Lot 186
  • 186

Breton, André -- Philippe Soupault

Estimate
10,000 - 15,000 EUR
Sold
35,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Breton, André -- Philippe Soupault
  • Les Champs magnétiques. <em>Paris, Au Sans Pareil, 1920</em>.
In-8 (188 x 131 mm). Demi-chagrin vert, initiales "M.P." dorées en pied du dos, tête dorée, couverture et dos (R. Teulières).
Dos passé.

Premier livre surréaliste, premier exemple d’écriture automatique, avec envoi à Proust datant de l’époque où Breton relisait les épreuves de Guermantes.



Édition originale, avec mention fictive de deuxième édition.



Exemplaire ordinaire (au prix de 5 F), dans lequel ont été reliés les portraits-frontispice des auteurs par Picabia.



Envoi autographe signé d’André Breton à Marcel Proust, signé également par Soupault : "À Marcel Proust. La grande légende des voies ferrées et des réservoirs, la fatigue des bêtes de trait trouvent bien le cœur de certains hommes. André Breton. [Signé ensuite à l’encre violette :] Philippe Soupault 20 juin 1920" sur le premier feuillet blanc.
Cet envoi reprend les trois premières lignes du chapitre intitulé "Usine" figurant à la page 80 de cette édition.



Le 29 juin de la même année, Jacques Rivière écrit à Proust qu’André Breton "le Dada en Chef, qui est venu nous aider à corriger vos épreuves [Guermantes I], m’a déclaré pour vous une admiration intense, fondée justement sur les trésors poétiques qu’il a découverts dans vos œuvres" (Kolb, XIX, n° 156, p. 337). Le 2 septembre 1920, Proust écrit à Gallimard que son relecteur, dont il ne se rappelle pas le nom ("le charmant dada […] dont le nom m’échappe", Idem, XIX, n° 213, p. 438), a mal relu les épreuves, tout comme Rivière : "ils ne se sont pas aperçus que chaque fois que je parle des romans de Bergotte, on a imprimé les romans de Bergson" (Ibidem). La même année, Proust soutiendra néanmoins Breton, avec Gide et Valéry, pour le Prix Blumenthal de 12 000 F qu’il n’obtiendra malheureusement pas à cause de sa réputation dadaïste.



Quant à Soupault, dont la mère avait inspiré l'une des jeunes filles en fleurs, c’est à Cabourg qu’il le rencontre ; Soupault en garde un souvenir ému ainsi qu’en témoigne son "Marcel Proust à Cabourg" (Hommage à Marcel Proust, N.R.F., 1923, p. 66-68). En septembre 1920, Proust regrette de n’avoir pu voir Soupault alors qu’il se rendait chez le prince Bibesco, quai Bourbon. Proust lui aurait alors "fait demander de descendre" : "nous aurions causé dans la voiture devant votre merveilleux 'Grand Canal'. J’aurais pu commenter avec vous le verset de vos Champs et Chants magnétiques : 'Ce soir nous sommes deux devant ce fleuve qui déborde de notre désespoir' [Champs magnétiques, p. 12] [...] Je ne vous ai d’ailleurs parlé que de votre lettre, quand j’aurais tant aimé, vous et Monsieur Breton, vous louer pour vos Champs magnétiques. J’ai eu le grand plaisir de le voir une fois" (Kolb, XIX, n° 218, p. 445-446). Proust s’excuse enfin de ne pas les avoir remerciés quand il a reçu leur livre.



De Guermantes aux Champs magnétiques : d’une génération à une autre.



Expositions : Marcel Proust and His Time, n° 345 (envoi reproduit). -- L’Écriture et les Arts, n° 267 (envoi reproduit).



Référence : envoi répertorié par P. Wise ("Une bibliothèque amicale : les livres dédicacés à Marcel Proust", 2017).

Close