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JOSEPH PARROCEL | The Triumph of David
Description
- Joseph Parrocel
- The Triumph of David
- Plume et encre brune, lavis brun et gris, rehauts de blanc ;
Porte une ancienne attribution illisible à l’encre brune, en bas à droite, et une inscription sur le montage, en bas au centre: tiré des portefeuilles de J. B. Descamps (de Rouen.) - 272 x 396 mm
Provenance
Collection Hocédé (mort en ou avant 1859), Rouen (L.2006) ;
Galerie Paul Prouté, Paris, 1985, n°29 : « comme Nicolas Bertin » ;
Acquis de cette galerie.
Exhibited
Sceaux, 2013 (sans catalogue)
Condition
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Catalogue Note
Le sujet représenté dans ce dessin est tiré du Premier Livre de Samuel (Chapitre 18, versets 6-9), où l’on découvre comment David, après avoir battu Goliath, rentre de la guerre et est accueilli en fanfare tandis qu’il brandit au bout d’un pic la tête de son adversaire déchu. Une foule en grande jubilation se déploie autour de lui, des femmes venant des toutes les villes d’Israël accueillent l’armée de retour aux portes de la ville, dansant et chantant joyeusement, et jouant du tambourin et de la lyre. Bien que la scène soit essentiellement une représentation de joie et de célébration, Parrocel a ingénieusement réussi à insuffler au roi Saül, placé juste derrière David, toute la peur que le roi a dû ressentir en suivant l’exploit guerrier de David. Les deux figures sont présentées dans la composition de Parrocel de manière opposée : tandis que David est au centre, baigné de lumière et de gloire, Saül est à peine visible, placé dans l’ombre juste derrière lui ; l’artiste avait conscience, en représentant ce sujet, de l’importance d’exprimer la tension qui existait entre ces deux personnages.
Si les représentations de Parrocel tirées de l’Ancien Testament sont effectivement rares, elles ne sont en aucun cas inconnues ; un autre très bel exemple est le dessin de Judith et Holopherne, provenant des remarquables collections de Pierre Crozat et de Dezallier d’Argenville et désormais conservé au musée du Louvre1. Par ailleurs, et ce malgré la rareté de ces œuvres, on peut mentionner l’existence d’une autre version de l’artiste, plus petite, montrant un Triomphe de David, apparu sur le marché de l’art parisien en 19982. Malgré les différences fondamentales entre ces deux feuilles, tant dans la composition que dans la technique, David représenté en pied et non à cheval, et un visible manque de rehauts de blanc, certains comparaisons intéressantes peuvent être faites. On peut notamment noter les similitudes entre les danseuses à droite de chacune des compositions, ainsi que cet emploi très particulier et libre du lavis dans les deux dessins.
Dans le catalogue de l’exposition de Rennes, une datation autour de 1700 a été proposée pour le dessin de la collection Adrien3. Même si à ce jour aucun lien entre cette feuille et une composition peinte n’a pu être établi, ce dessin relativement tardif intègre parfaitement les deux grandes fascinations artistiques de Parrocel : son intérêt pour l’armée, dépeinte ici dans toute sa force à gauche de la composition, et pour la beauté et la féminité, illustrées à droite par les superbes danseuses.
1. Paris, Musée du Louvre, inv. n°32248
2. Vente anonyme, Piasa, Paris, 14 décembre 1998, n°94
3. Cat. exp., Rennes, Op. cit., p.137