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Emile-Jean-Horace Vernet
Description
- Emile-Jean-Horace Vernet
- Death of Prince Poniatowski on October 19th, 1813
- Signé et daté en bas à gauche Horace Vernet / 1816 ; Porte au dos une ancienne étiquette Domaine priv. / Neuilly / n°66 et sur la barre transversale du châssis la marque au fer LPD couronné et la marque au pochoir LPO ; inscrit au au dos au pochoir Mort du Prince Joseph / PONIATOWSKI / Par Horace Vernet / 1816 / Le Prince Joseph Poniatowski né le 7 Mai 1762 était neveu de Stanislas Poniatowski dernier Roi de Pologne. Devenu Maréchal de l'Empire Français, il fut blessé mortellement à la bataille de Leipzig le 19 octobre 1813 sur la rive droite de l'Elster où il se noya avec son cheval. (marques de Louis-Philippe d'Orléans, futur roi Louis-Philippe)
- Huile sur toile
- 65,5 x 82 cm ; 25 3/4 by 32 1/4 in.
Provenance
Sa vente, mars 1822, n°18 ;
Peut-être, acquis de la précédente par Louis-Philippe d'Orléans ;
Collection de Louis-Philippe, duc d'Orléans, puis roi Louis-Philippe ;
Offert par Louis-Philippe au général baron Louis-Marie-Baptiste Atthalin (1784-1856), probablement entre 1848-1851 ;
Resté depuis chez les descendants du précédent
Exhibited
Peut-être, Salon d'Horace Vernet, Paris, 1822, n°13 ;
La Révolution et l'Empire, Galerie des Champs-Elysées, Paris, 1895 (appartenant à la princesse Poniatowski) ;
Peut-être, Vernet, 1898, Paris, n°411 ;
Probablement, Les Maréchaux, Palais de la Légion d'Honneur, Paris, 1922, n°278 (appartenant au prince Poniatowski)
Literature
A. H. de Kératy, Lettres sur le Salon de 1819, 1819 ;
Duschene Aîné, Musée de peinture et sculpture, 1829, Tome 5, pp. 316-317, illustré ;
Inventaire des ouvrages de peinture, sculpture, lithographie placés dans les appartements du palais de Neuilly par Belot, novembre 1847, avec la mention suivante "chambre à coucher de M. Fain. Horace Vernet 1816. Mort de Poniatowski 67x 83cm. Bon état". Cette mention est répétée dans le constat d'objets effectué après les journées de février 1848 (AMN 36DD4) ;
E. de Mirecourt, Les contemporains, Horace Vernet, 1855, p. 35 ;
L. Lagrange, Horace Vernet, Gazette des Beaux-Arts, 1863, Tome 15, p. 305 ;
Anonyme, Exposition militaire rétrospective, Carnet de la Sabretache, 1897, p. 98, illustré ;
A. Dayot, Les Vernet, 1898, p. 197 ;
A. Dayot, Napoléon par l'image, 1898, illustré p. 187 ;
L. Hourticq, Catalogue de l'exposition les Maréchaux, Paris, 1922 p. 32 ;
Germain Bazin, Théodore Géricault, Le retour à Paris : Synthèse d'expériences plastiques, Paris, 1992, mentionné pp. 30 - 34 ;
Claudine Renaudeau, Horace Vernet, Chronologie et catalogue raisonné de l'oeuvre peint, Thèse, Université Paris IV, décembre 1999, Volume 1, pp. 140 - 143, n°53, et illustré Volume 2, p. 644, n°53
Bibliographie complémentaire :
- C. Harmand, Manuel de l'Amateur des Arts pour 1824, Galerie des tableaux de Son Altesse Royale Mgr le duc d'Orléans au Palais Royal, cité p. 151 ;
- J. Vatout, Notices historiques sur les tableaux de la Galerie de S.A.R. Mgr le duc d'Orléans, Catalogue des tableaux, 2è partie, Galerie du Palais-Royal, Tome IV, Paris, 1826, cité p. 331, n°122
Condition
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Catalogue Note
Le geste du maréchal Poniatowski fit de lui l’une des plus nobles figures de l’épopée napoléonienne et fut salué en France comme un acte de courage et de fidélité exemplaires. Horace Vernet a fait de cette mort héroïque le sujet de deux tableaux : le premier, vendu en juin 1816, montre le prince coiffé d’un chapska, chevauchant un cheval blanc. Sa tête est tournée vers la gauche, les personnages secondaires sont peu identifiables. Il est passé en vente à l’hôtel Drouot, Paris, le 10 décembre 1980, n° 42. Une gravure par Louis-Philibert Debucourt a popularisé cette version (voir fig. 2).
Le second - notre tableau - peint la même année, est de composition différente. Il montre, en gros plan, Poniatowski, tête nue, monté sur un cheval de couleur sombre. Il s’apprête à franchir la barrière de pilotis retenant la rivière et à s’élancer dans l’eau. Le visage du prince et son regard fixe expriment la résignation du courage. Il est vêtu de son uniforme de lancier rouge et bleu. Quelques Français précèdent le prince et tentent de traverser l’Elster à la nage. Parmi les personnages secondaires, on reconnait Ledieu qui, sauvé, gravit la rive opposée. A l’arrière-plan, un corps de troupes ennemies tire sur les derniers lanciers qui n’ont pas encore traversé.
Vernet exécuta également une lithographie Monument à Poniatowski, qui servit de frontispice à l’édition de la partition Le Troubadour français au tombeau de Poniatowski, polonaise héroïque dédiée aux dames polonaises par le Cte Lagarde de Messence et P. Lafond ex-premier violon de l’Empereur de Russie et 1er violon de la Chambre du Roi. A l’arrière-plan de cette curieuse composition datable des années 1815-1818 apparaissent les héros du mythe d’Ossian. Sur la droite un chevalier en armure s’apprête à poser une couronne de lauriers sur une stèle néo-gothique dédiée à Poniatowski. Vernet a réalisé pour rendre hommage à Poniatowski, héros moderne par excellence, une œuvre très romantique, sorte de synthèse des thèmes premiers du romantisme : le mythe ossianesque, le Moyen-Age et l’épopée napoléonienne (cf. catalogue de l’exposition Horace Vernet, Académie de France à Rome et Ecole des Beaux-Arts, Paris, 1980, p. 54 n° 26).
Selon Claudine Renaudeau, il est possible que Vernet ait exécuté d’autres tableaux sur le thème de la mort de Poniatowski ; en effet un correspondant ukrainien commande en 1818 une toile sur ce sujet. On ne sait pas si Vernet s'acquittera de la commande et cette toile n'est pas localisée. Pourrait-il s’agir du tableau vendu à Varsovie en 1822, dont parle Bazin (op. cit.) ? A ce jour aucune trace de cette éventuelle version n’a été retrouvée.
Notre tableau est, selon Claudine Renaudeau (op. cit. vol. 1 p. 140) celui commandé par le général Rapp à Vernet et exposé au Salon de 1819. Il est certain que la description donnée par Kératry (op. cit. p. 104) du tableau exposé en 1819, n° 1165, correspond : « [...] Son sabre teinté de sang prouve qu’il a répandu celui des guerriers saxons qui le poursuivent [...]. Blessé, ayant perdu son safhka, il s’élance sur son coursier et va tenter de franchir l’Elster [...]». Le tableau exposé à l’exposition personnelle d’Horace Vernet dans son atelier en 1822 pourrait être celui présenté ici. Certes il est dit que Poniatowski détourne la tête, alors qu’il regarde devant lui dans notre tableau, en revanche la description précise ensuite que « L’officier qu’on voit sortant de l’eau sur la rive gauche de l’Elster est M. Ledieu, alors lieutenant dans le 85e régiment de ligne et depuis élève de M. Horace Vernet ». Le visage du jeune soldat blond et poupin sortant de l’eau sur la droite de notre tableau ressemble en effet à celui de Ledieu, représenté par Vernet dans son célèbre tableau L’Atelier peint en 1821 (collection particulière). En revanche, la rive opposée de l’Elster est peu visible dans l’autre version et on ne voit pas de soldat sortir de l’eau.
Comme en témoignent les marques au dos de notre tableau, il a fait partie des prestigieuses collections du duc d’Orléans, futur roi Louis-Philippe. Peut-être l’a-t-il acquis à la vente Rapp en 1822 ? En 1847, selon l’inventaire effectué par Belot (op. cit.) le tableau se trouve au château de Neuilly, propriété de Louis-Philippe. Epargné par les révolutionnaires en 1848, le tableau est restitué, avec d’autres, à Louis-Philippe exilé en Angleterre, qui charge le général Atthalin, son ancien aide de camp devenu son correspondant en France, de faire restaurer ces tableaux. Atthalin les confie au restaurateur Leboucher. Est-ce à cette occasion que Louis-Philippe offre La mort du Prince Poniatowski à Atthalin ? En effet la facture établie par Leboucher le 12 mai 1851, conservée à la Fondation Saint Louis (cf. Germain Bazin, op. cit. p. 31) indique la mention suivante « Fait une inscription à l’huile en ombrée pour le tableau de Poniatowski à Mr le Lieutenant Gal baron Atthalin ». Selon ce document, le tableau appartient donc au baron Atthalin en 1851. On peut supposer que Louis-Philippe l’a offert à son fidèle ami, compagnon de jeunesse et Orléaniste convaincu, en remerciement de sa fidélité et de ses services. N’oublions pas que le baron Atthalin était proche d’Horace Vernet, il figure d’ailleurs, comme Ledieu, dans le tableau L’Atelier de 1821.Le tableau a été popularisé par la gravure et la lithographie. On connait une eau-forte par Couché, une mezzotinte par Jazet, une gravure par Weber et une lithographie par Horace Vernet.
Le tableau a très probablement été acquis par Louis-Philippe duc d'Orléans à la vente Rapp en 1822. En effet, il figure en 1824 puis en 1826 dans les inventaires des tableaux appartenant au duc d'Orléans et conservés au Palais Royal, par C. Harmand et J. Vatout.