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Attributed to Jean III Caravaque (1673-1754)
Estimate
50,000 - 70,000 EUR
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Bidding Closed
Description
- Equestrian portrait of Philippe de France, Duke of Anjou (1683-1746), king of Spain, circa 1713-1715
- relief en marbre ; dans un cadre en bois sculpté et doré Louis XV
- relief : 76,5 x 46 cm, cadre : 99 x 65 cm; relief: 30 by 18 in.
Literature
J. Billioud, « Une dynastie d’artistes provençaux, les Garavaque », dans Marseille, 1958, n° 36, pp. 3-14 ; Pierre Puget. Peintre, sculpteur, architecte, 1620-1694, cat. exp., Marseille, 1994, pp. 340-343 ; G. Bresc-Bautier, « L’importation du marbre de Carrare à la cour de Louis XIV. Rivalité des marchands et échecs des compagnies », dans Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles, mai 2003 (en ligne).
Catalogue Note
La famille Caravaque - ou Garavaque - compte plusieurs générations d’artistes actifs entre Toulon et Marseille. Louis (connu de 1640 à 1665) et son fils Jean (connu de 1642 à 1675) fondent la dynastie à Toulon, attirés – comme l’illustre Pierre Puget (1620-1694) par les chantiers royaux de l’arsenal. Ils collaborèrent d’ailleurs à plusieurs reprises avec Puget sur des décors religieux aujourd’hui disparus.
François (mort en 1698), fils de Jean, arrive à Paris en 1671 et obtient le second prix de sculpture à l’Académie en 1674. De retour à Toulon, il intègre l’arsenal avant de s’installer à Marseille où il prend la direction des ateliers de sculptures d’un second arsenal dévolu aux galères royales. En 1694, il est le témoin du dernier testament de Puget, attestant de l’intimité des deux sculpteurs. En 1669, les liens familiaux se renforcent quand Jean-Baptiste (mort en 1709), le demi-frère de François, épouse une nièce de Puget. De cette union naîtrons tris fils : Louis (1681-1754) - peintre à la cours de Pierre le Grand – Joseph (1680-1758) – inspecteur de la menuiserie de l’arsenal – et Jean III (1673-1754).
Petit-neveu de Puget, Jean III est nommé en 1709 chef des sculptures de l’arsenal de Marseille. Il est également chargé de l’inspection des marbres de Louis XIV pour lequel il réalisa la dernière mission de repérage à Carrare en 1713. Outre son activité de sculpteur sur bois à l’arsenal, Jean III réalise en 1697 le mausolée en marbre de Mgr Ludovic Habert de Montmort, évêque de Perpignan (cathédrale de Perpignan).
Revenons un moment à François. Dans son inventaire après décès de l’atelier figure « … le bas-relief en marbre quy est le roi à cheval,… » (cf. J. Billioud, op. cit). Ce relief signé F. Caravacque réapparaît à New York, lors de la vente par Sotheby’s de la collection Keck (6 décembre 1991, lot 133). De dimensions similaires au nôtre et d’une composition parfaitement identique, il représente Louis XIV à cheval portant une cuirasse antique et tenant le bâton de commandeur du chef des armées. Ce relief est surmonté du même groupe de deux putti dont l'un souffle dans la trompette de la Renommée aux armes de France et l'autre tient une couronne de laurier au-dessus du monarque. Ainsi donc, François reprend et complète la composition initialement élaborée par Puget pour son Louis XIV à cheval de l’ancienne collection Boléry (musée des Beaux-Arts de Marseille). De François également, signalons un écusson en bois doré - réalisé en 1694 pour la galère royale la Réale – représentant une Renommée similaire aux armes de France (Musée de la Marine, inv. n° 37 OA 5.5).
En 2001 le musée du Louvre acquière un buste signé par Jean III Caravaque de Marie-Louise de Savoie, épouse du roi d’Espagne et petit-fils de Louis XIV, Philippe V (inv. n° RF 4669). Ce marbre peut dater de 1701, lors du passage à Marseille de Marie-Louise pour son mariage - notons que Jean III participa à cette occasion aux décors éphémères pour l’entrée à Marseille de deux frères de Philippe : Louis de France, duc de Bourgogne, et Charles de France, duc de Berry, (cf. J. Billioud, op. cit.) – ou plus vraisemblablement de la fin de la Guerre de succession d’Espagne entérinant la légitimité de Philippe V. La ressemblance physique de notre dignitaire avec le roi d’Espagne, les armes de France qui l'accompagne, le portrait de son épouse par Jean III et la reprise du modèle des effigies de Louis XIV par Puget et François Caravaque concordent à attribuer ce relief à Jean III et à le dater autour de 1713. A la suite de Louis XIV, Philippe V triomphateur brandit à son tour le bâton de commandeur tel un passage de relais dynastique à la tête du pouvoir.
François (mort en 1698), fils de Jean, arrive à Paris en 1671 et obtient le second prix de sculpture à l’Académie en 1674. De retour à Toulon, il intègre l’arsenal avant de s’installer à Marseille où il prend la direction des ateliers de sculptures d’un second arsenal dévolu aux galères royales. En 1694, il est le témoin du dernier testament de Puget, attestant de l’intimité des deux sculpteurs. En 1669, les liens familiaux se renforcent quand Jean-Baptiste (mort en 1709), le demi-frère de François, épouse une nièce de Puget. De cette union naîtrons tris fils : Louis (1681-1754) - peintre à la cours de Pierre le Grand – Joseph (1680-1758) – inspecteur de la menuiserie de l’arsenal – et Jean III (1673-1754).
Petit-neveu de Puget, Jean III est nommé en 1709 chef des sculptures de l’arsenal de Marseille. Il est également chargé de l’inspection des marbres de Louis XIV pour lequel il réalisa la dernière mission de repérage à Carrare en 1713. Outre son activité de sculpteur sur bois à l’arsenal, Jean III réalise en 1697 le mausolée en marbre de Mgr Ludovic Habert de Montmort, évêque de Perpignan (cathédrale de Perpignan).
Revenons un moment à François. Dans son inventaire après décès de l’atelier figure « … le bas-relief en marbre quy est le roi à cheval,… » (cf. J. Billioud, op. cit). Ce relief signé F. Caravacque réapparaît à New York, lors de la vente par Sotheby’s de la collection Keck (6 décembre 1991, lot 133). De dimensions similaires au nôtre et d’une composition parfaitement identique, il représente Louis XIV à cheval portant une cuirasse antique et tenant le bâton de commandeur du chef des armées. Ce relief est surmonté du même groupe de deux putti dont l'un souffle dans la trompette de la Renommée aux armes de France et l'autre tient une couronne de laurier au-dessus du monarque. Ainsi donc, François reprend et complète la composition initialement élaborée par Puget pour son Louis XIV à cheval de l’ancienne collection Boléry (musée des Beaux-Arts de Marseille). De François également, signalons un écusson en bois doré - réalisé en 1694 pour la galère royale la Réale – représentant une Renommée similaire aux armes de France (Musée de la Marine, inv. n° 37 OA 5.5).
En 2001 le musée du Louvre acquière un buste signé par Jean III Caravaque de Marie-Louise de Savoie, épouse du roi d’Espagne et petit-fils de Louis XIV, Philippe V (inv. n° RF 4669). Ce marbre peut dater de 1701, lors du passage à Marseille de Marie-Louise pour son mariage - notons que Jean III participa à cette occasion aux décors éphémères pour l’entrée à Marseille de deux frères de Philippe : Louis de France, duc de Bourgogne, et Charles de France, duc de Berry, (cf. J. Billioud, op. cit.) – ou plus vraisemblablement de la fin de la Guerre de succession d’Espagne entérinant la légitimité de Philippe V. La ressemblance physique de notre dignitaire avec le roi d’Espagne, les armes de France qui l'accompagne, le portrait de son épouse par Jean III et la reprise du modèle des effigies de Louis XIV par Puget et François Caravaque concordent à attribuer ce relief à Jean III et à le dater autour de 1713. A la suite de Louis XIV, Philippe V triomphateur brandit à son tour le bâton de commandeur tel un passage de relais dynastique à la tête du pouvoir.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
G. Bresc-Bautier, "Paroisse et Pénitents aux Revest-les-Eaux. L'espace religieux remodelé (1673-1681)", dans La Provence Historique, 2001, t. LI, fasc. 203, pp. 41-50; L. Georget, « La sculpture baroque à Marseille », dans Marseille, 2000, n° 192, pp. 55-60; J. Gaborit, G. Bresc-Bautier, Nouvelles acquisitions du département des Sculptures du musée du Louvres, 1996-2001, Paris, 2002, pp.43-44.