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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Statue, Kuyu, République du Congo
KUYU FIGURE, REPUBLIC OF THE CONGO

Provenance

Collection Artistide Courtois, acquis avant 1938
Loudmer, Paris, 25 juin 1992, n° 26
Lance et Roberta Entwistle, Paris / Londres
Collection privée, Etats-Unis, acquis en 1992

Literature

Bacquart, The Tribal Arts of Africa / L'art tribal d'Afrique Noire, 1998, p.117, n° 12

Catalogue Note

Acquise avant 1938 par l’administrateur colonial Aristide Courtois, comme la majorité du corpus historique de la statuaire Kuyu, cette statue masculine s’érige en canon de ce style qui s’est développé au nord de la République du Congo, le long de la rivière Kouyou, affluent du fleuve Kongo. Les œuvres des sculpteurs Kuyu s’identifient classiquement par une association de la figure humaine à un animal : « La présence des animaux sur des cimiers, des têtes, des bustes et des statues n’est en aucun cas anecdotique chez les Kuyu. Elle rappelle non seulement une appartenance de groupe, mais aussi un lien avec les origines, par-delà les ancêtres » (Bénézech in Falgayrettes-Leveau et alii, Animal, 2007, p. 372).

Par cette construction iconographique, les artistes Kuyu traduisaient la volonté des chasseurs de s’approprier les forces de leur adversaire. Ce désir se retrouve dans les caractéristiques morphologiques de la figure humaine : les dents acérées ou encore la position des oreilles sont les signes distinctifs d’animaux redoutables dont l’homme veut s’attribuer l’être et les attributs. Ces représentations  animales symbolisent également les liens généalogiques de chaque clan, dont l’ancêtre fondateur revêt désormais l’apparence d’un animal veillant sur sa lignée. Cette lecture est particulièrement claire ici dans la position de l’éléphant qui semble retenir le personnage, comme pour le préserver d’un danger à venir. Cette iconographie se retrouve sur une sculpture appartenant autrefois à Charles Ratton (Falgayrettes-Leveau, idem, p. 368), où l’animal protège une mère portant ses jumeaux.

A cette puissance animale répond enfin l’idéal de beauté Kuyu qui se traduit magistralement dans le visage de la statue à la bouche charnue, aux yeux mi-clos et au nez court. S’ajoute l’importance fondamentale des signes corporels arrangés par la main de l’homme - scarifications, ornements et parure de tête – mis en valeur par la profonde patine sombre attestant de la grande ancienneté de cette sculpture. 

Acquired prior to 1938 by Colonial Administrator Aristide Courtois, much like the majority of the historical Kuyu statuary corpus, this male figure stands out as a canon of this style, a style which developed in the north of the Republic of the Congo, along the Kouyou river, a tributary of the Kongo River. The work of Kuyu sculptors can be identified from an almost systematic association of the human figure with an animal figure: "The presence of animals on head-crests, heads, busts and statues is by no means anecdotal among the Kuyu. It evokes not only a group belonging, but also a link with the origins, beyond the ancestors" (Bénézech in Falgayrettes-Leveau et al., Animal, 2007, p. 372).

Through this iconographic construction, Kuyu artists translated the hunters’ desire to appropriate the weapons of their prey. This desire is also manifest in the morphological characteristics of the human figure: sharpened teeth or specific positioning of the ears are distinctive signs of fearsome animals whose attributes and very being man wishes to claim for himself. These animal representations also symbolize the genealogical ties within each clan, the founding ancestor of which then takes the appearance of an animal watching over his lineage. This reading is particularly clear here when looking at the elephant’s position, pulling back the human figure, as if to protect him from a future danger. This iconography can also be found on a sculpture formerly owned by Charles Ratton (Falgayrettes-Leveau, ibid, p.368), where the animal safeguards a mother carrying her twins.

This display of animal power is compounded by the ideal of Kuyu beauty, which is masterfully conveyed in the face of the statue with its full lips, half-closed eyes and short nose. The overall effect also highlights the fundamental significance of body signs arranged by the hand of man, scarification, ornaments, filed teeth and head ornaments, enhanced by the deep, dark patina attesting to the great antiquity of this sculpture. 

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