Lot 132
  • 132

EMILE FRIANT | Portrait of Jean-Louis Burtin

Estimate
800 - 1,200 EUR
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Bidding Closed

Description

  • Emile Friant
  • Portrait of Jean-Louis Burtin
  • Signé, daté et dédicacé en bas à gauche à mon ami / Louis Burtin / affectueusement E. Friant 1928
  • Pierre noire sur papier teinté
  • Overall dimension : 50,5 x 42,5 cm ; 19 7/8 by 16 3/4 in.

Condition

- the paper is too beige on the picture, it is rather grey-blue in reality; - one stain in the top lower side along the edge (visible in the catalogue); - several pin holes in the top and lower sides near the edges; - some stains; - the paper warps slightly vertically along the left edge; - good condition; - sold framed with a glass pane and thin black frame
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Catalogue Note

INTRODUCTION TO SECTION :

Né à Nyon en Suisse en 1878, Jean-Louis Burtin s’installa très jeune avec sa famille à Nancy, où il vécut jusqu’à son décès en 1940. Sculpteur, statuaire, décorateur et stucateur, il eut la chance de vivre à une époque d’intense activité artistique à Nancy et en Lorraine. Il réalisa un grand nombre de travaux (hôtels particuliers, grands magasins, restaurants, brasseries etc.) en collaboration avec les meilleurs architectes. Acteur culturel très dynamique, il fit partie de plusieurs associations et commissions artistiques. A partir de 1914 Burtin s’installa dans une vaste maison, ce qui lui permit de s’adonner à sa passion de collectionneur : Il allait constituer progressivement un ensemble important et cohérent reflétant la richesse artistique en Lorraine à l’époque, en acquérant les œuvres de peintres et sculpteurs lorrains, pour la plupart ses amis et collègues. Il était très proche d’Emile Friant dont il acheta un grand nombre de tableaux et dessins, notamment aux deux ventes de la collection Corbin à Paris en 1936. Sa collection comprenait aussi de magnifiques œuvres de Jacques Majorelle réalisées au Maroc, par exemple Tagadirt’n Bour (1926), Tinitine, Les Maïs (1921), Nus aux dates rouges (vers 1931-35), vendus chez Sotheby's Paris en novembre 2002 et 2004, de Victor Prouvé, Henri Royer, Charles de Meixmoron, Edmond Petitjean, Alfred Renaudin etc. Il affectionnait Jules Bastien-Lepage dont il posséda une toile importante la Petite Marchande de fleurs vendue chez Sotheby’s New York en mai 2015. Parmi les artistes non lorrains, il se passionna pour Félicien Rops dont il posséda une belle série de gravures, ou encore Henri le Sidaner. Ces deux artistes sont représentés dans la vente (voir les lots 153 et 159).

L’ensemble présenté ici a été conservé par les descendants de Burtin jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit d’une partie seulement de la collection, qui comportait plus de 300 tableaux, dessins et sculptures, ainsi que des centaines de gravures et une importante bibliothèque. Il reflète néanmoins parfaitement le goût et l’œil de ce grand collectionneur qui sut réunir un ensemble unique consacré aux artistes lorrains de la seconde moitié du XIXe siècle. Seuls les lots 155 et 157 n’ont pas fait partie de la collection Burtin : ils ont été acquis par son gendre.

END OF INTRO

Le tout jeune Friant suit des cours de dessin auprès de Théodore Devilly. Dès 16 ans, ayant obtenu une bourse, il part pour Paris et entre dans l'atelier d'Alexandre Cabanel, où il retrouve d'autres lorrains : Jules Bastien-Lepage, Aimé Morot et Victor Prouvé. De retour à Nancy, le maire, Volland, lui présente les frères Coquelin qui deviendront à la fois des amis, des protecteurs et des clients. Grâce à eux, Friant aura accès à une clientèle aisée. A partir de 1886, à l'âge de 23 ans, Friant entreprend plusieurs voyages mais il ne reste jamais longtemps loin de sa "chère Lorraine".
Emile Friant est à Nancy l’un des maitres du naturalisme, mouvement artistique qui s’épanouit en France et en Europe entre 1880 et 1900 environ. Le but de Friant est de reproduire la nature telle qu'elle est. Il se débarrasse des compromis et des canons académiques qui gênent la libre expression de sa pensée. Il s’applique à regarder la vie contemporaine à la ville ou à la campagne et à en peindre tous les aspects ; il met en scène des paysans, des ouvriers et des pauvres mais aussi ses amis et la classe moyenne, au travail, au repos, en société, parfois dans leurs pratiques religieuses. Il aime représenter les travailleurs et les humbles, pour qui il éprouve une sympathie évidente, mais on ne sent pas de critique ouverte de la société ni de révolte politique dans son œuvre. Après 1900 son art évolue, il multiplie les portraits, s’adonne à la gravure (voir le lot 139) et exécute plusieurs grandes décorations pour la ville de Nancy.

Friant a plusieurs fois représenté son ami Burtin. Un grand dessin daté 1925, plus abouti que le nôtre, est reproduit dans le catalogue de l’exposition Friant, le dernier naturaliste ? Nancy 2016 p. 83. Une grande toile montrant Burtin sculptant, datée 1931 est reproduite dans le catalogue de l’exposition Emile Friant, Nancy 1988, P. 79 n° 87.