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Details & Cataloguing

Collection Elizabeth Pryce – L’art de vivre en Océanie

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Paris

Statue malangan, Nouvelle-Irlande, Archipel Bismarck, Papouasie-Nouvelle-Guinée
MALANGAN FIGURE, NEW IRELAND,  BISMARCK ARCHIPELAGO, PAPUA NEW GUINEA

Provenance

Collection Kok, Sydney
Collection Christopher et Anna Thorpe, Sydney
Collection Elizabeth Pryce, Sydney

Catalogue Note

La statuaire malangan est composée de sculptures très variées, utilisées dans un cadre rituel, principalement pour les cérémonies funéraires commémoratives qui se tenaient parfois des mois ou des années après la mort. Ces cérémonies étaient importantes sur le plan rituel, mais participaient également au maintien de relations sociales et du statut des participants ainsi qu’à la croissance économique.

Les figures malangan  avaient un lien profond avec les ancêtres défunts: elles ne représentaient pas seulement l'ancêtre, mais incarnaient l'esprit ou la « force de vie » de celui-ci. Après leur usage cérémoniel, les effigies étaient détruites ou désactivées rituellement, libérant ainsi l'esprit ancestral de ses contraintes matérielles et permettant d’en faire le commerce ou autorisant la décomposition naturelle de la sculpture. La production malangan était traditionnellement soumise à des lois strictes de propriété intellectuelle, et les droits acquis par les individus régissaient la conception formelle de la sculpture. Les sculpteurs eux-mêmes conservaient leurs droits moraux, leur permettant ainsi de recréer de nouvelles figures malgré la destruction de la sculpture d’origine.

Cette figure masculine adopte une posture classique: genoux ployés, debout sur un piédestal. Ses côtes sont saillantes et un pagne triangulaire se déploie jusqu'au sol;  les lobes d’oreille percés et distendus rappellent les pratiques traditionnelles malangan

Les sculptures verticales contenant une ou plusieurs figures étaient appelées totok ou marumarua en fonction de leur lieu d'origine, et bien qu’inspirées de la forme humaine, ces figures ne s’attachent pas à une représentation stricte de la réalité. Le représentation genrée se fait souvent par la figuration des organes génitaux, des seins, ou par l'utilisation d’un chapeau pointu de feuilles de pandanus que portaient les femmes, ou d'une coiffe en plumes reservée aux hommes. Cette figure se distingue par la feuille finement sculptée et colorée que le personnage maintient par les extrémités, au-dessus de sa tête. Ce couvre-chef est extrêmement rare dans les sculptures figuratives du nord de la Nouvelle-Irlande. Les yeux en opercule de turbo petholatus, caractéristiques de la sculpture malangan, associés aux traits marqués et au décor peint confèrent à la figure une prégnance ancestrale d’une grande puissance.

Il existe une figure féminine marumarua très apparentée de la collection du Musée Barbier-Mueller, publiée dans le livre de Michael Gunn, Ritual Arts of Oceania: New Ireland, fig. 32. Pour une figure avec des côtes saillantes, un pagne et un décor en plumes dans la collection du British Museum, voir Gunn, fig.100. Pour une autre sculpture totok à côtes saillantes, voir la statue du Musée Barbier Mueller, N° d’inventaire BMG 4344. Pour une statue du sud de la Nouvelle-Irlande portant un couvre-chef similaire, voir la fig. 530 dans Kaeppler, Kaufmann et Newton, ed. Art Oceanien, de l'Auckland Institute and Museum.

For English version, see sothebys.com

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