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Perforateur en jade
Culture Olmèque
Préclassique moyen, 900 - 600 AV. J.-C.
OLMEC JADE PERFORATOR
Estimate
200,000300,000
LOT SOLD. 187,500 EUR
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Perforateur en jade
Culture Olmèque
Préclassique moyen, 900 - 600 AV. J.-C.
OLMEC JADE PERFORATOR
Estimate
200,000300,000
LOT SOLD. 187,500 EUR
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Details & Cataloguing

Le Soleil de Nuit : Trésors Précolombiens d'une Grande Collection Française

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Paris

Perforateur en jade
Culture Olmèque
Préclassique moyen, 900 - 600 AV. J.-C.
OLMEC JADE PERFORATOR

Provenance

Edward H. Merrin Gallery, New York
Collection privée, Paris, acquis ca. 1980 
Sotheby's, New York, 17 mai 2007, n° 179
Importante Collection privée française

Literature

Berjonneau (G.), Sonnery (J.-L.) et Deletaille (E.), Chefs-d'œuvre inédits de l'art précolombien1985, p. 36, n° 8
Taube (K. A.), Olmec Art at Dumbarton Oaks, 2004, p. 90, n° 41a, dessin

Catalogue Note

Cette puissante représentation de l’homme-jaguar constituait la poignée d’un perforateur sacré, autrefois sertie d’une longue lame conique. L’homme-jaguar émergeant d’un épi de maïs fendu symbolise, dans une dynamique d’élan vertical, une posture de croissance éternelle. La sculpture invite ainsi le spectateur à anticiper et à être témoin de l’émergence ultime de la divinité. Sa forme diminutive éloquente témoigne de son importance rituelle et de la magistrale dimension expressive et narrative de l'art olmèque. Il s’agit de la plus ancienne représentation de l’infant homme-jaguar, incarnation du Dieu du maïs, l’une des divinités les plus puissantes et impérieuses peuplant la mythologie de l’ancienne Mésoamérique.

Brillamment ouvragé, ce perforateur s’inscrit dans l’infime corpus de quatre témoins répertoriés de l’infant homme-jaguar émergeant de l'épi fendu. Le corps doux et charnu contraste magistralement avec la dureté impénétrable du jade.

Les hommes-jaguars étaient omniprésents dans la mythologie et l'iconographie olmèques. Le jaguar était vénéré comme la créature la plus puissante du monde animal ; considéré comme le seigneur de la nuit, il fut finalement associé à la puissance politique, au pouvoir physique et divin. Dans certaines sculptures, les figures mi-humaines, mi-félines illustrent graphiquement la transformation chamanique de l'homme en animal, tandis que d’autres représentent des êtres humains portant des masques de jaguar. Chacune de ces formes traduit la puissance et le pouvoir de l'état transitoire. Ici, l’homme-jaguar se distingue par l'emblème surnaturel des lignes verticales scindant l'œil – iconographie qui le relie au dieu à l'œil bandé, l'une des principales divinités représentées sur la célèbre statue du Seigneur de Las Limas (Musée d’anthropologie de Veracruz, Xalapa). Il est exceptionnel que le dieu à l’œil bandé soit représenté sous les traits d’une figure en pied, comme ici (Joralemon in Benson et De La Fuente, Olmec Art of Ancient Mexico, 1996, p. 56).

Pour les Olmèques, la dynamique perpétuelle entre les mondes terrestre et surnaturel constituait l'équilibre crucial du pouvoir exercé par les dirigeants et les chamans.

La saignée, offrande d'un fluide vital sacré, était l'un des actes rituels les plus importants pratiqué à l’époque olmèque. Il se perpétua, de manière hautement cérémonielle, pendant toute la période maya. Cet acte de pénitence et de purification était aussi considéré comme l’offrande à la terre d’une nourriture métaphorique destinée à assurer des cultures fertiles. Les artéfacts utilisés pour la saignée étaient réalisés dans des éléments naturels tels que des aiguillons de raie, des pointes de cactus ou encore des dents de requin. Leur typologie fut étudiée lors de missions scientifiques sur le site de La Venta, au cœur du territoire olmèque, et dans d’autres régions du pays olmèque.

“[La] création d'objets dotés d’un pouvoir magique, ouvragés dans des matériaux précieux et exotiques et utilisés lors de performances rituelles donnaient une forme visible aux pouvoirs chamaniques des dirigeants olmèques, agissant comme validation de leur revendication de pouvoir.” (Coe et al., Olmec World, 1995, p. 163).

Pour les trois autres perforateurs ornés d’une représentation de l’homme-jaguar, voir idem, pl. 76; Berjonneau, Deletaille et Sonnery, Chefs-d'œuvre inédits de l'art précolombien, 1985, fig. 5; et un exemplaire non reproduit conservé dans une collection privée américaine, cité par Joralemon dans Le Fort, Masters of Americas, Janssen Collection, 2005, p. 26. Joralemon souligne que le concept olmèque d'un être surnaturel émergeant d'une plante fut adopté comme forme sculpturale dans les figures Jaina des Mayas.

Pour un manche de perforateur en jade apparenté dans la collection de Dora et Paul Janssen, voir Le Fort, op. cit., p. 27.

"La culture olmèque a cristallisé avec cohérence et puissance les principes fondamentaux qui imprègnent la pensée mésoaméricaine " (Magaloni in Berrin et Fields, Olmec Colossal Masterworks, 2010, p. 10).

The powerful figure of the supernatural were-jaguar is the handle to a sacred perforator once with a long tapered shaft. The fully sculpted figure emerging from the cleft maize ear is in a dynamic position:  the sculpture engages and holds our anticipation of witnessing the final appearance of the full deity. The perforator handle conveys the intensely expressive and narrative ability of Olmec art in a small ritualized object.  This is the earliest graphic depiction of the were-jaguar infant representing the Maize God, one of the most omnipotent and dominant deities to pervade ancient Mesoamerica mythology.  

This finely carved perforator is one of only four examples of the infant were-jaguar emerging from the cleaved stalk of the plant. The were-jaguar’s soft fleshy body is masterfully juxtaposed to the impenetrable hardness of the jade.

Were-jaguars were the most prevalent creature of Olmec mythology and iconography. The jaguar was revered as the most powerful creature of the animal world; it was the lord of the night and ultimately associated with political might and physical and divine power. In some depictions, the half-human, half feline figures graphically show the shamanic transformation of man into an animal, in other sculptures they are humans wearing jaguar masks. But in all forms, they convey the potency and power of the transitory state. This were-jaguar is distinguished by the supernatural insignia of vertical lines bisecting the eye, and thus it is connected to the banded-eye god, one of the principal deities incised on the Las Limas seated figure, a virtual Rosetta stone of the Olmec pantheon of deities. Interestingly, the banded-eye god is never shown as a full figure, as rendered here (Joralemon in Benson and De La Fuente, Olmec Art of Ancient Mexico, 1996, p. 56).

For the Olmec, the continual dynamic between the natural and supernatural world was the crucial balance of power that was maintained by the rulers and shaman. Bloodletting, the offering of vital sacred fluid, was one of the most important acts that were practiced from Olmec times and continued in elaborate ceremonies through the Maya period. It was an act of penitence and purification, but also a metaphoric nourishing of the earth to help ensure fertile crops.

Bloodletters were made from natural objects such as stingray spines, cactus points, and sharks teeth. Blood letters of various types have been scientifically excavated at La Venta in the Olmec heartland area and other areas of the Olmec region.


“[The]…creation of magically empowered objects of precious and exotic materials animated in ritual performance gave visible form to the shamanic powers of Olmec rulers as a validation to their claim of rulership.” (Coe et al., Olmec World, 1995, p. 163).

For the three other perforators with were-jaguar figures, see (ibid: pl. 76);  Berjonneau, Deletaille and Sonnery, Rediscovered Masterpieces, 1985, p. 36, fig. 5; and an unpublished example in an American private collection as cited by Joralemon in Le Fort, ed. Masters of the Americas, Dora and Paul Janssen Collection, 2005, p. 26).  Joralemon also notes that the Olmec concept of a supernatural being issuing from a plant became a sculptural form in the ceramic Jaina figures for the Maya.

For a related jade perforator handle, see the jade perforator in the Dora and Paul Janssen Collection, Le Fort, ed. op. cit., p. 27. 

"Olmec culture coherently and powerfully crystallized fundamental principles that pervade Mesoamerican thought." (Magaloni, in Berrin and Fields, Olmec Colossal Masterworks, 2010, p. 10).

Le Soleil de Nuit : Trésors Précolombiens d'une Grande Collection Française

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