- 45
Pieter Thijs
Estimate
50,000 - 70,000 EUR
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Bidding Closed
Description
- Pieter Thijs
- Sacrifice of Isaac
- Huile sur sa toile d'origine
Anciennement attribué par une étiquette au dos à Gaspard de Crayer
Condition
A l'oeil nu, le tableau se présente dans un état de conservation satisfaisant. Il est toujours sur sa toile d'origine et l'on remarque à l'arrière une couture de toile, verticale. Cette couture est très peu visible du côté pictural. On remarque que la toile est légèrement distandue sur le châssis. Le tableau est sous un vernis très encrassé. On remarque quelques craquelures, un peu plus prononcées vers la droite dans le fond de paysage. On remarque une fine déchirure de la toile, horizontale, de dix centimètres de longueur dans la partie supérieure, légèrement à gauche, au niveau de l'aile de l'ange. On remarque une déchirure horizontale d'environ dix centimètres siys la jambe d'Isaac.
A la lampe UV : le tableau est sous un vernis vert épais uniforme. On remarque une restauration au niveau de la déchirure en bas, déjà signalée.
To the naked eye, the painting is in a reasonnably well preserved condition. It is still on its original canvas and we can see at the back of the chassis a vertical stitch. The stitch is bearly visible from the other side. We can see that the canvas is slightly loosened. The painting is under a very dirty varnish. We can see few cracks a bit deeper at the right of the composition in the background of the landscape. We can see a 10 cm thin horizontal tear in the upper part at the left of the composition near by the angel's wing. We also see an approximately10 cm long tear under Isaac's leg.
Under the UV light : the painting is under a thick uniform varnish. We can see the restoration around the tear already notified under Isaac's leg.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."
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Catalogue Note
Jusque-là inédit, ce tableau présente une composition originale sur un thème très populaire auprès des contemporains du peintre. Évoquant la composition de Rembrandt sur le même thème, il offre un plan resserré sur l’action dramatique du sacrifice d’Isaac, dont le cou forme le point de convergence des lignes formées par l’épaule droite de l’ange et du couteau d’Abraham, de celle formée par son bras gauche, et de la diagonale créée par l’échange de regard entre l’ange et le vieil homme. Cet échange de regard crée une tension que le mouvement des mains bavardes encadre, évoquant le Sacrifice d’Isaac du même peintre dans l’église Saint-Jacques à Anvers. Les mains expressives de notre tableau évoquent quant à elle celles d’un van Dyck, visibles dans Frans Snyders et sa femme (1621) conservé au musée de Flandres à Cassel, ou dans son autoportrait conservé au Metropolitan Museum of Art (1620-21). Ces mains traduisent chez Pieter Thijs la surprise et le geste fatal sur le point de s’abattre sur Isaac, mais aussi la parole divine qu’apporte l’ange qui pointe le ciel du doigt.
Tirant de son maître van Dyck son goût des portraits raffinés et aux effets chromatiques puissants et variés, le peintre est surtout comme le souligne J. Douglas Stewart1 un héritier de Rubens, notamment dans son utilisation de la touche vive et vibrante, et de la facture monumentale italienne mêlée à la manière flamande. Présent dans nombre de ses œuvres, le visage émacié au long nez, aux sourcils bas et droits de l’ange est celui d’un modèle récurrent chez Thijs, que l’on retrouve autant dans Dédale et Icare (1655-60) de l’Art Gallery of Ontario à Toronto - précédemment attribué à notre peintre, mais depuis 2014 attribué à van Dyck - que dans sa Vierge à l’Enfant avec donateurs (1655-60) de l’église Saint Bénigne d’Arc-en-Serras2. L’étude publiée dans ArtMatters3 en 2014 émet l’hypothèse que ce visage, qui se répète tant dans l’œuvre de Pieter Thys que dans celle d’Antoine van Dyck, serait celui de ce dernier, ce que l’autoportrait du Rubenshuis, celui de l’Akademie der Bildenden Künste à Vienne ou celui du Metropolitan Museum of Art semblent prouver.
Originaire et actif à Anvers en plein siècle d’or néerlandais, Pieter Thijs mena une brillante carrière qui lui permit de travailler pour de prestigieux commanditaires tel que l’archiduc Léopold Guillaume d’Autriche, gouverneur des Pays-Bas espagnols, ou la maison d’Orange-Nassau à La Haye4. Enregistré à la Guilde de Saint-Luc d’Anvers dès 1644, il eut dans celle-ci des postes haut placés, allant de celui de trésorier à conseiller, ou de coordinateur des œuvres de bienfaisance5. Soixante-dix ans après la mort du peintre, l’historien d’art Jean-Baptiste Descamps apportait les derniers lauriers qu’il manquait au peintre flamand, en évoquant ses compositions de « beaucoup d’esprit, ses couleurs vibrantes et sa manière vive6». Malgré ce glorieux passé, l’histoire de l’art ne retint que peu d’information sur celui qui compta parmi les derniers élèves de van Dyck ; la thèse de Danielle Maufort7 publiée en 2005 semble enfin réhabiliter le rôle de l’artiste en son temps et la virtuosité de sa main qui à plusieurs reprises poussa l’histoire à voir dans ses œuvres l’empreinte de van Dyck, comme en 1986 lorsque le Centre d’Art Agnès Etherington acquit une prétendue copie de van Dyck, Esther et Ahasuerus, en réalité composition originale de Pieter Thijs8.
Notes et références sur notre site internet : http://www.sothebys.com
Tirant de son maître van Dyck son goût des portraits raffinés et aux effets chromatiques puissants et variés, le peintre est surtout comme le souligne J. Douglas Stewart1 un héritier de Rubens, notamment dans son utilisation de la touche vive et vibrante, et de la facture monumentale italienne mêlée à la manière flamande. Présent dans nombre de ses œuvres, le visage émacié au long nez, aux sourcils bas et droits de l’ange est celui d’un modèle récurrent chez Thijs, que l’on retrouve autant dans Dédale et Icare (1655-60) de l’Art Gallery of Ontario à Toronto - précédemment attribué à notre peintre, mais depuis 2014 attribué à van Dyck - que dans sa Vierge à l’Enfant avec donateurs (1655-60) de l’église Saint Bénigne d’Arc-en-Serras2. L’étude publiée dans ArtMatters3 en 2014 émet l’hypothèse que ce visage, qui se répète tant dans l’œuvre de Pieter Thys que dans celle d’Antoine van Dyck, serait celui de ce dernier, ce que l’autoportrait du Rubenshuis, celui de l’Akademie der Bildenden Künste à Vienne ou celui du Metropolitan Museum of Art semblent prouver.
Originaire et actif à Anvers en plein siècle d’or néerlandais, Pieter Thijs mena une brillante carrière qui lui permit de travailler pour de prestigieux commanditaires tel que l’archiduc Léopold Guillaume d’Autriche, gouverneur des Pays-Bas espagnols, ou la maison d’Orange-Nassau à La Haye4. Enregistré à la Guilde de Saint-Luc d’Anvers dès 1644, il eut dans celle-ci des postes haut placés, allant de celui de trésorier à conseiller, ou de coordinateur des œuvres de bienfaisance5. Soixante-dix ans après la mort du peintre, l’historien d’art Jean-Baptiste Descamps apportait les derniers lauriers qu’il manquait au peintre flamand, en évoquant ses compositions de « beaucoup d’esprit, ses couleurs vibrantes et sa manière vive6». Malgré ce glorieux passé, l’histoire de l’art ne retint que peu d’information sur celui qui compta parmi les derniers élèves de van Dyck ; la thèse de Danielle Maufort7 publiée en 2005 semble enfin réhabiliter le rôle de l’artiste en son temps et la virtuosité de sa main qui à plusieurs reprises poussa l’histoire à voir dans ses œuvres l’empreinte de van Dyck, comme en 1986 lorsque le Centre d’Art Agnès Etherington acquit une prétendue copie de van Dyck, Esther et Ahasuerus, en réalité composition originale de Pieter Thijs8.
Notes et références sur notre site internet : http://www.sothebys.com