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Mallarmé, Stéphane
SOLEILS MALSAINS. DEUX POÈMES AUTOGRAPHES, INTITULÉS RESPECTIVEMENT VERE NOVO… [RENOUVEAU] ET TRISTESSE D’ÉTÉ, [1862].
Estimate
20,00025,000
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Mallarmé, Stéphane
SOLEILS MALSAINS. DEUX POÈMES AUTOGRAPHES, INTITULÉS RESPECTIVEMENT VERE NOVO… [RENOUVEAU] ET TRISTESSE D’ÉTÉ, [1862].
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Details & Cataloguing

Bibliothèque R. & B. L. VII, XIXe siècle (1840–1898). Éditions originales – Revues – Lettres et manuscrits autographes

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Paris

Mallarmé, Stéphane
SOLEILS MALSAINS. DEUX POÈMES AUTOGRAPHES, INTITULÉS RESPECTIVEMENT VERE NOVO… [RENOUVEAU] ET TRISTESSE D’ÉTÉ, [1862].
3 pages in-8 (218 x 164 mm), encre bleue, avec corrections autographes à l’encre noire, sous chemise demi-maroquin noir moderne.

Très précieux manuscrit donnant un premier état de deux des plus célèbres poèmes de Mallarmé.

Ce manuscrit réunit deux sonnets écrits par Mallarmé lorsqu’il n’avait que 20 ans. Il les regroupe ici sous le titre général de Soleils Malsains, qui deviendra ensuite Soleils Mauvais avant de paraître séparément dans Le Parnasse contemporain, en mai et en juin 1866, et d’être repris dans les Poésies photolithographiées de 1887.

Citons le début du premier sonnet :

Le printemps maladif a chassé tristement
L’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide :
Et dans mon être auquel un sang morne préside
L’impuissance s’étire en un long bâillement...

Puis celui de l’admirable Tristesse d’Eté :

Le Soleil, sur la mousse où tu t’es endormie,
A chauffé comme un bain tes cheveux ténébreux,
Et, dans l’air sans oiseaux et sans brise ennemie,
S’évapore ton fard en parfums dangereux.

Par leur inspiration comme par leur facture, ces deux sonnets se complètent admirablement, le premier évoquant un Mallarmé découragé, en proie au « spleen » baudelairien, le second offrant une évocation pleine de sensualité, comme possible remède à ce « spleen ». Du premier, Mallarmé écrivait à Cazalis : C’est un grand poème en petit : les quatrains et les tercets me semblent des chants entiers.

Ce manuscrit est celui que Mallarmé envoya en 1864 à son ami le félibre Aubanel. Ch. Gordon Millan précise qu’il fut en réalité écrit « presque certainement en 1862 » et révisé par Mallarmé peu avant cet envoi, comme le montrent quelques ratures et corrections ultérieures, à l’encre noire.

Premier état de ces poèmes, avec de nombreuses et importantes variantes, surtout pour le second.

La Bibliothèque Doucet conserve un manuscrit identique réunissant ces deux poèmes, mais sous un titre général légèrement différent : Soleils Mauvais.

Les manuscrits mallarméens de cette importance sont rares.

Provenant de Théodore Aubanel, puis de la collection Henri Mondor.

Œuvres complètes : I, Poésies, éd. C.P. Barbier et Ch. G. Millan, 1983, p. 130 et p. 134 (manuscrits répertoriés p. 131, n° 76.2, et p. 135, n° 77.1). — Œuvres complètes, éd. B. Marchal, Pléiade, 1998, p. 119 et 124.


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Bibliothèque R. & B. L. VII, XIXe siècle (1840–1898). Éditions originales – Revues – Lettres et manuscrits autographes

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Paris