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PROUST, MARCEL. L.A.S. À SON CHER BINCHNIBULS (REYNALDO HAHN). [21 AVRIL 1906]. 8 P. IN-8 (PAPIER DEUIL).
Estimate
5,000 - 8,000 EUR
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Description
- Marcel Proust
- Lettre autographe signée à [Reynaldo Hahn]. [21 avril 1906.]
8 pages in-8 (171 x 111 mm), sur deux bifeuillets. Papier de grand deuil filigrané. Signée "Genstil". Belle lettre à son "cher Binchnibuls", alors à Constantinople. Il réclame des nouvelles de la santé de son cher Reynaldo, qui se trouve alors à Constantinople : "c'est trop Moschant qu'écrivant lettereh si gentille ne disiez pas si toussez, si voix pas enrouée, si malaise, si fievreuh. […] Reynaldo, je n'ai jamais su où étaient les amygdales pas plus que je n'ai jamais su s'il fallait dire aeropage ou areopage et recepissé ou recipissé. Mais je veux savoir si grippeh de Moschant est guersie. La mienne l'est mon genstil et depuis que vous m'avez vu je n'ai jamais cessé d'aller très bouen et triste que soyez juste parti ce jour-là". Proust est suivi régulièrement par le Dr Bize qui lui prescrit mille médicaments et qu’il compare à un personnage de Molière dans L’Amour médecin : "mais l'heure de la consultation seule est venue. Celle de l'obéissance ne viendra que plus tard. Mais j'ai obéi à Reynaldo qui voulait que Desfonandrès fût auprès de moi en son absence. Il y est". Après une allusion aux prochaines élections législatives [qui verront le succès du parti socialiste unifié] : "Vos amis les révolutionnaires sont simplement abjects et votre ami Lewis [ou Lauris ?] lui-même est outré", il se dit content de savoir que son ami aime Constantinople, lui raconte avoir rêvé de lui et de Madeleine Lemaire, surnommée "la Veuve", évoque le chagrin qu’il ressent toujours après le décès de sa mère. Il se réjouit du succès que les concerts de Reynaldo Hahn ont remporté et parle de Marie, une domestique dont il a dû se séparer mais qui lui a écrit pour demander à être réembauchée. "Je pense tout le temps à vous dans lit et vous trouve tellement poney que je ris tout seul. Tendresses. Genstil". Référence : Correspondance, éd. Kolb, VI, n° 38.