33
33
Daudet, Alphonse
LETTRES DE MON MOULIN. PARIS, J. HETZEL ET CIE, [1869].
Estimate
6,0008,000
LOT SOLD. 10,000 EUR
JUMP TO LOT
33
Daudet, Alphonse
LETTRES DE MON MOULIN. PARIS, J. HETZEL ET CIE, [1869].
Estimate
6,0008,000
LOT SOLD. 10,000 EUR
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

Livres et Manuscrits

|
Paris

Daudet, Alphonse
LETTRES DE MON MOULIN. PARIS, J. HETZEL ET CIE, [1869].
In-12 (177 x 117 mm). Maroquin janséniste bleu nuit, dos à 4 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées, couverture jaune conservée (Noulhac).
Premier mors légèrement frotté.

Exemplaire de Barbey d’Aurevilly.

Édition originale dont il n’a pas été tiré de grand papier.

Envoi autographe signé : "à Mr Barbey d’Aurevilly, son ami", sur le faux-titre.

Les deux écrivains se sont rencontrés à la suite de la critique bienveillante de Barbey sur Les Lettres de mon moulin dans Le Constitutionnel. Entre le virulent cotentinais et le doux provençal, naît une amitié à laquelle ils resteront fidèles leur vie durant, en dépit des cercles littéraires incompatibles auxquels ils appartiennent passionnément.

En 1876, à la parution de Jack dédié à Flaubert, Barbey rédige une critique où l'admiration se mêle au ressentiment contre l'allégeance de Daudet à Flaubert : "Je voudrais que le 'moi' de Daudet, son 'moi' sensible et réfléchi, tînt plus de place dans son œuvre actuelle. Lui qui (je m'en souviens) s'est moqué autrefois si joliment des Impassibles, ne peut pas sans inconséquence et perversion de sa nature, en devenir un. Il ne peut pas l'être comme cette forte mécanique de Flaubert, qui, en un roman, fait ce que Taine fait en histoire, c'est à dire montre l'objet et s'en va. [...] Alphonse Daudet est du très petit nombre d'écrivains qui ont à eux une manière qui ne ressemble à celle de personne, et c'est même la raison pour laquelle il échappe souvent à l'esprit de système et à des admirations dangereuses. C'est pour cela que ce talent charmant tremble si joliment dans le manche grossier du réalisme. C'est un conteur d'une grâce émue et légère, qu'aucun romancier contemporain n'a au même degré que lui [...]. Il a cet avantage des esprits infiniment poétiques, que la poésie suit, comme une lueur où qu'ils aillent et qui font tomber des ciels d'or sur la teigne des pouilleux, comme le faisait Murillo"..

Exemplaire enrichi de l’illustration destinée à l’édition de Lemerre, 1879, reliée en regard des pages correspondantes : portrait de l’auteur gravé par Martinez et suite des eaux-fortes de Félix Buhot.

Provenance : Paul Voûte (ex-libris).

[On joint :]
Daudet, Alphonse : — Carte autographe à Paul Hervieu : "Un de ces jours que vous serez libre, mon Paul Hervieu, venez m’embrasser. Si vous saviez comme j’étais malheureux ce matin de n’être pas près de vous et de votre grande peine. Le vieux d’Aurevilly me disait : ‘Le talent, c’est des tas de coups de couteau dans le cœur’ Cher Paul !". Carte de visite à son nom et adresse rue de Bellechasse, non datée ; à en juger par l’écriture difficile, il peut s’agir d’une carte tardive, mais bien de la main de l’auteur et non de celle de son secrétaire. — Lettre autographe signée à son ami Tim dans laquelle il évoque la parution imminente des Lettres de mon moulin (3 p. in-16). "Votre lettre de Montmirail nous a fait une grande joie, mon cher Tim. Il y respire une bonne et cordiale amitié, qui pourra nous occasionner des dérangements cet hiver ; mais en revanche nous retrouverons quelques uns de nos bons acagnardissements d’autrefois. Les pins de Montauban doivent être si jolis !
Mon frère va aller passer quelques jours à St Laurent et plus heureux que moi il aura la chance de vous voir. Cela me tentait bien un peu, ainsi que Julia ; mais… mais… toutes sortes de raisons m’ont fait craindre ce séjour à tas, et si charmante et si Ambroysienne que soit notre Octavie nous avons cru devoir y renoncer.
La rosette de Louis ne sera pas pour cette année. Je viens de lui écrire le résultat de mes démarches. Il est porté mais c’est tout. Remerciez – je vous prie – notre notaire qui m’a envoyé un grimoire dont je vais faire la préface de mes Lettres du Moulin qui vont enfin paraître. Ai-je besoin de vs dire que le Ier exemplaire sera pour vous ?
Et maintenant, cher ami, un mot, mais sérieux. – Nous habitons entre la Seine et la forêt de Sénart une petite maisonnette où il y a deux chambres en trop. A une ½ heure de là, mon beau-père a sa chasse en pleine forêt de Sénart : lièvres, perdrix, faisans, lapins, même chevreuils. Venez passer quelques jours avec nous – ne fût-ce que quinze, ne fût-ce que huit ! - Les jours où vous ne chasseriez pas, nous irions à Paris qui est à une ½ heure en chemin de fer. – Allons, ce n’est rien ; pas plus que d’aller à Marseille. C’est pour le coup que vous serez sûr de nous voir apparaître cet hiver !! L’ouverture sera vers le 5 7bre. Faut-il vous attendre.
Embrassez Madame Ambroy bien fort pour Julia et pour moi. Nous l’aimons comme un de ses quatre célibataires.
Alphonse Daudet
Champrosay par Draveil, Seine et Oise
".
Octavie Ambroy était l’épouse de Louis Daudet, cousin d’Alphonse qui eut l’occasion de séjourner à plusieurs reprises au domaine de Montauban, à Fontvieille, propriété de la famille Ambroy. Alphonse y passa notamment une partie de son voyage de noces pour faire découvrir la région à sa jeune épouse Julia. Octavie avait quatre frères, dont un devenu notaire, et Timoléon, viticulteur et futur maire de Fontvieille.

 


Read Condition Report Read Condition Report

Livres et Manuscrits

|
Paris