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Henri IV
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À MAXIMILIEN DE BÉTHUNE, MARQUIS DE ROSNY, DUC DE SULLY. FONTAINEBLEAU 2 AVRIL [1605].
Estimate
5,0007,000
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Henri IV
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À MAXIMILIEN DE BÉTHUNE, MARQUIS DE ROSNY, DUC DE SULLY. FONTAINEBLEAU 2 AVRIL [1605].
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Livres et Manuscrits

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Paris

Henri IV
LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À MAXIMILIEN DE BÉTHUNE, MARQUIS DE ROSNY, DUC DE SULLY. FONTAINEBLEAU 2 AVRIL [1605].
2 p. 1/2 in-4 (252 x 176 mm) sur un bifeuillet de papier vergé filigrané. Adresse autographe "A Mon cousyn le marquys de Rosny". Signée "Henry". Pli central renforcé par un onglet, minimes taches brunes.*

Belle lettre à Sully, relative à une affaire concernant la religion.

Le roi, ayant reçu la lettre de Sully et pris connaissance de celle que le chancelier de Sillery a écrite au marquis de Villeroy, souhaite donc s’entretenir avec eux "acause de la consequance que vous & le dyt Sr. de Syllery navès pas byen jugée, come je vous feray confesser lors que vous cerès ycy".

Il demande à Sully de le rejoindre dès le lundi suivant avec Sillery, avant Pâques, afin qu’il puisse ensuite se consacrer tout entier à son jeûne et à ses dévotions : "je vous renvoyeray mercredy ou jeudy j'ay cella sur le cœur & ne pourroys songer à mes devosyons que je ne vous aye veu & avysé la-dessus, d'autant que ie say myeus que vous ou cella va et quelle consequance cella tyre apres soy et de le remetre apres pasques, ie ne le puys, car yncontinent apres je veus commencer une dyete, durant laquelle je ne veus avoyr la teste rompue de quelque afere que ce soyt […] je vous renvoyeray mercredy ou jeudy ; car dans deus jours jauray prins une resolutyon avec vous & le dy Sr. de Syllery sur cet afere & les autres dont vous mescryvès".

Il lui demande de venir également accompagné d’Errard [l’ingénieur et mathématicien Jean Errard] et d’apporter les lettres que lui a adressées l’évêque de Poitiers [Geoffroy de Saint-Belin] ainsi que les réponses que Sully lui a faites afin de pouvoir vérifier la véracité de ce qu’on lui a dit à ce propos.

S’exprimant à demi-mots, Henri IV semble évoquer dans cette lettre les troubles causés par Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, réfugié auprès des princes allemands après avoir été mêlé au complot fomenté par le maréchal de Gontaut-Biron, exécuté pour trahison en 1602. 

"Mon amy,
J'ay veu la lettre que vous mavès escryte du dernyer de mars, laquelle je garde pour vous la rendre moy-mesme, ny ayant que moy seul quy layt lue.
Jay veu aussy celle que Mr de Sillery a escrypte à Mr de Vylleroy, touchant ce que vous avés conféré ensemble de ceux de la Religion. C'est pourquoy ny ayant ryen sy ymportant que cella, ny que jafectyonne davantage, acause de la consequance que vous & le dyt Sr. de Syllery navès pas byen jugée, comme je vous feray confesser lors que vous cerès ycy. Je vous prye de partyr lundy matyn ansemble an carrosse, an envoyant un des relays devant, pour vous randre ycy lyndy; car j'ay cella sur le cœur & ne pourrays songer à mes devosyons que je ne vous aye veu & avysé la-dessus, d'autant que ie say myeus que vous ou cella va, et quelle consequance cella tyre apres soy; et de le remetre apres pasques, ie ne le puys, car yncontinent apres je veux commencer une dyette, durant laquelle je ne veux avoir la teste rompue de quelque afaire que ce soyt. C'est pourquoy je vous prye encor un coup de vous rendre ycy tous deux lundy au soyr, et je vous renvoyeray mercredy ou jeudy ; car dans ces deux jours jauray pris une resolutyon avec vous & le dy Sr. de Syllery sur cet afere & les autres dont vous mescryvès ; & ayme mieux vous bayller quatre ou cynq jours après pasques pour demeurer chez vous. Amenès avec vous Errard, et aportés les lettres que vous avés monstrées à Mr de Sillery de levesque de Poytyers à vous, & les copyes de celles quyl vous à renvoyées de vous à luy, afyn que je veryfye estre faus ce que lon ma cy devant dyt que vous luy avyés escrypt.
Du reste de mes aferes, je vous parleray lors que vous cerès ycy. Cest ma volonté que Lyas et Tajal soyent renvoyès à bordeaux, & pensoys vous l'avoyr escrypt. Cest pourquoy ie vous prye, puys quyl y à comodyté de les y fere conduire seulement, de ne la perdre.
A Dieu, mon amy. Ce samedy 2 avril, à Fontainebleau".

Référence : Recueil des lettres missives de Henri IV, volume 6, 1883, p.389.


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