Lot 6
  • 6

PIER FRANCESCO MOLA | Study of a male head

Estimate
25,000 - 35,000 EUR
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Bidding Closed

Description

  • Pier Francesco Mola
  • Study of a male head
  • Pierre noire et pastel sur papier bleu
  • 350 x 233 mm

Provenance

Vente anonyme, Londres, Christie's, 26 novembre 1968, no99 ;
Londres, Hugh Squire ;
Sa vente, Catalogue of an interesting collection of Old Master Drawings formed by an eminent Connoisseur, Londres, Sotheby's, 28 juin 1979, no87 (sous Giacomo Cavedone) ;
Acquis à cette vente par Jacques Petithory (1929-1992) ;
Acquis par échange auprès de ce dernier en 1982.

Exhibited

Rennes, 2012, n°20 (notice par Catherine Loisel)

Condition

Laid down. To the left margin the are two very light brown water stains one at the bottom corner. There  are traces of very light staining at the top right corner . Three darker stains at the top of the head not very visible. Overall the media is strong, and the paper has retained is light blue color. Sold unframed.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
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Catalogue Note

Cette impressionnante feuille a été acquise par Monsieur Adrien auprès de Jacques Petithory, trois ans après que ce dernier l’ait achetée chez Sotheby’s en 1979 lors de la vente de la remarquable collection de Hugh Squire. Proposée en premier par Catherine Monbeig Goguel, l’attribution de ce dessin à Pier Francesco Mola a récemment été reconfirmée par Catherine Loisel1, qui, dans sa notice du catalogue de l’exposition de Rennes, souligne le « goût [de l’artiste] pour les études de têtes » et son talent pour ce genre d’études, exprimé dans une grande variété d’œuvres réalisées tout au long de sa carrière.

Catherine Loisel observe également qu’en général les dessins de ce type sont assez rares, bien que la tradition de ces études de têtes, réalisées aux craies et pastels de couleur, remonte à Federico Barocci (c. 1535-1612), voire même à des artistes lombards antérieurs. Barocci fut aussi l’un des premiers peintres italiens à utiliser la technique de l’huile pour des études de têtes réalisées sur papier, aussi bien comme études préparatoires à ses tableaux, mais probablement aussi pour la vente, comme des œuvres d’art à part entière. Plusieurs contemporains de Barocci, comme Annibale Carracci, produisirent des études similaires, généralement comme des exercices indépendants, mais c’est avec les artistes florentins et bolonais des générations suivantes que ces œuvres picturales sur papier, aux pastels et craies colorés ou à l’huile, eurent le plus grand succès.

Mola venait d’une famille d’artisans originaires du Tessin ; il était le fils de Giovanni Battista Mola (1585-1665), un architecte et stucateur qui partit pour Rome avec sa famille en 1616 pour occuper le poste d’architecte de la Chambre apostolique. On connait peu de choses sur les premières années de formation de Mola à Rome, si ce n’est qu’il fut l’apprenti de Prospero Orsi (1565/70-1635), un artiste originaire du Tessin, et aussi du Cavaliere d’Arpino (1568-1640), selon son biographe presque contemporain, Giovanni Battista Passeri2. Le style de Mola se caractérise principalement par son habilité à synthétiser les deux fortes traditions artistiques de Venise et de Bologne, ce qui est aisément visible dans la présente étude au pastel. Mola semble avoir voyagé de Rome au nord de l’Italie à au moins deux occasions, la première fois en 1634-1637, lorsqu’il est travailla à Venise, et plus tard en 1638 et 1647. Durant une partie de sa seconde absence de Rome, vers 1638-1640, il travailla à Bologne avec Francesco Albani (1578-1660), et l’influence de celui-ci, ajoutée à des éléments issus de la tradition carrachesque allant jusqu’au Guerchin, est clairement visible dans les dessins de Mola et ses tableaux.

L’emploi pictural de la pierre noire et des pastels, combinés au papier bleu clair, font fortement écho à des dessins de certains maîtres vénitiens, en particulier de Jacopo Bassano et de son atelier. Aux traits énergiques et déterminés à la pierre noire, Mola a incorporé avec talent des touches de pastel ocres et rouges pour créer du contraste. La tête est légèrement plus grande que nature et pourrait avoir été exécutée en préparation à un tableau. Catherine Loisel a fait remarquer que, bien que le dessin de la collection Adrien ne semble être en rapport avec aucune œuvre de l’artiste, il se rapproche cependant de la tête d’un homme vêtu à la mode de la Renaissance, portant un chapeau, dans une des lunettes peintes à fresques de la galerie di Palazzo Pamphili à Nettuno, près d’Anzio, fresque qui a été en grande partie détruite lors de la Seconde Guerre Mondiale (fig. 1). Il y a en effet une ressemblance physique frappante entre la figure peinte à fresque et le présent dessin. La fresque fut peinte par Mola lorsqu’il travaillait au service du prince Camillo Pamphili, vers 1651-1652, décorant un certain nombre de pièces dans le palais que le prince venait d’acheter à Nettuno.

Un autre pastel de Mola, une Tête de Bacchus conservée à Weimar3, montre des qualités stylistiques similaires, bien qu’un peu plus académique dans son exécution que la présente feuille qui est caractérisée par un emploi du medium particulièrement libre et vigoureux. Le pastel de Weimar fut néanmoins réalisé un peu plus tôt, vers 1647-1648, en préparation à une fresque de Bacchus et Ariane peinte dans le palais romain de Giovanni Battista Costaguti. D’autres études réalisées avec les mêmes techniques sont mentionnées dans la notice de catalogue de Catherine Loisel, en particulier le très beau et achevé Autoportrait maintenant aux Offices.

Nous remercions le professeur Richard Cocke d’avoir confirmé, d’après photographie, l’attribution de ce dessin à Pier Francesco Mola.

Pour un autre dessin de Mola dans la collection Adrien, datable de la même période, voir lot 22.

1. Bien que le dessin ait été décrit comme « attribué à Mola » dans le catalogue de l’exposition de Rennes, Catherine Loisel a confirmé qu’il s’agissait d’une erreur de publication, et qu’elle avait toujours été convaincue par l’attribution à Mola.

2. G.B. Passeri, Vite de' Pittori, Scultori ed Architetti dall'anno 1641 sino all'anno 1673,ed. J. Hess, Leipzig/Vienna 1934, p.36

3. Weimar, Graphische Sammlung, inv. n° KK 9778. See F. Petrucci, Pier Francesco Mola (1612-1666). Materia e colore nella pittura del ‘600, Rome 2012, p.429, repr. D6.4 Uffizi, Gabinetto Disegni e Stampe; repr. p.3

4. Offices, Gabinetto Disegni e Stampe; p.3 (repr.)