Lot 242
  • 242

STENDHAL. L.A.S. SIGNÉE "ENRICO" À LA CANTATRICE GIUDITTA PASTA. 2 P., EN ITALIEN, ADRESSE AU VERSO.

Estimate
2,000 - 3,000 EUR
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Description

  • Stendhal, Henri Beyle dit
  • Lettre autographe signée à cantatrice Giuditta Pasta. [Londres, 1826.]
2 pages in-8 (200 x 127 mm), sur un bifeuillet, à l'adresse de Giuditta Pasta à Londres. Signée "Enrico". En italien. Lettre d'introduction pour un admirateur londonien, M. Southern (?). Il la prie de le recevoir comme l'un de ses bons amis, qui pourrait lui être utile, mais se demandant dans quelle langue ils s'entretiendront, car cet ami parle mal le français. Giuditta Pasta, née Negri (1797-1865), avait débuté à Milan en 1815 avant de s’imposer rapidement à Paris et Londres, triomphant notamment dans les rôles travestis comme Tancrède dans l’opéra du même nom de Rossini ou celui de Roméo dans Giulietta e Romeo de Zingarelli. Stendhal, comme beaucoup d’autres, fut séduit par son jeu dramatique, fréquentant assidûment le salon de la belle italienne, rue de Richelieu, allant même jusqu’à louer un appartement dans ce même hôtel des Lillois en 1822-1823, louant le talent et la personnalité de la cantatrice, aussi bien dans sa Vie de Rossini que dans les Souvenirs d’égotisme : "Elle a été, à mes yeux, sans vices, sans défauts, caractère simple, uni, juste, naturel et avec le plus grand talent tragique que j’aie jamais connu". Référence : M. Ferranti Giulini, Giuditta Pasta e i suoi tempi, Milan, 1935, p. 79-80. Amica preggiatissimaEcco il signor Southern mio amico intrinseco, amico il quale era sul punto di recarsi a Pariggi per veder Tancredi e Romeo. Abbiate la bontà di riceverlo spesso. Forse sara bastantemente felice per esservi utile in qualchecosa. E’ uomo svelto e conosce bene il proprio paese. Ma ohimè! In che lingua parlerete? Gia chè capi[s]ce bene ma parla raramente francese. E’ gran peccato, è uomo onestissimo e pieno d'entusiasmo per le Arti.Trattate lo, Carissima Giuditta, come un mio amico, e pensate qualche volta alla mia disperazione verso le undici e mezzo della sera.Salutatemi tutta la vostra Cara famiglia e credetemi sino alla morte e al di là tutto vostro Enrico. Traduction :"Précieuse amieVoici M. Southern, un de mes grands amis, qui était sur le point d’aller à Paris voir Tancrède et Roméo. Ayez la bonté de le recevoir souvent. Peut-être sera-t-il assez heureux pour vous être utile à quelque chose. C'est un homme alerte qui connaît bien son pays. Mais hélas! Quelle langue allez-vous parler? Car il comprend bien mais parle rarement le français. C'est un grand dommage car c'est un homme honnête et plein d'enthousiasme pour les arts.Traitez-le, ma chère Judith, comme un ami à moi, et pensez parfois à mon désespoir à onze heures et demie du soir.Saluez toute votre chère famille et croyez-moi jusqu'à la mort (et au-delà) de tout votre Henri"