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BATTISTA FRANCO, DIT IL SEMOLEI | Mucius Scaevola putting his hand in the fire in front of Porsenna
Estimate
30,000 - 40,000 EUR
Bidding Closed
Description
- Battista Franco
- Mucius Scaevola putting his hand in the fire in front of Porsenna
- Plume et encre brune
- 278 x 350 mm
Provenance
Collection Pierre Jean Mariette (1694-1774), Paris (L. 2097), avec son montage avec le cartouche portant l’attribution : Hieronimus Carpensis;
Sa vente, Paris, 15 novembre 1775 - 30 janvier 1776, n° 338 du catalogue de François Basan : «Girolamo da Carpi », Deux Sujets en travers, faits à la plume, dont le Triomphe de Neptune, &c., 9 livres, 10 sols (avec n° 339 par Carpioni); Acquis par Charles Philippe Campion de Tersan (1736-1819), Paris;
Collection comte Moritz von Fries (1777-1826), Vienne (L. 2903), avec le n° 948 sur le montage;
Sir John Charles Robinson (1824-1913), Londres;
John Malcolm de Poltalloch (1805-1893), Londres : avec numéro imprimé 299 sur le montage ; légué à son beau-fils, The Honourable Alfred Erskine;
Gathorne Hardy (1845-1918), Londres (son ex-libris au verso, à l’encre brune : 28); légué à son fils, The Honourable Geoffrey Malcolm Gathorne-Hardy (1878-1972);
Légué à son cousin The Honourable Robert Gathorne-Hardy (1902-1973);
Sa vente, Londres, Sotheby’s, 24 novembre 1976, n°11, repr.;
Galerie Katrin Bellinger Kunsthandel, Munich 1992;
Fond Finacor, Paris;
Vente anonyme, New-York, Christie’s, 28 janvier 1999, n°34, repr.;
Acquis par W.M Brady;
W.M Brady & Co. Inc et Thomas Williams Fine Art Ltd., Old Master Drawings, New York 2000, no6 (notice par A. Varick Lauder);
Acquis en 2005.
Sa vente, Paris, 15 novembre 1775 - 30 janvier 1776, n° 338 du catalogue de François Basan : «Girolamo da Carpi », Deux Sujets en travers, faits à la plume, dont le Triomphe de Neptune, &c., 9 livres, 10 sols (avec n° 339 par Carpioni); Acquis par Charles Philippe Campion de Tersan (1736-1819), Paris;
Collection comte Moritz von Fries (1777-1826), Vienne (L. 2903), avec le n° 948 sur le montage;
Sir John Charles Robinson (1824-1913), Londres;
John Malcolm de Poltalloch (1805-1893), Londres : avec numéro imprimé 299 sur le montage ; légué à son beau-fils, The Honourable Alfred Erskine;
Gathorne Hardy (1845-1918), Londres (son ex-libris au verso, à l’encre brune : 28); légué à son fils, The Honourable Geoffrey Malcolm Gathorne-Hardy (1878-1972);
Légué à son cousin The Honourable Robert Gathorne-Hardy (1902-1973);
Sa vente, Londres, Sotheby’s, 24 novembre 1976, n°11, repr.;
Galerie Katrin Bellinger Kunsthandel, Munich 1992;
Fond Finacor, Paris;
Vente anonyme, New-York, Christie’s, 28 janvier 1999, n°34, repr.;
Acquis par W.M Brady;
W.M Brady & Co. Inc et Thomas Williams Fine Art Ltd., Old Master Drawings, New York 2000, no6 (notice par A. Varick Lauder);
Acquis en 2005.
Exhibited
Londres, P.& D. Colnaghi & Co., Ltd., Oxford, Ashmolean Museum, Loan Exhibition of Drawings by Old Masters from the Collection of Mr. Geoffrey Gathorne-Hardy, 1971, n° 57, repr. ;
Caen, musée des Beaux-Arts, L'Œil et la Passion. Dessins italiens de la Renaissance dans les collections privées françaises, 2011, pp.140-141, n°39, repr. (notice par P. Ramade) ;
Rennes, 2012, no5 (notice par A. Varick Lauder)
Caen, musée des Beaux-Arts, L'Œil et la Passion. Dessins italiens de la Renaissance dans les collections privées françaises, 2011, pp.140-141, n°39, repr. (notice par P. Ramade) ;
Rennes, 2012, no5 (notice par A. Varick Lauder)
Literature
J. C. Robinson, Descriptive Catalogue of Drawings by the Old Masters, Forming the Collection of John Malcolm of Poltalloch, Esq., Londres, 1869, p. 115, n° 299 : « Girolamo da Carpi » ;
Hon. A. E. Gathorne-Hardy, Descriptive Catalogue of Drawings by the Old Masters in the Possession of the Hon. A.E. Gathorne-Hardy, Londres, 1902, p. 17, n°26 ;
A. Varick Lauder, notice sur le dessin de Battista Franco, Old Master Drawings, cat. exp. New-York, 2000, n°6, repr. : « Battista Franco » ;
E. Saccomani, 'Battista Franco alla Corte di Urbino: Dai Perduti Affreschi del Duomo ai Modelli per Le Maioliche Istoriate', dans Valter Curzi (dir.), Pittura Veneta nelle Marche, Milan, 2000, p.233, note 107 ;
A. Varick Lauder, Battista Franco. 1510-1561. His Life and Work with Catalogue Raisonné, thèse de doctorat, 4. vol., Cambridge, University of Cambridge, 2004, II, p.490, n°272 DA, IV, fig.481 ;
A. Varick Lauder, Musée du Louvre, inventaire général des dessins italiens, t. VIII: Battista Franco, Paris, 2009, p.138, pp.210-211, sous n°43 et p.240 sous n°70
Hon. A. E. Gathorne-Hardy, Descriptive Catalogue of Drawings by the Old Masters in the Possession of the Hon. A.E. Gathorne-Hardy, Londres, 1902, p. 17, n°26 ;
A. Varick Lauder, notice sur le dessin de Battista Franco, Old Master Drawings, cat. exp. New-York, 2000, n°6, repr. : « Battista Franco » ;
E. Saccomani, 'Battista Franco alla Corte di Urbino: Dai Perduti Affreschi del Duomo ai Modelli per Le Maioliche Istoriate', dans Valter Curzi (dir.), Pittura Veneta nelle Marche, Milan, 2000, p.233, note 107 ;
A. Varick Lauder, Battista Franco. 1510-1561. His Life and Work with Catalogue Raisonné, thèse de doctorat, 4. vol., Cambridge, University of Cambridge, 2004, II, p.490, n°272 DA, IV, fig.481 ;
A. Varick Lauder, Musée du Louvre, inventaire général des dessins italiens, t. VIII: Battista Franco, Paris, 2009, p.138, pp.210-211, sous n°43 et p.240 sous n°70
Condition
Laid down on the Mariette mount , which is in good condition, slightly trimmed at the top. There is some light foxing and light brown staining scattered around the sheet. Sold unframed.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."
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Catalogue Note
Ce dessin complexe et raffiné offre un magnifique exemple de l’élégance et de la fluidité du style de Battista Franco dans ses dessins à la plume et à l’encre, qui se caractérisent par des contours précis et délicats et des hachures méticuleuses. C’est probablement aussi en raison du sujet inspiré de l’histoire romaine - dans laquelle Franco lui-même a par ailleurs souvent puisé - que le célèbre collectionneur Pierre Jean Mariette attribua à tort ce dessin à Girolamo da Carpi, un artiste émilien à la facture tout aussi délicate et raffinée, et dont l’œuvre graphique comporte de nombreuses copies d’après l’antique. Mariette a reconnu lui-même, dans son texte pour le catalogue de la collection Crozat, qu’il avait parfois des difficultés à distinguer les œuvres de ces deux artistes1. L’attribution à Girolamo da Carpi figure sur le cartouche du magnifique montage Mariette, en excellent état, qui met encore plus en valeur la belle mise en page du dessin. C’est Philip Pouncey qui a mis en question pour la première fois l’attribution faite par Mariette en suggérant en 1971, dans le catalogue de la collection Gathorne-Hardy, que le dessin était en réalité de la main de Battista Franco, une attribution aujourd’hui acceptée par tous les experts.
Anne Varick Lauder a été la première à établir, en 1999, que le dessin était en fait une étude pour une majolique (voir Provenance). Elle soulignait sa ressemblance avec l’assiette décorée par le maître dit Mazo2, aujourd’hui exposée au musée Herzog Anton-Ulrich à Brunswick (fig.1). De plus dans la notice du dessin du catalogue de l’exposition de Rennes, elle souligne que la feuille est de même dimension que la majolique. Franco s’attache ici à étudier la composition préliminaire destinée au décorateur de la majolique, qui devra ensuite reproduire son dessin à l’identique. Manifestement, Franco ne tient pas encore compte à ce stade de la forme circulaire ni de la profondeur de l’assiette. Il ne se préoccupe que du positionnement de chaque personnage, ainsi que du graphisme complexe du brasier occupant le centre de la composition. L’assiette faisait probablement partie d’un service illustrant divers épisodes de l’histoire romaine, et que l’on peut dater entre 1544 et 1551. Il pourrait s’agir d’une commande exécutée par Franco pour le compte du beau-frère du duc d’Urbino, le cardinal Alexandre Farnèse (1520-1589). Un dessin plus abouti, reprenant la même composition mais à plus petite échelle et avec quelques différences, est conservé au Louvre, tout comme un autre dessin, également identifié par Anne Varick Lauder comme étant une représentation du même sujet par Franco, mais sans lien avec cette composition ni avec le projet de majolique.3
Franco fut le premier grand artiste italien à réaliser des décors pour de prestigieux services de majolique. D’après Vasari, qui le connaissait bien, c’est le duc Guidobaldo II della Rovere qui, ayant décelé le talent et l’exceptionnelle habileté de Franco dans les compositions de petite taille, demanda à l’artiste de réaliser des dessins pour les décorateurs de majolique, qui jusqu’alors reproduisaient surtout des gravures.4 En effet, d’après Vasari, il semblerait que les décorateurs de majolique s’étaient contentés jusque-là d’adapter des compositions qu’ils trouvaient dans la multitude d’images imprimées qu’ils avaient à leur disposition, notamment les reproductions d’œuvres d’artistes majeurs tels que Raphaël. L’activité de Franco dans ce domaine commenca probablement vers le milieu des années 1540, lorsqu’on lui demanda de décorer la voûte du chœur de la cathédrale d’Urbino, une commande qu’il acheva durant l’été 1546.
D’après Vasari, Franco entretenait une obsession particulière pour les dessins, qu’il considérait probablement comme la forme d’expression la plus aboutie d’un artiste, et non pas comme de simples études en vue de la réalisation d’une œuvre. Ses années d’activité au sein de tous les grands centres artistiques italiens, de Venise à Rome en passant par Florence et Urbino, firent de lui un maître extrêmement accompli qui exprima son talent artistique dans les lignes fluides et élégantes de ses dessins à la plume, comme en témoigne éloquemment cette splendide feuille de la collection Adrien.
Anne Varick Lauder a été la première à établir, en 1999, que le dessin était en fait une étude pour une majolique (voir Provenance). Elle soulignait sa ressemblance avec l’assiette décorée par le maître dit Mazo2, aujourd’hui exposée au musée Herzog Anton-Ulrich à Brunswick (fig.1). De plus dans la notice du dessin du catalogue de l’exposition de Rennes, elle souligne que la feuille est de même dimension que la majolique. Franco s’attache ici à étudier la composition préliminaire destinée au décorateur de la majolique, qui devra ensuite reproduire son dessin à l’identique. Manifestement, Franco ne tient pas encore compte à ce stade de la forme circulaire ni de la profondeur de l’assiette. Il ne se préoccupe que du positionnement de chaque personnage, ainsi que du graphisme complexe du brasier occupant le centre de la composition. L’assiette faisait probablement partie d’un service illustrant divers épisodes de l’histoire romaine, et que l’on peut dater entre 1544 et 1551. Il pourrait s’agir d’une commande exécutée par Franco pour le compte du beau-frère du duc d’Urbino, le cardinal Alexandre Farnèse (1520-1589). Un dessin plus abouti, reprenant la même composition mais à plus petite échelle et avec quelques différences, est conservé au Louvre, tout comme un autre dessin, également identifié par Anne Varick Lauder comme étant une représentation du même sujet par Franco, mais sans lien avec cette composition ni avec le projet de majolique.3
Franco fut le premier grand artiste italien à réaliser des décors pour de prestigieux services de majolique. D’après Vasari, qui le connaissait bien, c’est le duc Guidobaldo II della Rovere qui, ayant décelé le talent et l’exceptionnelle habileté de Franco dans les compositions de petite taille, demanda à l’artiste de réaliser des dessins pour les décorateurs de majolique, qui jusqu’alors reproduisaient surtout des gravures.4 En effet, d’après Vasari, il semblerait que les décorateurs de majolique s’étaient contentés jusque-là d’adapter des compositions qu’ils trouvaient dans la multitude d’images imprimées qu’ils avaient à leur disposition, notamment les reproductions d’œuvres d’artistes majeurs tels que Raphaël. L’activité de Franco dans ce domaine commenca probablement vers le milieu des années 1540, lorsqu’on lui demanda de décorer la voûte du chœur de la cathédrale d’Urbino, une commande qu’il acheva durant l’été 1546.
D’après Vasari, Franco entretenait une obsession particulière pour les dessins, qu’il considérait probablement comme la forme d’expression la plus aboutie d’un artiste, et non pas comme de simples études en vue de la réalisation d’une œuvre. Ses années d’activité au sein de tous les grands centres artistiques italiens, de Venise à Rome en passant par Florence et Urbino, firent de lui un maître extrêmement accompli qui exprima son talent artistique dans les lignes fluides et élégantes de ses dessins à la plume, comme en témoigne éloquemment cette splendide feuille de la collection Adrien.
1. Voir A. Varick Lauder, Battista Franco, Inventaire général des dessins italiens, T. VIII, Paris, 2009, p. 138
2. Cette assiette a été réalisée à Venise aux alentours de 1550 par le maître Mazo, comme l’indique l’inscription au verso. Voir A. Alverà Bortolotto, Maiolica a Venezia nel Rinascimento, Bergame, 1988, p. 64, reproduction en p. 65. Selon A. Varick Lauder, le décor reprend exactement le dessin de Franco.
3. Paris, Musée du Louvre, inv. nos. 4948, 4949; A. Varick Lauder, op.cit., 2009, pp. 210-211, no. 43 reproduced, and in colour p. 101, pl. 21; ibid. pp. 239-240, no. 70, reproduced (recto).
4. G. Vasari, Le Vite de’ più eccellenti pittori, scultori ed architettori, ed. G. Milanesi, Florence, 1881, vol. VI, pp. 581-582.