Lot 3
  • 3

ALEMBERT. LETTRE AUTOGRAPHE À MME DU DEFFAND. PARIS, 27 JANVIER 1753. 3 P. IN-4.

Estimate
2,500 - 3,500 EUR
Sold
2,500 EUR
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Description

  • Lettre autographe à Mme Du Deffand. Paris, 27 janvier 1753.
3 pages in-4 (217 x 168 mm), adresse autographe à la 4e page, cachet de cire rouge aux armes.Déchirure sur toute la largeur, restaurée. Minime manque de papier par bris de cachet touchant deux mots. Belle lettre à son amie, à propos de son Essai sur la société des gens de lettres et des grands qu'il vient de faire paraître. Il évoque certaines personnalités du temps, comme la Clairon, le peintre Quentin de La Tour, le critique et poète Jean-Baptiste Formont, la baronne de Staal, Michel-Louis Vernage médecin du roi, etc. "Votre approbation me flatte infiniment parce que je vous connois un goût très sur & très juste ; je n'ay pas attendu pour vous le dire que je fisse des livres et que vous les trouvassiés bons ; vous me rendez justice en ne trouvant dans mon ouvrage ni malice ny satire, tout le monde ici n'en pense pas de même ; on m'assure que les Bissy, Brancas, &c. &c. &c. &c. &c. &c. crient beaucoup contre moy, ils me feroient beaucoup d'honneur de ne pas plus penser à moi que je n'ay pensé a eux mais que m'importe, puisque vis à vis de moi même je n'ai rien à me reprocher ?". Il justifie son choix de ne pas avoir utilisé ni portraits ni maximes dans cet ouvrage : "cette forme n'auroit d'ailleurs convenu ny au ton que je voulois prendre dans cet ouvrage, ni a la liaison que je voulois mettre dans les idées". Il est encore question de sa traduction de Tacite, critiquée par les pédants, mais dont il est fort satisfait.Je viens d'avoir mes entrées à la Comedie francoise. C'est une galanterie que Mlle Cleron [sic, pour Clairon] m'a faite sur la lecture de mon livre : car je ne la connoissois que pour luy avoir parlé une fois dans sa loge. La Tour a voulu absolument faire mon portrait, et je serai au sallon de cette année avec la Chaussée, quil a peint aussy, et un des bouffons Italiens ; je serai la en gaye et triste compagnie. […] Je vis ces jours passés à l'opera, M. de La Croix qui me donna des nouvelles de votre santé, et avec qui je parlay beaucoup de vous. Il dit que vous vous couchez fort tard : ce n'est pas la le moyen de diner quand vous serez à Paris. Au surplus je crois que vous vous porterez bien quelque genre de vie que vous suiviés, pourvu que vous vous observiez sur le manger ; car, comme dit Vernage, il ne faut point trop manger. A propos quel compliment faut il vous faire sur la mort de madame la Duchesse du Maine ? Voila le moment d'imprimer les memoires de Made de Staal". Référence : édition numérique des Œuvres complètes, Série V, n° 53.06.  
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