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JAN VAN ORLEY | The Visitation
Estimate
4,000 - 6,000 EUR
Bidding Closed
Description
- Jan van Orley
- The Visitation
- Plume et encre brune, deux teintes de lavis gris, traces de pierre noire, encadré d'un trait à l'encre brune, sur papier bleu
- 263 x 328 mm
Provenance
Collection Thierry et Christine de Chirée, Avignon ;
Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Me Aguttes, 29-30 mars 2011, n°532, repr. (comme attribué à Antoine Rivalz) ;
Acquis à cette vente.
Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Me Aguttes, 29-30 mars 2011, n°532, repr. (comme attribué à Antoine Rivalz) ;
Acquis à cette vente.
Exhibited
Rennes, 2012, n°31 (notice par Stijn Alsteens)
Condition
Hinged to the mount at the top with Japan paper tabs. Further tabs attached on the other three sides, to facilitate handling. One or two very minor repaired holes and thin spots towards corners, but overall condition of sheet and medium very good and fresh. Sold unframed.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."
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Catalogue Note
De même que pour son célèbre ancêtre Bernard van Orley, la réputation de Jan van Orley repose principalement sur son activité de dessinateur de tapisseries, un art qui était encore très populaire au XVIIIe siècle1. Toutefois, alors que la tradition des tapisseries bruxelloises de la Renaissance dérivait de la production artistique et de l’héritage italien, en particulier de Raphaël, les tapisseries plus tardives étaient plus étroitement liées à la France. La technique graphique de Jan van Orley et son approche de la composition sont caractéristiques de son époque. Ainsi, étant donné la connaissance relativement limitée de ses dessins encore peu publiés, il n’est peut-être pas surprenant qu’ils aient parfois été attribués par erreur à des maîtres Français. C’est d’ailleurs le cas de cette feuille vendue en 2011 comme attribuée à Antoine Rivalz (voir lot 44), un artiste toulousain proche contemporain de Van Orley. Ce n’est que par la suite que le dessin de la collection Adrien a été reconnu comme un exemple significatif du style élégant de Van Orley.
Un dessin signé, aujourd’hui conservé à Düsseldorf et représentant le martyre d’un saint, constitue un précieux point de départ pour l’étude du style graphique de Van Orley ; il est dans son ensemble stylistiquement très proche du présent dessin, on y retrouve en particulier les mêmes traits à l’encre légèrement géométriques et les larges aplats de lavis2. La fonction originale de la feuille de la collection Adrien n’est pas tout à fait claire, mais la composition peut être rapprochée d’une gravure du même sujet (fig. 1) appartenant à une série de vingt-huit scènes de la Vie de Jésus-Christ, toutes dessinées par Van Orley, dont quatorze (y compris celle de la Visitation) furent gravées par l’artiste lui-même, tandis que les quatorze autres furent gravées par son jeune frère, Richard 3. Le dessin ne peut en aucun cas être considéré comme une étude directe pour la gravure qui est plus petite, de format vertical et non horizontal, dans le même sens avec de nombreux détails qui diffèrent. Néanmoins, l’idée générale de la représentation du sujet est suffisamment proche pour en conclure que le dessin ait pu être une première étude de la composition. La série de gravures semble du reste avoir considérablement évolué au fur et à mesure de sa création : certaines images sont horizontales tandis que d’autres sont verticales et la numérotation des planches suggère que la série devait à l’origine être composée de trente-deux gravures, alors que seules vingt-huit furent finalement réalisées.
L’emplacement et la pose des deux figures centrales sont particulièrement proches de la composition gravée : la rencontre est située au pied d’un escalier, en dessous d’une sorte de grande terrasse avec des colonnes s’élevant vers le haut de la composition et sous laquelle se trouve une arche ressemblant à un tunnel. Les deux scènes contiennent même un perroquet assez similaire dans la partie supérieure et un petit chien approchant les deux femmes debout. Il est intéressant de noter que la construction générale de la composition est inspirée du panneau de gauche du célèbre retable de Rubens, La Descente de Croix, peint pour la cathédrale d’Anvers en 1612-1614, que Van Orley connaissait probablement essentiellement à travers la gravure de Pieter de Jode II, elle-même basée sur une étude à l'huile que Rubens avait réalisée plus tard, vers 1632-1633.
Un dessin signé, aujourd’hui conservé à Düsseldorf et représentant le martyre d’un saint, constitue un précieux point de départ pour l’étude du style graphique de Van Orley ; il est dans son ensemble stylistiquement très proche du présent dessin, on y retrouve en particulier les mêmes traits à l’encre légèrement géométriques et les larges aplats de lavis2. La fonction originale de la feuille de la collection Adrien n’est pas tout à fait claire, mais la composition peut être rapprochée d’une gravure du même sujet (fig. 1) appartenant à une série de vingt-huit scènes de la Vie de Jésus-Christ, toutes dessinées par Van Orley, dont quatorze (y compris celle de la Visitation) furent gravées par l’artiste lui-même, tandis que les quatorze autres furent gravées par son jeune frère, Richard 3. Le dessin ne peut en aucun cas être considéré comme une étude directe pour la gravure qui est plus petite, de format vertical et non horizontal, dans le même sens avec de nombreux détails qui diffèrent. Néanmoins, l’idée générale de la représentation du sujet est suffisamment proche pour en conclure que le dessin ait pu être une première étude de la composition. La série de gravures semble du reste avoir considérablement évolué au fur et à mesure de sa création : certaines images sont horizontales tandis que d’autres sont verticales et la numérotation des planches suggère que la série devait à l’origine être composée de trente-deux gravures, alors que seules vingt-huit furent finalement réalisées.
L’emplacement et la pose des deux figures centrales sont particulièrement proches de la composition gravée : la rencontre est située au pied d’un escalier, en dessous d’une sorte de grande terrasse avec des colonnes s’élevant vers le haut de la composition et sous laquelle se trouve une arche ressemblant à un tunnel. Les deux scènes contiennent même un perroquet assez similaire dans la partie supérieure et un petit chien approchant les deux femmes debout. Il est intéressant de noter que la construction générale de la composition est inspirée du panneau de gauche du célèbre retable de Rubens, La Descente de Croix, peint pour la cathédrale d’Anvers en 1612-1614, que Van Orley connaissait probablement essentiellement à travers la gravure de Pieter de Jode II, elle-même basée sur une étude à l'huile que Rubens avait réalisée plus tard, vers 1632-1633.
1. Voir Tapestry in the Baroque. Threads of Splendour, cat., New York, Metropolitan Museum of Art, et Madrid, Palacio Real, 2007, pp. 449-50, 452, 466-70, 483-8
2. Düsseldorf, Museum Kunstpalast, inv. FP 4889; voir Niederländische Handzeichnungen, 1500-1800, aus dem Kunstmuseum Düsseldorf, cat., Düsseldorf, Städtische Kunsthalle, 1968, no. 85
3. F.W.H. Hollstein, et al., Dutch and Flemish etchings, engravings and woodcuts, 1400-1700, Amsterdam 1947-2007, vol. XIV, 1956, p. 191, nos. 3-30