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Mallarmé, Stéphane -- Poe, Edgar Allan
LE CORBEAU. THE RAVEN. POÈME. PARIS, RICHARD LESCLIDE, 1875.
Estimate
30,00040,000
LOT SOLD. 56,250 EUR
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Mallarmé, Stéphane -- Poe, Edgar Allan
LE CORBEAU. THE RAVEN. POÈME. PARIS, RICHARD LESCLIDE, 1875.
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Details & Cataloguing

Bibliothèque R. & B. L. VII, XIXe siècle (1840–1898). Éditions originales – Revues – Lettres et manuscrits autographes

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Paris

Mallarmé, Stéphane -- Poe, Edgar Allan
LE CORBEAU. THE RAVEN. POÈME. PARIS, RICHARD LESCLIDE, 1875.
In-folio, en feuilles, couverture de papier parcheminé illustré, sous emboîtage moderne de demi-maroquin noir à bande avec large rabats intérieurs.

Édition originale de la traduction de Mallarmé, avec les textes anglais et français juxtalinéaires.

Mallarmé vouait un culte à Edgar Allan Poe et entreprit au début des années 1860 plusieurs traductions de ses poèmes. Dans une lettre adressée à Verlaine, en 1885, il écrivit d’ailleurs avoir appris l’anglais simplement pour mieux lire Poe.

Traduire le poème The Raven, déjà connu du public français depuis 1853 grâce à la brillante traduction de Charles Baudelaire, revenait de surcroît à se mesurer à l’auteur des Fleurs du Mal : La double découverte de Poe et de Baudelaire est donc significative : tous deux sont, plus que des modèles, de véritables maîtres, et, en traduisant à son tour l’auteur américain, Mallarmé aura donc la satisfaction de « faire » à la fois du Poe et du Baudelaire (Pauline Galli, « De Poe à Mallarmé, de Mallarmé à Poe », in TTR : traduction, terminologie, rédaction, vol. 25, 2012, p.146).

Remarquable et célèbre illustration de Manet qui signe ici l’une de ses plus importantes contributions à l’art du livre.

Après avoir rencontré Manet vers 1873, probablement dans le salon parisien de Nina de Villard, Mallarmé le sollicita pour illustrer sa traduction du Corbeau. Le « peintre de la modernité », devenu l’un de ses plus fidèles complices, renoua ainsi avec l’illustration du livre un an après avoir réalisé pour Charles Cros celle de son poème Le Fleuve.

Pour Le Corbeau, second livre illustré par ses soins, Manet exécute six beaux dessins à l’encre autographique, dont quatre compositions au lavis à pleine page dans lesquelles il transpose les épisodes marquants du poème : l’amant inconsolable de Lénore réveillé de ses songeries par les coups mystérieux frappés aux abords de sa chambre ; le personnage, qui vient d’ouvrir sa fenêtre et d’en pousser le volet, en train de contempler avec saisissement l’entrée du Corbeau ; le colloque avec l’oiseau lugubre, perché au-dessus de la porte, sur le buste de Pallas, et proférant son glacial « Jamais plus » ; l’apparition, enfin, dans la chambre où la lampe la projette, de la grande ombre noire qui y règne désormais en maîtresse (cf. Étienne Moreau-Nélaton, Manet raconté par lui-même, 1926, t. II, pp. 26-27).

Deux vignettes montrent le corbeau : celle pour l’ex-libris le représente les ailes déployées ; l’autre, sur la couverture, est une impressionnante tête de l’oiseau, vu de profil. Utilisée pour illustrer l’affiche de librairie, cette gravure est assurément la plus emblématique de l’ouvrage et reste figée dans les esprits.

La publication du Corbeau proposée en premier lieu à Lemerre qui la refusa dans des termes restés célèbres (cf Chapon, Le Peintre et Le Livre), se réalisa difficilement : sur les 240 exemplaires

Exemplaire en feuilles, sur papier de Hollande, à l’état de parution. Il est justifié et signé par Mallarmé et Manet.

Quelques rousseurs. L'exemplaire a été relié en cartonnage recouvert de la couverture illustrée d'origine.


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Bibliothèque R. & B. L. VII, XIXe siècle (1840–1898). Éditions originales – Revues – Lettres et manuscrits autographes

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