Lot 82
  • 82

Attribué à François Boucher

Estimate
60,000 - 80,000 EUR
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Bidding Closed

Description

  • Attribué à François Boucher
  • Hunting nymphs
  • Huile sur toile
    Porte un monogramme FB vers le centre à gauche

Condition

A l'oeil nu : Le tableau apparaît dans un état de conservation très satisfaisant. Il a fait l'objet d'un rentoilage ancien réalisé dans la première moitié du XXème siècle, très correctement et qui n'a pas tassé la matière. Le tableau était initialement un dessus de porte : il avait les coins inférieurs coupés à l'origine, et par la suite mis au carré au moment du rentoilage. Le tableau a une belle matière et on ne remarque pas de restauration à l'oeil nu, à l'exception des agrandissements dus à la mise en rectangle dans les parties basses à gauche et à droite. A la lampe U.V. : Vernis vert homogène et uniforme. On remarque d'infimes petits points dans les fonds. To the naked eye : The painting appears in a very satisfactory condition. It has been formerly relined during the first half of the 20th century. The relining was realized correctly and it did not compress the material. The painting was initially an overdoor and its lower corners were cut ; they have been square-sharped during the relining. The painting has a nice material and we cannot see any restoration to the naked eye, apart from the extension due to the shaping on the lower parts, on the left and on the right. Under the U.V. light : Green uniform varnish. We notice some very tiny dots in the background.
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Catalogue Note

Nos deux grâcieuses nymphes reflètent bien dans leurs gestes tendres cet érotisme badin si en vogue dans l’Art au XVIIIe siècle. Une sensualité colorée traversa en effet tout le roccoco français et il revint à l’artiste François Boucher, à qui nous attribuons aujourd’hui ces deux nymphes, d’en avoir donné les plus charmantes illustrations. Ces deux suivantes de Diane, isolées dans leur forêt verdoyante avec leur butin de chasse à leurs côtés, occupent donc aujourd’hui le sujet principal d’une peinture, qui était cetainement une partie de dessus-de-porte avant d’être transformée en tableau de chevalet au début du XIXe siècle.

Notre attribution à François Boucher se fonde sur la proximité de cette œuvre avec une autre peinture par Boucher conservée aujourd’hui au musée de la Légion d’Honneur de San Francisco.
Représentant cette même scène d’une nymphe en effleurant une autre d’un épi de blé1 mais dans un format en hauteur, ce tableau de San Francisco était une partie d’un ensemble décoratif autrefois conservé dans l’Harlexton Manor, la stupéfiante demeure de l’esthète Gregory Williams (1786-1854), dit « Gregory Gregory ». Alexandre Ananoff avait reproduit cette version en hauteur dans son ouvrage sur le peintre et pensait qu’elle faisait partie d’un ensemble décoratif provenant du château de Bellevue2.
Si elle ne fut probablement pas au château de Bellevue3, cette version du musée américain avait dû néanmoins être réalisée dans les années 1743-45. En effet, le catalogue de l’exposition Boucher de 1986 date autour de 1743 le tableau Berger contemplant une bergère endormie (Londres, Wallace collection) qui serait la genèse de ce type de composition4. Notre peinture viendrait-elle aussi d’une commande réalisée dans les années 1740 pour répondre à cette avide envie de tableaux mythologico-sensuels ? Trop proche de la version de San Francisco, elle ne peut en être bien éloignée en datation. Cependant sa manière légèrement différente divisa les spécialistes du maître ayant vu notre peinture. Si certains la donnent à Boucher en plein par l’éclatante utilisation de ses carmins irradiant les contours des carnations, d’autres y verraient une œuvre mêlant l’atelier au grand peintre de la rocaille…
Enfin dans les deux cas, cette toile raffinée porte bien en elle divers aspects de l’œuvre de François Boucher.

1. Fine Art Museum of San Francisco, Legion of Honor collection, inv. 75.2.3
2. A. Ananoff, François Boucher, catalogue raisonné, Paris, 1976, fig. 287.
3. T. Burollet, Musée Cognacq-Jay. 1, Peintures et dessins, Paris, 1980, p. 49
4. François Boucher, 1703-1770 : the Metropolitan Museum of Art, New York, 17 janvier-4 mai 1986, the Detroit Institute of Arts, Detroit, 27 mai-17 août 1986, Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 18 septembre 1986-5 janvier 1987, cat. exp., Paris, 1986, p. 223.