Lot 50
  • 50

MARGUERITE GÉRARD | The Reading of the Gazette

Estimate
50,000 - 80,000 EUR
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Bidding Closed

Description

  • Marguerite Gérard
  • The Reading of the Gazette
  • Huile sur toile
  • 59 x 49 cm; 23 1/4  by 19 1/4  in.

Provenance

Collection de Gabriel Auguste Godefroy, contrôleur général de la Marine, Paris ;
Sa vente après décès, Paris, Me Bohain, 14 décembre 1813, lot 53 (acheté 354 francs par Bertinval) ;
Vente D. [rouillet] de B. [ertinval], baron de Brissole] Paris, Me Lacoste, 24 mars 1818, lot 84, (acheté 452 ou 460 francs par Tardieu ?) ;
Très certainement vente après décès « du cabinet de M. le Général Lesuire, baron de Bizy, ancien Maréchal-de-Camp », Paris, Me Bonnefons, 12 mars 1833, lot 1 (sans dimensions) ;
Très certainement vente Thomas Henry, Paris, Mes Moreau et Lacoste, 23 mai 1836, lot 108 « La Lecture au jardin » (acheté 380 francs par Smith) ;
Vente anonyme, Paris, Palais Galliera, 7 avril 1976, lot 21 ;
Collection privée, Paris.

Exhibited

Paris, Galerie Charpentier, Les Epoques, 1933, n°43.

Literature

J. Doin, « Marguerite Gérard (1761-1837) », Gazette des Beaux-Arts, 1912 (II), p. 442 ;
S. Wells-Robertson, Marguerite Gérard, Ph. D, New York University, 1978, p. 862, n°81 (repr.) ;
C. Blumenfeld, « Marguerite Gérard », Allgemeines Künstlerlexikon, Munich, 2006, vol. 52, p. 15 ;
C. Blumenfeld, Marguerite Gérard 1761-1837, Paris, 2018, p. 166, p. 169 (repr. coul.) et p. 231, n° 214 P.

Condition

A l'œil nu : Le tableau se présente dans un état de conservation satisfaisant. Il a fait l'objet d'un rentoilage un peu fort. Le châssis est ancien et rectangulaire. Certaines craquelures ont été rebouchées : en bas à gauche, dans la robe bleue, dans la partie inférieure de la table et dans la nappe. Il semble y avoir un point de pression situé en haut à gauche du bébé. A la lampe U.V. : Le tableau apparaît sous un vernis vert ancien. Dans les cheveux de la liseuse de droite, certaines reprises des contours sont visibles, ainsi que certaines autour de sa tête. On remarque des restaurations dans les fleurs en bas à gauche ainsi que dans une grande partie des craquelures de la partie basse du tableau. On remarque de nombreuses reprises dans le groupe de personnages à droite correspondant à des usures de la matière picturale. Vendu avec un cadre doré et sculpté (bon état de conservation).
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Catalogue Note

Cette deuxième scène de genre se passe en extérieur, dans un jardin luxuriant où l’on peut admirer de nombreuses variétés de fleurs. Sur un banc, deux jeunes demoiselles sont occupées à lire une gazette, identifiée dans le catalogue vente de 1836 comme le Journal de l’Empire (nom du Journal des débats entre juillet 1805 et avril 1814). A droite, deux autres femmes attablées s’occupent d’un enfant qui boit en guise de goûter ce qui semble être du lait. Ces dernières se protègent du soleil par des chapeaux, l’un noir et l’autre bleu.

Successivement intitulé La Lecture au jardin, La Lecture de la gazette et enfin La feuille publique, ce tableau reprend un thème mainte fois exploré par Marguerite Gérard qui s’inspire de Fragonard, lequel a souvent aimé peindre ou dessiner des personnages occupés à lire ou à feuilleter des albums parcheminés.

Gérard réalisa de nombreuses scènes de genre dans lesquelles elle met en scène la vie quotidienne et domestique. Insistant davantage sur les talents artistiques de ses modèles que sur leur rang social, l’artiste aimait également représenter des familles dans leur intimité. Notre tableau en est un bel exemple : Marguerite Gérard nous dépeint ici l’intimité d’une famille de la bourgeoisie au début du XIXe siècle dans un cadre empreint de simplicité.

Sally Wells-Robertson se base sur le style des vêtements pour le situer vers 1811[1]. Plus prudente, Carole Blumenfeld le date dans une période allant de 1810 à 1813.

Au-delà de leurs qualités esthétiques indéniables, les peintures de Marguerite Gérard sont un témoignage documentaire poignant de la vie bourgeoise de l’époque et rappellent, par des détails subtils, les maîtres du Siècle d’or néerlandais. Ses œuvres sont aussi marquées par une touche métallique davidienne. Longtemps associée à Fragonard, Marguerite Gérard est désormais reconnue comme portraitiste remarquable et peintre de genre à part entière.


Le tableau sera inclus dans le catalogue raisonné de l'oeuvre de l'artiste rédigé par Mme Carole Blumenfeld à paraître dans les prochains mois (voir Bibliographie).

[1] S. Wells-Robertson, Marguerite Gérard, Ph. D, New York University, 1978, p. 862, n° 81.

[2] Marguerite Gérard, La Lecture, huile sur toile, 62 x 51 cm, New York, vente Sotheby's, 26 mai 2005, lot 71