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PIER FRANCESCO MOLA | Studies for a Mystic marriage of St. Catherine
Estimate
15,000 - 20,000 EUR
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Bidding Closed
Description
- Pier Francesco Mola
- Studies for a Mystic marriage of St. Catherine
- Sanguine, plume et encre brune, lavis de sanguine
- 195 x 243 mm
Provenance
Armando Neerman, Londres ;
Collection Jacques Petithory (1929-1992) ;
Acquis par échange en 1977.
Collection Jacques Petithory (1929-1992) ;
Acquis par échange en 1977.
Exhibited
Rennes, 2012, n°19 (notice par Simonetta Prosperi Valenti Rodinò)
Condition
Window mounted. Overall in good condition and media rather strong. Very slight and occasional surface dirt, paper in good condition. Sold unframed.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."
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Catalogue Note
La grâce et l’élégance du style graphique de Mola sont illustrées à merveille dans ce dessin expressif, subtilement exécuté à la sanguine, avec un délicat lavis de sanguine et des longs traits fluides à la plume et à l’encre brune. Jacques Petithory est le premier à avoir suggéré d’attribuer cette feuille à Pier Francesco Mola1.
Vers 1616, le père de l’artiste, Giovanni Battista Mola (1585-1665), déplaça sa famille de Colderio, près de Lugano, à Rome où il avait été nommé architecte de la Chambre apostolique, un poste qu’il occupa jusqu’en 1634. On connait peu de choses sur les premières années de formation de Mola à Rome, si ce n’est qu’il fut l’apprenti de Prospero Orsi (1565/70-1635), un artiste originaire du Tessin, et aussi du Cavalier d’Arpin (1568-1640), selon son biographe presque contemporain, Giovanni Battista Passeri2.
Dans sa notice pour ce beau dessin dans le catalogue de l’exposition de Rennes, Simonetta Prosperi Valenti Rodinò a proposé de le dater, pour des raisons stylistiques, autour des années 1650. Bien que le dessin ne puisse être mis en relation avec un tableau connu de Mola, il s’agit clairement d’une feuille mûre qui montre la capacité de l’artiste à synthétiser un large panel de sources sur lesquelles il semble avoir fondé son style, combinant les traditions artistiques vénitiennes et bolonaises, deux styles puissants pour un jeune artiste curieux et talentueux. Mola se rendit dans le nord de l’Italie au moins à deux reprises avant le début des années 1650. Durant sa première absence de Rome, il semble être resté quelques temps à Venise, et au début de son second voyage, vers 1638-1640, il travailla avec Francesco Albani (1578-1660) à Bologne. L’influence d’Albani, qui s’ajoute à des éléments issus de la tradition carrachesque allant jusqu’au Guerchin, est clairement visible dans les dessins de Mola et ses tableaux datant de la décennie suivante.
Simonetta Prosperi Valenti Rodinò a justement souligné l’influence manifeste de l’œuvre graphique du Guerchin dans ce dessin, en indiquant d’autres feuilles de Mola datant du début des années 1650 comparables à celle-ci, souvent réalisées avec la même technique et avec la même forte intensité picturale3. Parmi celles-ci, on peut mentionner une étude conservée à la Royal Collection à Windsor, représentant une Figure allégorique avec une licorne (la Pureté), dans laquelle l’emploi de la sanguine, renforcée par des traits à la plume et à l’encre brune, est très similaire à la technique utilisée ici4. Le dessin de Windsor peut être mis en relation avec une portion d’un décor représentant des figures féminines allégoriques, exécuté pour la partie centrale du plafond de la galerie du Palazzo Pamphili à Nettuno, très endommagé durant la Seconde Guerre Mondiale ; Mola travailla au décor du Palazzo Pamphili entre 1651 et 1652. Dans sa description du dessin, Simonetta Prosperi Valenti Rodinò note également « les souvenirs évidents de Giovanni Benedetto Castiglione », et il est vrai que le dessin de la collection Adrien rappelle en effet le trait fluide caractéristique du style graphique de Castiglione – un aspect moins connu du style de Mola.
À l’époque de l’exposition de Rennes, le sujet de ce dessin avait été identifié comme une Vierge à l’enfant et jeune femme. C’est Monsieur Adrien qui y a reconnu, plus récemment, une étude pour un Mariage mystique de sainte Catherine, ce qui explique mieux la présence de la jeune femme agenouillée à droite du dessin.
Nous remercions le professeur Richard Cocke d’avoir confirmé, d’après photographie, l’attribution de ce dessin à Pier Francesco Mola.
Pour une impressionnante étude de tête à la pierre noire et au pastel de Mola, datable de la même époque de sa carrière, voir lot 6.
1. L’ancienne attribution au Guerchin a été rejetée par Sir Denis Mahon dans une lettre à Monsieur Adrien, datée du 9 janvier 1990, dans laquelle il écrivit : « d’après moi l’ancienne attribution au Guerchin, bien que compréhensible, n’est pas correcte. […] Par ailleurs, une certaine ressemblance générique avec le style graphique du Guerchin est explicable si l’attribution de Monsieur Petit Hory à Mola est juste. »
2. G.B. Passeri, Vite de' Pittori, Scultori ed Architetti dall'anno 1641 sino all'anno 1673, ed. J. Hess, Leipzig/Vienna 1934, p.36
3. Par exemple: Agar et Ismael, Stockholm, National Museum, inv. no. 569/1863; Etudes pour le rêve de saint Joseph (recto et verso), Londres, British Museum, inv. n°1946,0713.720 ; Judith, Düsseldorf, Sammlung der Kunstakademie, inv. n°KA (FP)962 ; Moïse sauvé des eaux, Rome, Istituto Nazionale per la Grafica, inv. n°FC. 128339
4. Windsor Castle, The Royal Collection, inv. n°6798; see N. Turner, Pier Francesco Mola, 1612-1666, cat. exp., Lugano, Museo cantonale d’Arte, 1989, pp.222-223, cat. III.6, repr.
Vers 1616, le père de l’artiste, Giovanni Battista Mola (1585-1665), déplaça sa famille de Colderio, près de Lugano, à Rome où il avait été nommé architecte de la Chambre apostolique, un poste qu’il occupa jusqu’en 1634. On connait peu de choses sur les premières années de formation de Mola à Rome, si ce n’est qu’il fut l’apprenti de Prospero Orsi (1565/70-1635), un artiste originaire du Tessin, et aussi du Cavalier d’Arpin (1568-1640), selon son biographe presque contemporain, Giovanni Battista Passeri2.
Dans sa notice pour ce beau dessin dans le catalogue de l’exposition de Rennes, Simonetta Prosperi Valenti Rodinò a proposé de le dater, pour des raisons stylistiques, autour des années 1650. Bien que le dessin ne puisse être mis en relation avec un tableau connu de Mola, il s’agit clairement d’une feuille mûre qui montre la capacité de l’artiste à synthétiser un large panel de sources sur lesquelles il semble avoir fondé son style, combinant les traditions artistiques vénitiennes et bolonaises, deux styles puissants pour un jeune artiste curieux et talentueux. Mola se rendit dans le nord de l’Italie au moins à deux reprises avant le début des années 1650. Durant sa première absence de Rome, il semble être resté quelques temps à Venise, et au début de son second voyage, vers 1638-1640, il travailla avec Francesco Albani (1578-1660) à Bologne. L’influence d’Albani, qui s’ajoute à des éléments issus de la tradition carrachesque allant jusqu’au Guerchin, est clairement visible dans les dessins de Mola et ses tableaux datant de la décennie suivante.
Simonetta Prosperi Valenti Rodinò a justement souligné l’influence manifeste de l’œuvre graphique du Guerchin dans ce dessin, en indiquant d’autres feuilles de Mola datant du début des années 1650 comparables à celle-ci, souvent réalisées avec la même technique et avec la même forte intensité picturale3. Parmi celles-ci, on peut mentionner une étude conservée à la Royal Collection à Windsor, représentant une Figure allégorique avec une licorne (la Pureté), dans laquelle l’emploi de la sanguine, renforcée par des traits à la plume et à l’encre brune, est très similaire à la technique utilisée ici4. Le dessin de Windsor peut être mis en relation avec une portion d’un décor représentant des figures féminines allégoriques, exécuté pour la partie centrale du plafond de la galerie du Palazzo Pamphili à Nettuno, très endommagé durant la Seconde Guerre Mondiale ; Mola travailla au décor du Palazzo Pamphili entre 1651 et 1652. Dans sa description du dessin, Simonetta Prosperi Valenti Rodinò note également « les souvenirs évidents de Giovanni Benedetto Castiglione », et il est vrai que le dessin de la collection Adrien rappelle en effet le trait fluide caractéristique du style graphique de Castiglione – un aspect moins connu du style de Mola.
À l’époque de l’exposition de Rennes, le sujet de ce dessin avait été identifié comme une Vierge à l’enfant et jeune femme. C’est Monsieur Adrien qui y a reconnu, plus récemment, une étude pour un Mariage mystique de sainte Catherine, ce qui explique mieux la présence de la jeune femme agenouillée à droite du dessin.
Nous remercions le professeur Richard Cocke d’avoir confirmé, d’après photographie, l’attribution de ce dessin à Pier Francesco Mola.
Pour une impressionnante étude de tête à la pierre noire et au pastel de Mola, datable de la même époque de sa carrière, voir lot 6.
1. L’ancienne attribution au Guerchin a été rejetée par Sir Denis Mahon dans une lettre à Monsieur Adrien, datée du 9 janvier 1990, dans laquelle il écrivit : « d’après moi l’ancienne attribution au Guerchin, bien que compréhensible, n’est pas correcte. […] Par ailleurs, une certaine ressemblance générique avec le style graphique du Guerchin est explicable si l’attribution de Monsieur Petit Hory à Mola est juste. »
2. G.B. Passeri, Vite de' Pittori, Scultori ed Architetti dall'anno 1641 sino all'anno 1673, ed. J. Hess, Leipzig/Vienna 1934, p.36
3. Par exemple: Agar et Ismael, Stockholm, National Museum, inv. no. 569/1863; Etudes pour le rêve de saint Joseph (recto et verso), Londres, British Museum, inv. n°1946,0713.720 ; Judith, Düsseldorf, Sammlung der Kunstakademie, inv. n°KA (FP)962 ; Moïse sauvé des eaux, Rome, Istituto Nazionale per la Grafica, inv. n°FC. 128339
4. Windsor Castle, The Royal Collection, inv. n°6798; see N. Turner, Pier Francesco Mola, 1612-1666, cat. exp., Lugano, Museo cantonale d’Arte, 1989, pp.222-223, cat. III.6, repr.