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Masque, Galwa, Gabon
GALWA MASK, GABON 
Estimate
50,00070,000
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Masque, Galwa, Gabon
GALWA MASK, GABON 
Estimate
50,00070,000
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Details & Cataloguing

Arts d’Afrique, d’Amérique et d’Indonésie

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Paris

Masque, Galwa, Gabon
GALWA MASK, GABON 

Provenance

Collection Vincente Huidobro (1893-1948), Paris / Chili
Loudmer, Paris, Arts Primitifs, 8/10 décembre 1990, n° 248
Collection privée, Paris, acquis lors de cette vente

Catalogue Note

L’image des masques Galwa fut connue à partir de 1898 à travers l’illustration - sur la planche VI de l’ouvrage Les masques et les sociétés secrètes d’Afrique de Leo Frobenius - des deux exemplaires du Museum für Völkerkunde de Hambourg. Mais la trop grande rareté de ceux qui parvinrent en Occident provoqua leur éclipse de l’univers des arts du Gabon, longtemps résumé aux styles Fang, Punu et Kota, dont les témoins affluaient depuis la fin du XIXe siècle. En 2017, Charlotte Grand-Dufay signait la première étude dédiée aux masques Galwa (« Les masques Galwa aux triangles rouges, noirs ou blancs », Tribal Art, n°84, Été 2017, p. 94-108), illustrée par la quinzaine d’œuvres considérées pour leur qualité et leur histoire comme les plus significatives de cet étroit corpus. Elle y interprète la remarquable singularité du style à travers l’ancienne et complexe histoire de la migration des Galwa – depuis l’Afrique Orientale jusqu’à leur implantation, au XVIIe siècle, dans la région du Moyen-Ogooué, autour de Lambaréné – et des relations interclaniques qui en découlèrent, dont notamment avec les Vili.

Au sein de cette tradition de masques polychromes, cette œuvre s’affirme par la monumentalité de la stylisation sculpturale qui redouble dans la force des aplats polychromes, où s’impose le motif caractéristique du triangle. Selon les dessins de masques Galwa réalisés par le pasteur Fernand Grebert lors de son séjour au Gabon, entre 1913 et 1931, la couleur noire du triangle frontal indiquerait l’identité masculine de ce masque.  Sa signification puise dans les rites communautaires des peuples du Gabon occidental. Relevant de la confrérie de l’okukwe - variante Galwa de la société secrète de l’okuyi qui préside aux célèbres masques blancs des peuples Punu voisins - il intervient, porté par les initiés, lors des grands évènements, comme les deuils de notables, ou pour rendre des décisions liées à l’exercice du pouvoir politique et de la justice. Selon le contexte dans lequel il intervenait, le masque pouvait être repeint comme le révèlent ici les nuances des couches picturales successives.  

Témoignant « d’un âge d’or des Galwa, la période de la grande prospérité de 1860 à 1873, sous la domination de leur roi Nkombé » (Grand-Dufay, idem, p. 108), ce masque illustre la puissance de leur génie créatif.

Arts d’Afrique, d’Amérique et d’Indonésie

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