on canvas

41,7 x 54,5 cm ; 16⅜ by 21½ in.

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Nicolas Poussin

Paysage à la nymphe et au dieu fleuve


Huile sur toile

41,7 x 54,5 cm ; 16⅜ by 21½ in.

For further information on the condition of this lot please contact clemence.enriquez@sothebys.com

While Nicolas Poussin remains the greatest French painter of the seventeenth century, he never encountered, throughout his career, as much easy success and popularity as he did in the early 1630s, when he became one of the most famous artists in both Rome and Paris.


His arrival in the Roman capital, after several aborted attempts, was troubled. Despite the protection and referrals of Cavaliere Giambattista Marino, who unfortunately died too soon to be able to give meaningful support to the young man, Poussin was left alone and penniless in the Eternal City. Urgently needing to provide for himself, he produced large numbers of paintings fast: the rapid turnover helped him make his name and attract potential patrons.


Many of the first works he painted between 1624 and 1626 were thus produced in difficult financial circumstances, with pigments and canvases that were not always of the best quality, and in small formats. For the most part, he produced bucolic landscapes, inspired by the literature of antiquity – mainly Ovid’s Metamorphoses – enlivened with figures of gods, goddesses, nymphs and satyrs.


Recent literature devoted to the artist (especially Denis Mahon’s book, Nicolas Poussin : works from his first years in Rome in 1999; and Pierre Rosnberg's exhibition Poussin and Nature: Arcadian Visions at the Museo de Bellas Artes in Bilbao and at the Metropolitan Museum in New York in 2007-2008) has made it possible to identify the extent of this production and to group together an ensemble of works that have great stylistic and iconographic coherence.


The present painting, until now completely unpublished, can be associated with this early production.

In the solitude of the Roman campagna, illuminated by the rays of the setting sun which fall on a cliff to the right, a nymph is washing her hair in the river. She shares the space silently with the river god beside her, everlastingly seated in the landscape.


Despite its condition, the work has great delicacy, and the young artist has conveyed the twilight atmosphere to great poetic effect. Pictorially, the influence of Venetian painting can be seen in the warm, russet palette and in the light, to which Poussin has paid particular attention. In spirit as well as in its palette, the painting is also close to his works in the Musée Fabre à Montpellier (Landscape with a nymph and sleeping satyr, inv. 825.1.169; Landscape with Venus and Adonis, inv. 875.1.171); to the two pendants depicting The death of Eurydice and Apollo pursuing a nymph (private collection); as well as the Narcissus recently sold in New York (Sotheby’s sale New York, 29 January 2020, lot 40).


Unpublished until now, the painting can now be added to these other examples, which represent the work of a young artist full of promise and hope.


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S’il reste le plus grand peintre français du XVIIe siècle, Nicolas Poussin, tout au long de sa carrière, ne connût pas la même facilité, le même engouement qui fit de lui, à partir du début des années 1630, l’un des artistes les plus célébrés de Rome à Paris.


Son arrivée dans la capitale romaine, après plusieurs tentatives infructueuses, se fait dans la douleur. Malgré la protection et les recommandations du Cavalier Marin, mort hélas trop rapidement pour pouvoir véritablement soutenir le jeune homme, Poussin seul et sans argent dans la Ville Eternelle, doit rapidement subvenir à ses besoins en peignant beaucoup et vite, en vendant encore plus rapidement. Il doit se faire un nom et se faire remarquer des mécènes potentiels.


Une grande partie de ses premières œuvres connues de la période 1624-1626 est ainsi exécutée dans des conditions matérielles difficiles, avec des pigments et des toiles parfois de qualité moyenne, et sur de petits formats. Ce sont pour la majeure partie des paysages bucoliques, inspirés de la littérature antique – principalement des Métamorphoses d’Ovide –, et animés de figures de dieux, de déesses, de nymphes et de satyres.

La récente littérature sur l’artiste (notamment l'ouvrage de Denis Mahon Nicolas Poussin : works from his first years in Rome de 1999 ; et l'exposition organisée sous la direction de Pierre Rosnberg Poussin and Nature: Arcadian Visions au Museo de Bellas Artes de Bilbao et au Metropolitan Museum à New York en 2007-2008) a permis de préciser les contours de cette production et de regrouper un ensemble d’œuvres d’une grande cohérence stylistique et iconographique.


C’est à cette production précoce qu’il faut rattacher le présent tableau, resté jusqu’alors totalement inédit.

Dans la solitude d’une campagne romaine éclairée par les rayons du couchant qui viennent frapper une falaise à droite, une nymphe se lavant les cheveux dans l’onde, et un dieu fleuve assis pour l’éternité, cohabitent silencieusement.


Malgré son état de conservation, l’œuvre n’en reste pas moins d’une grande délicatesse, où toute la poésie crépusculaire du jeune artiste est particulièrement bien notable. Sur le plan pictural l’influence de la peinture vénitienne se fait ressentir dans la palette plus chaude, rougeoyante, et sur la lumière, à laquelle Poussin porte une attention toute particulière. Le tableau est également, par l’esprit aussi bien que par la palette, proche des œuvres du Musée Fabre à Montpellier (Paysage avec une nymphe et un satyre endormi, inv. 825.1.169 ; Paysage avec Vénus et Adonis, inv. 875.1.171), des deux pendants représentant La mort d’Euridyce et Apollon poursuivant une nymphe (collection privée), ou encore du Narcisse récemment vendu à New York (vente Sotheby’s New York, 29 janvier 2020, lot 40).


Inédit jusqu’à ce jour, il vient rejoindre ces œuvres, celles d’un jeune artiste plein de promesses et d’espoir.