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Zola, Émile
CHRONIQUE HEBDOMADAIRE. CONFIDENCES D’UNE CURIEUSE VI. MANUSCRIT AUTOGRAPHE. [VERS LE 30 AVRIL 1865].
Estimate
5,0007,000
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Zola, Émile
CHRONIQUE HEBDOMADAIRE. CONFIDENCES D’UNE CURIEUSE VI. MANUSCRIT AUTOGRAPHE. [VERS LE 30 AVRIL 1865].
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Livres et Manuscrits

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Paris

Zola, Émile
CHRONIQUE HEBDOMADAIRE. CONFIDENCES D’UNE CURIEUSE VI. MANUSCRIT AUTOGRAPHE. [VERS LE 30 AVRIL 1865].
7 p. ½ petit in-4 (185 x 230 mm), à l'encre noire avec ratures et corrections.

ZOLA JOURNALISTE ASSURE ICI LA PROMOTION DE ZOLA ÉCRIVAIN en vantant ses Contes à Ninon parus en novembre 1864.

Dans ces Confidences d’une curieuse, la narratrice avoue qu’il y a peu de nouvelles à raconter : "J’ai eu beau écouter aux portes, je n’ai rien entendu […] La terre jouit d’une déplorable tranquillité. Pas le plus petit meurtre, pas le plus mince événement comique ou tragique ".
Elle s’adresse donc au "monde des oiseaux et des insectes". Elle quitte la ville pour la campagne et vante avec poésie les bois de la banlieue parisienne par une matinée d’avril "la campagne est comme une blanche épousée". Mais elle se doit de parler des hommes et s’en retourne donc à la ville. Notre curieuse se moque de la ville qui danse, sue, baille, court d’une pièce à l’autre de Macbeth à L’Africaine, "de Verdi à Meyerber". Et "Demain, Paris aura une autre occupation, le Salon de 1865 […] Artistes, critiques et bourgeois forment une foule très curieuse a observé [sic]." La narratrice conseille à ses lecteurs de contempler le public et non les toiles.

Elle préfère parler de ses lectures plutôt que  de  peinture (p. 6) : "Moi, je lis puisque je ne puis parler […] Je lis les Contes à Ninon. Connaissez-vous ce livre charmant que la librairie internationale a mis en vente il y a quelques mois, et dont toute la presse s’est occupée. Je ne sais rien de plus attachant, que ces récits d’un poète, dédiés à la blanche vision du jeune âge, à cette maîtresse idéale de tout garçon de seize ans. M. Émile Zola, l’auteur de ces contes, est sans doute une âme tendre et aimante. Il a la fièvre d’amour, et toutes les femmes aimeront son livre pour les sanglots et les sourires passionnés qu’il contient. Je désire populariser les Contes à Ninon parmi mes sœurs, vierges folles et vierges sages. Elles y trouveront un cœur et une intelligence. Je dois déclarer qu’en fermant le volume je n’ai qu’un seul désir, aimer en pleine nature, en pleine beauté […] [Les Contes à Ninon] contiennent des discours incendiaires, surtout une certaine proclamation royale que je recommande (p. 211-219). Nous sommes en pleine politique, s’il vous plait, et le fouet de la satire claque joyeusement. Vous toutes, mes sœurs qui adorent le fruit défendu, lisez les Contes à Ninon de M. Émile Zola, qui ne sont un fruit permis que grace [sic] à un court sommeil de ces messieurs du colportage. Vous aimerez mieux ceux que vous aimez, et vous riez mieux ensuite de ceux que vous n’aimez pas."

Référence : publié dans Le Courrier du Monde du 19 mars 1865, ibid. -- Repris dans Zola journaliste, articles et chroniques, éd. A. Wrona, Garnier Flammarion, 2011, p. 63-67.


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