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HUGO-DROUET. POÈME AUTOGRAPHE, (QUATRAIN SUR P. IN-4) ET L.A.S. DE JULIETTE DROUET À LUI ADRESSÉE [1841] (4 P.).
Estimate
3,000 - 4,000 EUR
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Description
- Poème autographe et lettre autographe signée de Juliette à lui adressée.
Vision de Mlle J[uliette] à Melles F. 22 avril 1847. Quatrain autographe. Une page in-4 (240 x 190 mm), montée sur feuillet. "Un rossignol faisait visite à des chouettes,Si souvent qu’à la fin, notez ceci, poëtes,Les chouettes disaient : Le vilain animal ! Comme il est ennuyeux et comme il chante mal !" Poème repris dans Dernière gerbe (Œuvres complètes, Imprimerie nationale, t. XIV, p. 492), daté du 28 avril 1847. Provenance : Sacha Guitry. Drouet, Juliette. Lettre autographe signée à Victor Hugo. 19 novembre [1841]. 4 pages in-4 (270 x 210 mm).Lettre d'amour évoquant le cadeau que Victor Hugo vient de lui offrir : une boîte "à volets" (et non à "tiroirs" comme il a parfois été retranscrit à tort), promise pour le jour de l’an. Juliette clame son amour, cite un vers d’Hernani pour évoquer la longévité de ses sentiments et s’apprête à jouer son rôle de copiste, Hugo travaillant à l’achèvement du Rhin. "Je l'ai !!! Quel bonheur !!! et dire que depuis le matin qu'elle était là, rien ne m'a avertie, mon cœur n'a pas battu plus fort qu'à l'ordinaire, la terre n'a pas tremblé, le ciel n'a fait aucun prodige, enfin tout est resté à l'état bête et tranquille comme si de rien n'était et je l'avais ! et je la possédais dans ma chambre à moi, à mon nez et à ma barbe. […] La boîte à volets est ravissante mais ce qui l'est encore bien davantage c'est la manière dont tu me l'as donné. La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne, a dit je ne sais qui, mais c'est surtout quand c'est toi qui donnes que ce proverbe est vrai. Tu donnerais tous les trésors de l'univers que tu saurais y mettre une grâce mille fois plus précieuse que le cadeau. Quant à moi je suis folle de joie car je crois que tu m'aimes. A présent je peux bien te dire cela mais cette nuit j'ai pleuré sans pouvoir m'en empêcher en pensant combien tu étais plus jeune et plus beau que moi. […] Je sens bien que je mourrai bien vite le jour où tu ne m'aimeras plus et je sais bien que jamais femme ne t'aimera comme moi. Mais ce jour-là n'arrivera jamais je l'espère, n'est-ce pas mon amour ? Au cœur on n'a jamais de rides et tu ne regarderas mon visage qu'à travers mon amour, n'est-ce pas mon Victor bien-aimé ?" Elle se promet de nettoyer soigneusement la boîte demain : "Ce soir il est trop tard. Il faut que je copire, il faut que je dîne, et que je vous rende votre gribouillis d'hier dont vous m'aviez fait crédit. Aussi je remets la partie à demain, d'abord parce qu'il fera jour. Je la netoierai auprès de vous dans mon lit, petit tiroir par petit tiroir, ce sera charmant. Je vous aime, je vous aime Toto, je vous baise et je vous adore, Toto". Référence : L. Guimbaud, Victor Hugo et Juliette Drouet, d’après les lettres inédites et avec un choix de ces lettres, p. 380-381.