194
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Masque, Chokwe, Angola
CHOKWE MASK, ANGOLA
Estimate
200,000250,000
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Masque, Chokwe, Angola
CHOKWE MASK, ANGOLA
Estimate
200,000250,000
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Details & Cataloguing

Collection Marceau Rivière

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Paris

Masque, Chokwe, Angola
CHOKWE MASK, ANGOLA

Provenance

Collection Patrick Dierickx, Bruxelles
Merton D. Simpson (1928-2013), New York
Collection Marceau Rivière, Paris, acquis ca. 1980

Exhibited

Paris, Ecole Supérieure Internationale d’Art et de Gestion, Art Africain, 23 avril - 3 mai 1991
Le Mans, Carré Plantagenêt, musée d'archéologie et d'histoire, Masques d'Afrique, 12 mai - 29 août 2010

Literature

Arts d'Afrique Noire, Printemps 1990, n° 73, p. 46
Rivière et Lehuard, Art Africain, 1991, n° 64
Joubert et Rivière, Masques d’Afrique, 2010, p. 75 et 93, n° 69

Catalogue Note

Son nom - Pwo, « la femme » - suffit à signifier l’importance de ce masque en pays Chokwe. Intervenant durant l’initiation des jeunes garçons, il incarne le lien de la nouvelle classe d’âge avec une ancêtre, et plus largement les rapports fondamentaux « entre la communauté villageoise et la chefferie, les ancêtres et les esprits tutélaires » (Wastiau, Chokwe, 2006, p. 44-45). 

La beauté qu’il exalte symbolise le rôle primordial joué par les femmes au sein de la société matrilinéaire Chokwe, hérité du pouvoir temporel et spirituel autrefois détenu par les souveraines de l’ancien Ucokwe (pays d’origine). Sa facture le situe à l’époque de la grande « expansion » du peuple Chokwe, qui à partir du début du XIXe siècle s’étendit de l’Ucokwe (Angola) vers les actuels Congo et Zambie voisins. Cette période constitue, dans le domaine des masques, le siècle d’or des arts Chokwe. Selon Boris Wastiau, c'est à la lumière de ce contexte historique « qu'il convient d'approcher l'esthétique des masques anciens au visage féminin, pwo » (idem, p. 11), ici superbement illustrée. A la gravité qui l’imprègne, concentrant l'attention sur les yeux mi-clos, s’ajoutent les gages de beauté qui s’imposaient à l’époque : élégance des scarifications, dents limées en pointe et rehaussées de kaolin, coiffe en diadème retenant une chevelure en fibres végétales tressées et enduites d’ocre, enfin patine rouge brun, profonde, mettant en valeur la précision des traits et la sensibilité des modelés.  

C’est à la fin des années 1970 que le collectionneur et marchand Patrick Dierickx acquit, auprès d'anciennes familles portugaises, plusieurs chefs-d'œuvre de cet illustre corpus, dont en particulier le masque pwo de la collection Philippe Guimiot et Domitilla de Grunne (Sotheby’s, Paris, 17 juin 2009, n°53), et celui présenté lors de l’exposition Heroic Africans. Legendary Leaders, Iconic Sculptures, au Metropolitan Museum of Art (LaGamma, 2012, n° 198, p. 220).

Its name - Pwo, “the woman” - is enough to convey the significance of this mask in Chokwe country. As a part of the initiation of young boys, Pwo master embody the link between the new age group and a female ancestor, and more broadly the elemental relations between the village community and the chiefs, the ancestors and the guiding spirits.” (Wastiau, Chokwe, 2006, p. 44-45). 

The beauty it exalts symbolizes the fundamental role played by women in the matrilineal Chokwe society, inherited from the temporal and spiritual power once held by female rulers of the ancient Ucokwe (native country). Its figuration dates back to the time of the great "expansion" of the Chokwe people, who, from the beginning of the 19th century, migrated from the Ucokwe (Angola) to present-day Congo and neighbouring Zambia. This period constitutes, in terms of masks, the golden century of Chokwe arts. According to Boris Wastiau, it is in the light of this historical context “that the aesthetics of ancient female pwo masks should be approached” (ibid, p. 11). Formerly, the focus of attention on the half-closed eyes, underlie the canons of beauty that prevailed at the time: elegance of the scarifications, teeth filed to a point and highlighted in kaolin, diadem coiffure holding back hair made of plant fibres braided and coated in ochre, and finally a deep brownish-red patina, emphasizing the features’ precision and the sensitivity of the outlines.  

In the late 1970s collector and dealer Patrick Dierickx acquired several masterpieces from the same corpus, from old Portuguese families. The pwo mask from the Philippe Guimiot and Domitilla de Grunne collection (Sotheby's, Paris, 17 June 2009, No.53), and another shown during the exhibition Heroic Africans. Legendary Leaders, Iconic Sculptures, at the Metropolitan Museum of Art (LaGamma, 2012, No 198, p. 220).

Collection Marceau Rivière

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Paris