Lot 106
  • 106

Guitry, Sacha

Estimate
10,000 - 15,000 EUR
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Description

  • Guitry, Sacha
  • Ma défense. Manuscrit autographe signé. [Peu avant le 7 octobre 1944].
  • ink on paper
26 p. in-4, paginées de 1 à 15. Mine de plomb.

Important manuscrit : Guitry justifie sa conduite pendant l'Occupation et répond aux accusations de collaboration.



Plusieurs versions retravaillées du même texte, à travers lesquels on peut étudier l’évolution de sa défense.



Guitry écrit ces pages au camp de Drancy, avant de les remettre au commissaire Duez, qui y reconnaîtra des "arguments […] irréfutables", ainsi que le racontera Guitry dans Soixante jours de prison.



Arrêté chez lui le 23 août au matin par "six hommes armés jusqu'aux dents mais qui n’étaient pourvus d’aucun mandat", Guitry est passé par le dépôt, le Vel d’Hiv et Drancy où il est interné depuis six semaines. Il affirme être accusé par “la rumeur publique”, dont il récuse tour à tour les supposés chefs d’accusation. Il s’y défend notamment : “1° D'avoir été pro-allemand”, “2° D'être israélite”, “3° D'avoir reçu le maréchal Goering”, “4° D'avoir exposé au foyer du Théâtre de la Madeleine le buste d'Hitler”, en fait celui de son père, “5° D'avoir écrit un livre sur l'Allemagne”. Il utilise d’autres arguments contre l’accusation de collaboration : il a refusé de tourner pour la Continental, a subi l'occupation de plusieurs de ses maisons par les Allemands... “Collaborateur, c’est bien vite dit.” Guitry se demande si tous ceux qui ont continué à exercer leur profession sous l’Occupation sont ainsi accusés ; dans son cas, c’était au contraire une manière de résister à l'emprise étrangère. Il liste toutes les personnes que l’on pourrait interroger pour témoigner de ses interventions pour faire libérer des compatriotes tels que le fils de Georges Clemenceau, Mme Henri Matisse, le fils d'Huguette Duflos, le fils d'Albert Willemetz, Pierre Masse, etc.
Une version postérieure de ce manuscrit (datée 13 octobre 1944) fut l'un des manuscrits les plus disputés de la collection André Bernard (17-18 novembre 2011, lot 586).



[On joint :]
Guitry, Sacha. Ma défense. Tapuscrit avec de très nombreuses corrections, ajouts marginaux ou sur les versos des feuillets dactylographiés. 44 p. sur 26 feuillets in-4. Signature autographe. 7 octobre (post-scriptum daté du 20 octobre 1944, et ajouts manuscrits de mars 1945). Le post-scriptum révèle que sa pièce Le Dernier Troubadour avait été refusée par le Bureau de propagande et de censures allemandes, car elle "serait un véritable régal pour les Gaullistes". Il est libéré le 24 octobre 1944, soit quatre jours après la rédaction du post-scriptum. Guitry a abondamment corrigé cette version dactylographiée -- vraisemblablement par sa secrétaire à partir du précédent manuscrit -- avec des ajouts dans les marges et surtout au verso des feuillets. Importantes, ces corrections apportées donnent un nouveau tour à l’argumentation, tantôt nuancée, tantôt renforcée de la version manuscrite. Ainsi, la seconde accusation : “d’être israélite” devient l’accusation “d’être antisémite”, alors que justement certains le déclarent israélite. Les derniers ajouts manuscrits sont datés du 25 mars 1945, soit cinq mois après sa libération, qui espère un non-lieu. Ces corrections entraînent une troisième version du texte, connue et datée du 30 mars 1945.



Guitry, Sacha. Tapuscrit corrigé, sur sa défence. [1945]. 4 p. Guitry résume les événements de son arrestation, de son emprisonnement, et de sa relaxe, qui a donné lieu à de nouvelles dénonciations à son encontre. Il détaille une par une ces nouvelles dénonciations, qu’il critique en même temps que leurs auteurs.



[Anonyme]Liste de biens. Drancy, septembre 1944. Daté 18 novembre 1944. 1 p., mine de plomb. Il s’agit certainement de la liste des effets personnels du prisonnier à Drancy.



Provenance : Alain Decaux (voir lot 103). Certaines pochettes portent des titres de la main d’Alain Decaux.



Voir www.sothebys.com pour plus de détails sur ce manuscrit important.