Lot 37
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BALDASSARE FRANCESCHINI, DIT IL VOLTERRANO | Recto: Study of a prisoner and study of a headVerso: Academy study of two male figures, one lying down

Estimate
20,000 - 25,000 EUR
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Bidding Closed

Description

  • Recto: Study of a prisoner and study of a headVerso: Academy study of two male figures, one lying down
  • Sanguine (recto), sanguine et pierre noire (verso)

  • 385 x 256 mm

Exhibited

Rennes, Musée des Beaux-Arts, L'Oeil et la Passion 2, Dessins baroques Italiens dans les collections privées françaises, 2015, pp.50-53, n°7, reproduit (notice par Catherine Monbeig Goguel)

Condition

Hinged to the mount at upper margin. Overall the drawing is in very good condition. Red chalk on the recto is strong and vibrant. There is some light staining around the edges of the sheet and there are several areas of abrasion across the verso, barely visible. Sold unframed.
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Catalogue Note

Ces puissantes et solides études à la sanguine et pierre noir, sur les deux faces de la feuille, sont préparatoires à l’important cycle de fresques peint par Volterrano dans le cortile de la Villa La Petraia, près de Florence. En 1636, Don Lorenzo de’ Medici, le plus jeune fils du grand-duc Ferdinand Ier et sa femme Christine de Lorraine, commandèrent au jeune Volterrano de peindre deux groupes de fresques en dessous des logge jumelles de la cour intérieur de la villa. Cette commande prestigieuse était pour Volterrano le premier projet public qu’il entreprenait après sa formation auprès de Matteo Rosselli et Giovanni da San Giovanni. L’influence des deux maîtres est particulièrement visible dans ces œuvres de La Petraia, de même que sa connaissance des fresques révolutionnaires de l’Âge d’Or et l’Âge d’Argent peintes par Pietro da Cortona dans la Sala della Stufa au Palazzo Pitti en 1637, juste au moment où Volterrano commençait son œuvre à la Villa La Petraia.

Les splendides et spectaculaires fresques de la Villa La Petraia, achevées vers 1648, et les nombreux dessins préparatoires qui ont survécu, fournissent la base principale pour l’étude et la compréhension du style graphique précoce de Volterrano. L’iconographie du cycle, qui illustre et célèbre des épisodes de l’histoire de la famille Médicis, fut conçu par Don Lorenzo lui-même, aidé de Pier Francesco Rinuccini.

L’étude situé au recto du dessin de la collection Adrien est préparatoire à l’un des prisonniers turcs qui apparait dans la fresque représentant Le prince héritier de Cosme II de’ Medici recevant les vainqueurs de Bona devant l’église de Santo Stefano dei Cavalieri à Pise (fig. 1). Le personnage, en parti caché, est le second dans la rangée des trois prisonniers à gauche de la scène. Volterrano a clairement effectué cette étude de nu en pied d’après nature. L’esquisse de tête, dans la partie supérieure gauche de la feuille, pourrait correspondre au jeune homme qui, dans la fresque, brandit un turban au-dessus des prisonniers situés en dessous de lui.

La figure dessinée au verso de la feuille est préparatoire à l’homme vu de dos, à l’extrême droite de la fresque représentant l’Entrée triomphale de Cosme Ier à Sienne (fig. 2). Comme pour l’étude du recto, Volterrano a dessiné la figure sans vêtement, afin d’établir précisément l’anatomie et la pose. Dans la fresque, l’homme vu de dos porte un large manteau mais peut néanmoins être mis en relation avec le dessin grâce au bras gauche tendu. Catherine Monbeig Goguel, dans la notice du catalogue de l’exposition de Rennes de 2015, a fait remarquer que le modèle qui avait posé pour l’étude du verso de la présente feuille devait aussi avoir été employé par Volterrano pour une autre figure, vue de dos, visible dans une lunette représentant Clement VII courronnant Charlequint. Elle a décrit avec justesse les méthodes de travail de Volterrano, observant qu’ « il habille ses nus à la façon de mannequins vivants, mais en conserve rigoureusement la pose ».

Catherine Monbeig Goguel a également noté que l’étude à la pierre noire sous-jacente au dessin de l’homme, au verso, était très représentative du style graphique de Volterrano. Selon l’historienne, cette esquisse pourrait être rapprochée d’un tondo peint à fresque du Sacrifice d’Isaac antérieur à celles de la Villa La Petraia, désormais conservé dans une collection particulière florentine. Bien qu’il s’agisse d’une œuvre précoce de l’artiste, cette splendide feuille double face, réalisée dans sa technique favorite, la sanguine, nous permet de comprendre des origines du style graphique de Volterrano et la genèse de son développement successif.