56
56
Vase de type Codex, avec Scribes
Culture Maya
Classique Récent, 550-950 AP. J.-C.
MAYA PAINTED VASE OF SCRIBES, CODEX STYLE  
Estimate
90,000120,000
LOT SOLD. 100,000 EUR
JUMP TO LOT
56
Vase de type Codex, avec Scribes
Culture Maya
Classique Récent, 550-950 AP. J.-C.
MAYA PAINTED VASE OF SCRIBES, CODEX STYLE  
Estimate
90,000120,000
LOT SOLD. 100,000 EUR
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

Le Soleil de Nuit : Trésors Précolombiens d'une Grande Collection Française

|
Paris

Vase de type Codex, avec Scribes
Culture Maya
Classique Récent, 550-950 AP. J.-C.
MAYA PAINTED VASE OF SCRIBES, CODEX STYLE  

Provenance

Collection privée, États-Unis, acquis en 1970
Sotheby's, New York, 12 mai 2005, n° 300
Importante Collection privée française

Exhibited

Durham, North Carolina, Duke University Museum of Art, Painting the Maya Universe : Royal Ceramics of the Classic Period, 15 janvier - 27 mars 1994 / Boston, Museum of Fine Arts, 15 avril - 26 juin 1994 / Denver, Denver Art Museum, 15 juillet - 15 septembre 1994 / Los Angeles, Los Angeles County Museum of Art, 8 octobre 1994 - 8 janvier, 1995 / New Haven, Yale University Art Gallery, 10 février - 23 avril 1995

Literature

Robicsek (F.) et Hales (D. M.), The Maya Book of the Dead, The Ceramic Codex, 1981, couverture et p. 58, n° 69
Reents-Budet (D.), Painting the Maya Universe: Royal Ceramics of the Classic Period, 1994, p. 37 fig. 2.2 pour le détail; p. 45 fig. 2.13b pour le détail du dessin, et p. 316, n° 4
Coe (M. D.) et Kerr (J.), The Art of the Maya Scribe, 1998, p. 107, n° 76
Kerr (J.), mayavase.com, n° K1185

Catalogue Note

Les vases mayas des VIe-IXsiècles de type codex narraient les faits importants de la mythologie maya et de la vie à la cour royale. Ils étaient peints avec élégance et précision par des artistes-scribes hautement qualifiés. Comme dans un tableau de maître, un dessin de Matisse ou un rouleau de calligraphie chinois, les vases de type codex révèlent une immédiateté, une puissance et une maitrise dans le tracé que seuls possèdent les grands artistes.

Le terme « type codex » fait référence au pigment brun foncé caractéristique, appliqué sur une surface d'un blanc crémeux pareil aux pages des codices ancestraux réalisés en papier d'amate (ficus petiolaris) et recouverts d'un fond neutre brun puis peints. Le soldat et chroniqueur Bernal del Castillo décrivit les écoles et les temples remplis de ces « nombreux livres de papier, pliés comme des vêtements castillans » (León-Portilla, Pre-Columbian Literatures of Mexico, 1969, p. 4).

L'artiste-scribe occupait une place distinctive et une position élevée au sein de la société maya. Ah ts’ib signifie « celui qui écrit » et s’applique indifféremment au calligraphe et au peintre. D'autres titres, tels que its’at, « celui qui a appris », ou encore Ahk'u hun, « gardien des livres saints », signifient que l'artiste était formé à la fois pour calligraphier mais également pour illustrer les glyphes (Coe et Kerr, Art of the Maya Scribe, 1998, p. 25). 

Le prêtre franciscain Bernardino de Sahagún arriva au Mexique en 1529. Pendant soixante ans, il vécut au Mexique et enregistra la langue et l'histoire des anciens Nahua, observant que « des hommes sages, vaillants et vertueux étaient portés en haute estime » (León-Portilla, op cit., p. 14). La volonté de Sahagún de connaitre « toutes les choses divines ou plutôt les idoles » conduisit à la création du document le plus important dédié aux coutumes préhispaniques, Historia General de las Cosas de Nueva Espana, également connu sous le nom de Codex de Florence. Il y décrit le processus de mémorisation de cette écriture composée de signes pictographiques et phonétiques, et y explique l'importance de la mémoire dans cet apprentissage. L'étudiant Nahua dit :

“Je chante les images du livre

Et les vois s'étaler.

Je suis un élégant oiseau

Car je fais parler les codices

Dans la maison des images »

(idem, p. 11).  

Au fil du temps, des milliers de codices conservés dans des bibliothèques et des palais furent brûlés ou détruits par des missionnaires espagnols zélés. Mais la mémoire de cette grande tradition maya du scribe-artiste-peintre a été préservée sur ces magnifiques vases illustrés, en particulier ceux de type codex.

Ce vase fait partie d'un important corpus de vases représentant deux aspects du scribe : le divin et le royal. Il est représenté sous les traits du jeune Dieu du maïs, d’un côté absorbé par la peinture d'un codex et de l’autre sculptant un masque. Le peintre du codex est assis de face sur un grand oreiller en peau de jaguar, sa tête tonsurée s'allongeant pour prendre une forme semblable à un épi de maïs. Il porte un encrier en forme de coquille de conque dans la main gauche et tient gracieusement un pinceau de la main droite. Il est paré d’un collier de perles ponctué d’un grand médaillon, une large manchette, une coiffe sertie de plumes recourbées et un long museau en saillie, variante de la coiffe du Dieu farceur arborée par les scribes. De l’autre côté, le jeune seigneur sculptant un masque porte un turban étoilé aux plumes droites, coiffe réservée aux artistes royaux. Les glyphes visibles nomment les personnages, les désignant probablement comme Hun Chuen et Hun Batz, les frères des jumeaux héroïques de l'épopée Maya, le Popul Vuh. Ce sont eux qui ressuscitèrent les jumeaux originels sacrifiés du monde des ténèbres Xibalba. Le vase est bordé par des frises de teinte orange vif.

Le jeune Dieu du maïs était probablement la plus importante et la plus puissante des divinités de la royauté maya. Il était le patron de l'art de l'écriture sacrée, considéré lui-même comme un scribe et comme le père des jumeaux héroïques. Coe et Kerr (Art of the Maya Scribe, 1998, p.107) interrogent la manière dont un processus matériel peut nous informer quant à la mythologie des Mayas. La préparation des écorces de ficus utilisées dans la fabrication des codices nécessitait de tremper et de bouillir les fibres végétales dans la même eau que celle utilisée pour cuisiner la bouillie de maïs, une technique ancestrale appelée nixtamalisation.

« Dans le monde conceptuel des Mayas, il devait y avoir une équivalence entre le pain de vie … et le papier sur lequel la connaissance s'écrivait » (idem.)

Maya vessels of the 6-9th c. of the codex style, relay important narratives of Maya mythology and royal life with the precise and elegant painting done by the highly trained scribe artists. Just as we experience images in an Old Master or Matisse drawing, or the fluid calligraphy of Chinese scrolls, the codex vases convey an immediacy, power, and confidence of line, with the utmost graphic simplicity that only a master artist can achieve.

The name ‘codex style’ refers to vases’ distinct deep brown pigment on a creamy ground, reminiscent of surviving screenfold books made from the beaten bark of the amate tree (wild fig, ficus petiolaris) which were covered in a burnished neutral background and painted.  Bernal del Castillo, a soldier and chronicler described the schools and temples filled with “the many books of paper folded like Castilian clothes.” (León-Portilla, Pre-Columbian Literatures of Mexico, 1969, p. 4).

The artist scribe held a specific title and high position within the Maya world. Ah ts’ib meaning “he of the writing” applied to both calligrapher and painter.  Other titles its’at,” the learned one”, ahk’u  hun, “keeper of the holy books”,imply the artist would be trained in both calligraphy of the hieroglyphic texts and the images to illustrate them (Coe and Kerr, Art of the Maya Scribe, 1998, p. 25). 

The Franciscan priest Bernardino de Sahagún arrived in Mexico in 1529, and during the sixty years he lived in Mexico he recorded the language and history of the Nahuatl elders, acknowledging the ‘learned, valiant and virtuous wise men were highly esteemed” (León-Portilla, op. cit. p. 14). Sahagún’s  dedication to know “all the divine or rather idolatrous things” ultimately led to the creation of the most important document on prehispanic customs, Historia General de las Cosas de Nueva Espana, also known as the Florentine Codex. He described the written record composed of pictographic images as well as a phonetic script, and that memorizing was an important tool for learning. The Nahuatl student says;

“I sing the pictures of the book

And see them spread out.

I am an elegant bird

For I make the codices speak

Within the house of pictures.

(ibid, p. 11).  

Ultimately thousands of the codex books housed in libraries and royal residences were burned or destroyed by zealous Spanish missionaries.  The legacy of the great tradition of the Maya scribe/ artist/ painter is preserved on the magnificent pictorial vases, particularly in the artistry of the codex style.

This vase is one of an important group of vessels depicting two images of the divine and regal scribe. He is performing as the Young Maize god, intently painting a codex on one side of the vase and carving a mask on the other.  As the codex painter, he sits frontally supported by a large jaguar-skin pillow, with his tonsured elongated head forming a shape of the slender maize ear, holding a conch shell inkpot in the left hand and gracefully holding a brush in the right hand. He wears a bead necklace with large medallion, wide cuff, headdress with plumes arching to the back and with a long projecting snout in front, known as a variant of the Jester God headdress for scribes. The young lord carving a mask on the other side wears a spangled turban with stiff plumes, another headdress donned by royal artists. The glyphs in the field name the characters, possibly referring to them as Hun Chuen and Hun Batz, the brothers of the Hero Twins from the epic Maya story the Popul Vuh.  It is the Hero Twins who resurrect the sacrificed original twin brothers from the Underworld Xibalba.  The vase is decorated with framing bands around the top and bottom in deep orange. 

The Young Maize God was perhaps the most prominent and important of deities to the royal Maya. He was the patron of the sacred art of writing; he was considered a scribe himself and the father of the Hero Twins. Coe and Kerr (Art of the Maya Scribe, 1998, p. 107) note an interesting element of how a material process informed the mythology for the Maya. The preparation of the inner bark of the wild fig tree (Ficus) for codices involved soaking and boiling the fibers in the same water that was used for cooking maize kernels to create their staple gruel, referred to as a nixtamalization process.

“In the conceptual world of the Maya, there must have been an equivalence between the staff of life…and the paper on which knowledge was recorded.” (ibid).  

Le Soleil de Nuit : Trésors Précolombiens d'une Grande Collection Française

|
Paris