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Joinville, François d'Orléans, prince de

Correspondance autographe signée à l’amiral Charner. 1840-1841

Joinville, François d'Orléans, prince de

Joinville, François d'Orléans, prince de

Correspondance autographe signée à l’amiral Charner. 1840-1841

Correspondance autographe signée à l’amiral Charner. 1840-1841

Joinville, François d'Orléans, prince de


Correspondance autographe signée à l’amiral Charner.

1840-1841.


Eight letters detailing preparations by the Belle-Poule for the return of the ashes of the Emperor.


8 lettres autographes signées, 27 pages (2 p. in-4 et 25 p. in-8, sur 9 bifeuillets), 2 enveloppes.


PRÉPARATIFS DE LA BELLE-POULE POUR L’EXPÉDITION DU RETOUR DES CENDRES DE L’EMPEREUR EN 1840.


CORRESPONDANCE DU PRINCE DE JOINVILLE À SON LIEUTENANT, SUR L’ARMEMENT ET L’ÉQUIPAGE DE LA BELLE-POULE


C'est dans un contexte international tendu en Orient et dans l’idée de redonner à la France son prestige en rappelant l’épopée napoléonienne, que fut décidé le retour de la dépouille mortelle de Napoléon de l’île d’Elbe à Paris. Thiers, le nouveau Président du Conseil de Louis-Philippe, et historien du Consulat et de l’Empire, fut le principal instigateur de ce coup politique. Dès que l’Angleterre donna son accord de principe au début du mois de mai 1840, de longues discussions commencèrent à la Chambre sur le lieu à donner pour la sépulture de l’empereur, tandis que les préparatifs de l’expédition furent finalisés. Le 7 juillet suivant, la Belle Poule, frégate de 60 canons quittait Toulon, suivie de la frégate la Favorite à destination de Sainte-Hélène. Commandée par le prince de Joinville qui avait la responsabilité de l’expédition, la Belle-Poule emportait à son bord le prince de Rohan-Chabot, attaché d’ambassade à Londres et commissaire désigné par Thiers pour présider aux opérations d’exhumation, les généraux Bertrand et Gourgaud, le comte de Las Cases, fils de l’auteur du Mémorial de Sainte-Hélène, cinq domestiques ayant servi Napoléon sur l’île, l’abbé Coquereau, aumônier de l’expédition et le docteur Rémy Guillard. Lieutenant du prince de Joinville, Léonard-Victor Charner est le commandant en second de la Belle-Poule.


Février 1840 : il lui annonce qu’on lui fera très certainement rallier la Belle Poule "dans la dernière quinzaine de mars", mais cela demande encore à être confirmé.

"Quoique je ne sache pas encore où la frégate sera envoyée, j’ai quelques raisons de penser qu’à moins d’événements graves dans le Levant, nous dirigerons notre course vers les côtes d’Afrique […] Mr Danican m’a écrit qu’il nous quittait, je ferai des démarches pour faire donner à Fabre la compagnie ; je vous serai obligé de me dire si après l’agrandissement du poste il restera encore une chambre pour Mr Bonié que je prendrais dans ce cas-là. Broyer et Lostréat sont maîtres […] Les travaux que nous avions demandés ont été faits ou se font, à ce qu’on m’a dit. Je vous prie de remercier de ma part les autorités du port de leur obligeance. J’ai appris qu’un malheureux accident a eu lieu au Mourillon en travaillant à nos obus ; ils étaient donc mal confectionnés. Avez-vous pu vous procurer la bouée Billette. Je ne sais pas encore si j’aurai une musique mais je le pense, elle sera embarquée en supplément. Les chapeaux de paille de Malte sont-ils arrivés ? Enfin quand je pense à la Belle Poule je me fatigue la tête de questions, j’oublie que vous êtes là qui n’oubliez rien pour rendre le bâtiment aussi bien que possible et je vous en remercie bien".


Mars 1840 : on vient d’annoncer au grand désespoir du prince de Joinville, qu’il est chargé du commandement de l’expédition tandis que ses frères participeront à la campagne d’Algérie. Il informe son second qu’il rejoindra la Belle Poule plus tard que prévu.

"Mon frère aîné et Aumale allant en Afrique, le roi et Mr Thiers ont déclaré ne pas vouloir me laisser quitter Paris en leur absence afin que nous soyons au moins deux pour faire face ici à toutes les éventualités ; j’ai jeté des cris perçants mais on ne m’a pas écouté et me voilà cloué ici indéfiniment. Pourtant je pense que si l’affaire du Maroc s’embrouillait on me lâcherait". Le duc d’Orléans, son frère aîné, doit partir mercredi pour Toulon et il compte voir l’escadre en détail et surtout la Belle Poule. "Je m’en rapporte à vous pour qu’il la trouve bien ; je vous prierai de dire à Lecourt de mettre ma chambre en ordre. Je pense que mon frère demandera à l’amiral Rosamel de faire faire des exercices généraux soit en branle-bas soit un armement en guerre des canots avec simulacre de débarquement. Il est possible aussi que le jour de son départ on fasse appareiller tout le monde pour lui donner la conduite jusque hors de la rade. Vous devez avoir reçu nos chapeaux de Malte, je vous prierai de ne pas les donner avant mon arrivée ; j’ai fait faire ici de nouveaux rubans. La Musique est recomposée et arrivera avec moi mais auparavant nous complèterons l’équipage".


Mai 1840 : sur les derniers préparatifs de l’expédition et le problème posé du grand nombre de personnes prévues à bord.

"Je suis enchanté de ce que vous me dites sur la promptitude des travaux exécutés à bord, et j’étais sûr que grâce à vous à qui je dois tant déjà tout cela marcherait parfaitement. J’ai bien eu un peu de chagrin quand il a fallu gâcher notre belle batterie, retirer les six canons, enfin détruire cet ensemble militaire qui me plaisait tant, enfin, il a bien fallu se résigner ; mais toutes ces constructions ne feront pas un long séjour à bord après notre arrivée à Cherbourg. Quant au faux pont, j’ai calculé que la construction de la chapelle ardente entre le carré et la calle au vin — seul point praticable en ce que la frégate sera tellement bondée de monde qu’il ne faut pas enlever un seul poste de couchage, j’ai calculé dis-je que cette construction entraînerait la démolition de l’office des officiers et de la chambre de Paulus où il est nécessaire pour une campagne aussi longue de faire des provisions […]. Ensuite je désire que Paulus conserve un trou, car c’est une grande distraction que la musique dans une aussi longue campagne et il ne pourrait pas préparer sa musique au milieu du brouhaha du navire." Il annonce qu’il aura un officier de plus avec lui, Mr Touchard, et qu’il faudra trouver un trou pour les domestiques de nos nombreux passagers, non pour les coucher — on les couchera où on pourra, mais pour mettre leurs effets et pour qu’ils s’habillent. Il a pensé les héberger dans la Sainte-Barbe [la soute à poudre], mais elle sera aussi remplie de provisions nécessitées par le grand nombre de passagers dont on l’a gratifié. "[…] Pour en revenir à la Belle Poule, il fallait faire de la place et pour cela débarquer tout ce qui n’était pas rigoureusement nécessaire de l’état-major. Mr Barrallier partait naturellement tout le premier sa présence à bord n’étant nullement nécessaire. Les trois capitaines restaient forcément, c’était donc dans les enseignes qu’il fallait taper. Or sur quatre un, Bonié est mon officier au choix, j’avais donc le droit de le garder et des trois autres, un est venu me rejoindre exprès pour naviguer avec moi […]. Restaient alors ces deux messieurs pour qui je regrette ce contretemps […], je ne les débarque pas pour les remplacer mais seulement par urgence ; nous en resterons donc à 5 officiers de quart, nombre réglementaire. […] Nous aurons en cours de campagne à soigner la compagnie de débarquement qui probablement viendra à Paris avec le cercueil".


18 décembre 1840 : deux jours après les cérémonies parisiennes du retour des Cendres, le prince de Joinville remercie le commandant en second de la Belle-Poule. "Je suis au regret d’avoir quitté Cherbourg et la Belle Poule sans avoir pu vous remercier de tous les bons services que vous m’avez rendus à moi comme second et au pays comme officier. Je suis aussi affligé de n’avoir pu vous faire mes adieux et vous dire à quel point j’étais content de vous". Il donne des nouvelles de ses hommes, alors "casés à l’École militaire", et qui ne rentreront qu’à la fin du mois. "On a voulu me faire contre-amiral, mais j’ai paré le coup ; je conserve la Belle Poule mais je ne prendrai pas la mer de sitôt, ainsi, vous aurez des mois de commandement à exercer".


24 décembre 1840 : sur le réarmement de la Belle Poule au retour de Sainte-Hélène et sur l’avancement des membres de l’expédition. Les hommes restés à Paris seront bientôt de retour : "Les travaux de la frégate pourront alors marcher ; je me recommande toujours à vous pour mes sabords du pont à l’endroit de l’ancre de veille ; je crois qu’en en changeant le percement et avec du temps ce ne sera pas difficile, on pourra leur donner un champ de tir étendu. La chapelle disparaîtra, le poste reprendra son ancienne dimension". Il donne des nouvelles de membres de l’expédition du Retour des Cendres, évoquant leur avancement ou leur élévation au rang de chevalier de la Légion d’honneur : "Guyet est capitaine de vaisseau. Il va remettre la Favorite à Penanros nommé capitaine de corvette. Mr Sedaiges nommé lieutenant de vaisseau remplace Penanros à bord. Quant aux croix [:] Gosselin, Bonnette et Hallot sont les heureux ainsi qu’un maître de la Favorite. J’ai pensé que notre campagne toute honorifique était trop peu de choses pour motiver des croix pour les officiers. On ne me reprochera pas de donner la main à des gaspillages de croix".


8 janvier 1841 : lettre très technique sur les travaux menés à bord de la Belle Poule : placement de l’ancre de veille, cages volantes "pouvant se démonter dans la batterie entre les canons", remplacement de la chaloupe, etc. Il demande "qu’on envoie de temps en temps les canots louvoyer en rade", que l’on renvoie toutes les espingoles et qu’elles soient remplacées par des perriers. "Pour nos hommes je vous prie d’en garder le plus possible des anciens et de nous compléter autant que possible en maîtres, seconds maîtres et quartier maîtres".


16 janvier 1841 : il le remercie pour ses lettres car il est toujours soucieux de savoir "ce que devient la pauvre frégate" et l’informe qu’il serait enchanté "que Mrs Aubry de la Noë et Heller [?] viennent prendre à bord les places de Mrs Roujoux et Bovis ; cela nous laissera le même nombre d’élèves et vous savez que je tiens à en avoir beaucoup". Il regrette le départ de Bonnet et évoque ensuite les aménagements de sa chambre, lui demandant la quantité d’étoffe nécessaire pour tendre toute la chambre ainsi que la surface du sol pour que j’envoie un tapis et la surface des coussins du divan".


Avril 1841 : il a pris du retard dans sa correspondance à cause d’une blessure au pouce, "endommagé dans une machine à vapeur", mais il le remercie du soin qu’il apporte au réarmement "de notre belle frégate". Il ira bientôt au ministère "voir l’amiral pour en obtenir plusieurs autorisations", dont celle "de faire tirer du canon en rade à nos matelots, quand bien même les localités exigeraient de tirer à boulets perdus sur un but flottant". "Vers le 15 mai je pense que nous mettrons sous voiles pour Terre Neuve où nous ne ferons qu’un court séjour et dont nous reviendrons en France par les principaux ports des États Unis. Je compte demander à toucher à Lisbonne ou à Cadix au retour et à être autorisé suivant les circonstances à faire mon retour ou à Brest ou à Toulon." Il annonce que l’hiver prochain, probablement, il quittera la Belle Poule "pour passer sur un bateau à vapeur".


[On joint :]

Deux lettres des 24 mai et 19 juin 1839, dans lesquelles il est également fait mention de la Belle-Poule (4 p. in-4 (déchirure) et 2 p. in-8, une enveloppe).

Bon état général, très petites déchirures.


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