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Masque, Mbole, République Démocratique du Congo
MBOLE MASK, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
Estimate
70,000100,000
LOT SOLD. 72,500 EUR
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Masque, Mbole, République Démocratique du Congo
MBOLE MASK, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
Estimate
70,000100,000
LOT SOLD. 72,500 EUR
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Details & Cataloguing

Arts d’Afrique, d’Amérique et d’Indonésie

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Paris

Masque, Mbole, République Démocratique du Congo
MBOLE MASK, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO

Provenance

Collection Han Wolf, ca. 1976
Collection privée européenne

Exhibited

Turin, Galleria d'Arte Moderna e Contemporanea, Africa. Capolavori da un continente, 2 octobre 2003 - 15 février 2004

Literature

Bassani, Africa. Capolavori da un continente, 2003, p. 240, n° 3.100
Neyt, Fleuve Congo, 2010, p. 80, n° 37

Catalogue Note

La découverte de l’art Mbole fut relativement tardive : si quelques rares témoins intégrèrent les collections de musées occidentaux avant la fin des années 1920, il est absent des ouvrages et des expositions qui, durant la première moitié du XXe siècle, contribuèrent en Occident à la reconnaissance des arts d’Afrique. A partir de la fin des années 1950, et notamment de la publication de The Sculpture of Africa (Fagg et Elisofon, 1958), sa présence sera désormais constante dans les ouvrages dédiés aux chefs-d’œuvre du continent. Parmi les quelques œuvres parvenues en Europe à l’orée du XXe siècle se distinguent d’une part les statues masculines, dont l’attitude évoque les pratiques funéraires réservées aux initiés de haut rang (Biebuyck, Arts of Zaïre, 1986, p. 242), et d’autre part les masques. Avec seulement une douzaine d’œuvres répertoriées, ces derniers composent l’un des corpus les plus restreints de l'art africain. Chef-d’œuvre d’inventivité dans la représentation du visage résumé à deux dimensions, et de raffinement dans l’ordonnance de la sculpture, ce masque choisi par Bassani pour son exposition Africa. Capolavori da un continente en constitue à l’évidence l’un des plus beaux témoins. Hautement stylisé, le visage joue sur les oppositions formelles de textures, d’aplats polychromes et de plans, conférant à l’œuvre une modernité saisissante.

Les rites et pratiques des Mbole, peuple du centre-est de la forêt équatoriale, demeurent aussi mystérieux que les œuvres qui s’y rapportent sont rares dans les collections. Dans cette société patriarcale très hiérarchisée, l’organisation socio-culturelle du lilwa est primordiale, au même titre que le bwami des Lega voisins. C’est elle qui régit les relations et organise les initiations, mais aussi qui punit les transgressions aux règles de la société ; le crime le plus condamnable étant la divulgation des secrets (Kalala Nkudi, Le Lilwakoy des Mbole du Lomami : essai d'analyse de son symbolisme, Bruxelles, 1979). Plusieurs hypothèses ont été émises quant à l’utilisation de ces masques. L’absence d’ajours qui permettraient la vision laisse à penser que ces masques n’étaient pas portés. Bernadette Van Haute-de-Kimpe, se référant à des témoignages recueillis sur le terrain par Pierre Dartevelle dans les années 1970, suggère que ces masques se substituaient à des figurines représentant un condamné lorsque ce dernier parvenait à s’échapper, et qu'ils intégraient alors la « maison du lilwa ». Ce contexte expliquerait non seulement la rareté de telles sculptures, mais aussi l’importance symbolique accordée à ces objets commémoratifs dépourvus de bouche : sans possibilité de parler, l’initié respectera de facto les règles de confidentialité protégeant les secrets de l’organisation lilwa.

Au sein de ce corpus restreint, le masque Mbole ici présenté se distingue par la beauté minimaliste de ses traits et la finesse de leur exécution, ainsi que par la grande ancienneté dont témoigne sa patine profonde.

The discovery of Mbole art was a relatively late one: although a handful of rare exemplars entered Western museum collections before the late 1920s, it is absent from the books and exhibitions, which, during the first half of the 20th century, contributed to the recognition of African arts in the West. From the late 1950s onwards however, and especially with the publication of The Sculpture of Africa (Fagg and Elisofon, 1958), it became ubiquitous in books dedicated to masterpieces of the continent. Amongst the few pieces to reach Europe at the cusp of the 20th century the most noteworthy are the male sculptures associated with funerary practices of high ranking initiates (Biebuyck, Arts of Zaïre, 1986, p. 242) and masks. With only a dozen recorded exemplars, these masks form one of the smallest corpora within African art. A masterpiece of invention in the representation of the face - pared down to a two-dimensional form - and of refinement in the construct of the sculpture, this mask chosen by Bassani for his Africa. Capolavori da un continente exhibition is clearly one of its most beautiful iterations. The highly stylized face plays with formal contrasts in textures, polychromatic swathes, and planes resulting in a strikingly modern work.

The rituals and practices of the Mbole people, who inhabit the central-eastern region of the equatorial forest in the Democratic Republic of the Congo, are as mysterious as their objects are rare in collections. In this very patriarchal and hierarchical society, the Lilwa socio-cultural institution plays an essential role, similar to that of the Bwami society for the neighbouring Lega.  It is the body that regulates relations and organizes initiation rituals. It also metes out punishment to those who violate its rules, the most reprehensible crime being the disclosure of secrets  (Kalala Nkudi, Le Lilwakoy des Mbole du Lomami: essai d'analyse de son symbolisme, Brussels, 1979). Several hypotheses have been put forth regarding the use of these masks. The lack of openings that would allow the wearer to look through the mask suggests that they were not in fact worn.  Bernadette Van Haute-de-Kimpe - referring to evidence collected in situ in the 1970s by Pierre Dartevelle - suggests that these masks were swapped for representations of the condemned in cases when they managed to escape, and that they were placed in the “lilwa house”. This explanation would account not only for the rarity of these masks but also for the symbolic importance of these mouth-less objects; unable to speak as they were, the initiates would, de facto, have to respect the confidentiality rules the Lilwa society.

Within its restricted corpus this Mbole mask stands out for its minimal linear beauty, the sophistication of its execution, and its age, as attested by its deep patina.

Arts d’Afrique, d’Amérique et d’Indonésie

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