- 109A
Marguerite Gérard
Description
- Marguerite Gérard
- La Toilette de Minette
- Huile sur panneau
Signé en bas à gauche Mte / gerard
Provenance
Vente Fouquet, Paris, 30 janvier 1805, n°35 ;
Vente collection du cabinet de M. Rioux, Paris, 5 février 1816 ;
Collection Famille de Beauregard ;
Puis par alliance collection famille Gautier (Lille) ;
Resté depuis dans la famille de l'actuel propriétaire depuis les années 1920
Exhibited
Condition
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Catalogue Note
D’abord, notre panneau respire le Directoire en montrant ce sobre intérieur, où le goût bourgeois aura triomphé. Les stucs de l’aristocratie laissent ici place à des murs nus aux teintes brunes, peu ornés et décorés d’une simple gravure. Le mobilier est discret et bas, composé d’une banquette pastelle bordée d’un passepoil terminé par une fine frise de postes, d’une élégante sobriété. L’Ancien Régime n’est pourtant pas entièrement oublié de cette nouvelle société raffinée, qu’il soit présent dans l’aiguière flamande chargée de ciselures, visible également dans son tableau La dame aux colombes, ou dans le meuble laqué, certainement le plus précieux de la pièce, mais relégué au second plan.
Les costumes des deux jeunes filles, peut-être des sœurs, sont également de splendides illustrations de cette période de changements de modes en même temps que de transformations des mœurs. La plus grande des deux filles porte donc une robe tablier à manches à bourrelets dont la vogue perdura plusieurs années, serrée par une bande plus épaisse sous la poitrine appelée « ceinture à la victime » et un vêtement du dessous aux rayures satinées. La plus jeune porte pour sa part un bel exemple de spencer, ces petites vestes rigides disciplinant l’envergure des robes fourreaux, sous un châle transparent inspiré des modes orientales revenues avec les campagnes d’Egypte. Mais enfin les deux filles à la mode sont ici plus occupées par le manège des animaux que par leurs propres activités. Marguerite Gérard aimait en effet les chats jusqu’à se représenter avec un angora similaire dans l’impressionnant portrait réalisé en collaboration avec Fragonard1 et offrir le rôle principal à cet épagneul appelé Raton dans des peintures toute aussi charmantes comme Le Triomphe de Raton.
Certes l’historienne de la peintre, Sally Wells-Robertson nous rappelait que la représentation d’animaux domestiques n’était pas anodine dans la peinture de Marguerite Gérard, et qu’une jeune fille prenant bien soin de son chat ne tarderait pas à trouver un bon mari2. Mais enfin, ces naïvetés moralisantes ne sont-elles pas tempérées ici ? D’abord si la scène paraît mièvre, elle est surtout l’instantané d’un moment serein de deux jeunes filles, isolées dans leur rêverie. La présence masculine pourrait tout de même être évoquée selon l’historienne Carole Blumenfeld3 par le petit bouquet de roses dans le coin de la composition, peut-être offert par quelqu’amant.
Mais enfin, au-delà des qualités documentaires, les peintures de Gérard sont surtout un merveilleux mélange des forces artistiques en présence, synthétisées par une peintre à forte personnalité. Se mêle ainsi dans ses œuvres une touche métallique assez davidienne, pour illustrer des scènes galantes, portant encore en elles l’héritage de la Rocaille. Sa passion pour les maîtres hollandais qu’elle observait quotidiennement au musée du Louvre où elle logeait dès les années 1770, est également tangible dans ses scènes d’intérieurs au même calme silencieux mais connotées d’une espièglerie de son temps.